Historique du football club de Mont.
Texte paru dans "Les Echos de Comblain" en février 2002.
En mai 1992, le sympathique club montois était distingué par l'U.R.B.S.F.A. à l'occasion de ses cinquante ans d'existence et se voyait attribuer le titre de "Royal".
Président à l'époque, M. Louis DEFGNEE avait prononcé un discours qui ne put être apprécié que par les seules personnes présentes aux festivités.
Avec l'aimable autorisation de Louis, "Les Echos" vont pouvoir informer leurs lecteurs qui (re)feront connaissance avec le glorieux passé des "bleu et blanc".
Place donc au texte, dépouillé de son introduction.
"Je vais prendre mon courage à deux mains et mon discours dans l'autre pour vous retracer l'historique de notre club sans entrer dans trop de détails.
Mon instituteur m'avait appris que le premier centre-avant connu fut Jules César parce qu'il se ruait déjà vers les Gaules.
Sans remonter aussi loin, je puis toutefois, document à l'appui, qu'en 1915, le virus du football s'était déjà insinué dans notre petit village sans toutefois s'y incruster définitivement. Ce n'était que partie remise.
De 1932 à 1940, une lignée de robustes footballeurs milita au sein de la Fédération Socialiste pour se diluer lors du début de la deuxième guerre mondiale.
Ne se laissant pas abattre par ce dramatique événement, un noyau de mordus relança le mouvement en 1941, année autour de laquelle nos "piteûs" de l'époque évoluèrent sous l'aile protectrice de l'U.R.B.S.F.A. pour s'y blottir définitivement.
A la base de cette initiative nous retrouvons Joseph LEFEBVRE, un bien dévoué président et Florent GROSJEAN, un joueur talentueux mieux connu sous le surnom de "POYON". De tous ceux qui posèrent la première pierre du cinquantenaire que nous fêtons aujourd'hui, deux sont parmi nous, Mathieu BALLAUX et Joseph SIMON.
Je vous demande de les applaudir chaleureusement. Malgré sa ferme détermination de survivre, notre club fut bientôt forcé de mettre la clé sous la paillasson, faute d'effectifs. En effet, beaucoup de jeunes s'égaillèrent dans la nature entre 42 et fin 44 pour les raisons que vous savez. Une fois les hostilités éteintes, le président LEFEBVRE, plus dynamique que jamais, passa sur le grand braquet, aidé en cela par quelques autres fanatiques du ballon rond. Cartes d'affiliation en poche, ils sillonnèrent la proche région et s'attachèrent les services d'une bonne dizaine de jeunes gaillards qui ne demandaient qu'à s'éclater après les heures sombres des années de guerre.
Après quelques entraînements empiriques et un maximum de matches amicaux, l'équipe retrouva l'ivresse d'un vrai championnat en 3e provinciale. Nous étions en septembre 1946.
Les protagonistes de ce nouveau départ sont trop nombreux pour que je les cite mais je vous promet d'en reparler lors de la célébration de notre centenaire.
Il ne m'est pas non plus possible de vous énumérer tous ceux qui se sont succédé, joueurs, entraineurs et comitards pour faire du R.MONT F.C. ce qu'il est aujourd'hui.
Il en ira de même pour tous les bénévoles qui ont payé ou payent encore de leur personne pour s'acquitter de tâches ingrates et souvent obscures. Je leur adresse néanmoins un tout grand merci. Vous découvrirez ou redécouvrirez toute ces figures amies en détaillant notre exposition de photos, méticuleusement élaborée par Madame BEAUMONT.
Place maintenant à l'anecdote :
L'équipe du renouveau évoluait sur le terrain pentu du Raideux, dribblant non seulement l'adversaire, mais aussi les bouses de vache et les "crâs topèts". Notre premier vestiaire réservé aux visiteurs fut un bien mal acquis qui nous profita, contrairement à ce que prétend le proverbe. Un entrepreneur négligent avait abandonné une roulotte sur un chantier non loin du village. Un commando d'audacieux l'amena nuitamment jusqu'à notre terrain. Son propriétaire ne se manifesta jamais. Merci à Mr SKIROL ! La firme HARRAY aurait également mérité de se voir attribuer le titre de "Royale" pour ses quasi cinquante ans d'étroite collaboration avec nous. Si je tiens à la citer, c'est parce qu'elle nous prêta sans intérêt la somme de 15.000 frs, bien somptueuse pour l'époque. Grâce à cette juteuse opération, notre comité fut en mesure d'ériger sa première buvette qui couvrait une superficie de 3 mètres sur 4. Dois-je dire qu'on se bousculait au portillon. Aimé GILSON en fut nommé directeur, gestionnaire, caissier, serveur et plongeur. Vraiment c'était un homme d'orchestre. Les premiers déplacements de l'équipe se firent à vélo. Par la suite, notre club modernisa ses moyens de transport, remettant à plus tard ses projets de "business-seats".
L'agence de voyages FIASSE, de Villers-aux-Tours, véhicula notre petit monde dans un camion à bestiaux à peine rafraichi le dimanche matin par quelques jets d'eau claire et de rapides coups de "ramon". Deux banquettes en bois non fixées servaient de sièges aux passagers. Bonjour les dégâts, surtout dans les tournants. Episodiquement, Edmond DEJEAN, au volant de son car, le Pic Napoléon, nous acheminait vers de lointains stades. L'heure de départ était toujours respectée mais à l'arrivée, hélas, nous accusions parfois un certain retard sinon un retard certain. En effet, l'asthmatique engin devait parfois être poussé par les passagers.
Malgré quelques écarts verbaux de certains supporters, nos matches se déroulent aujourd'hui dans une sérénité plus ou moins rassurante. Il n'en a pas toujours été de même d'autant plus que la croisade "Le foot en paix" n'avait pas été lancée par Mr COURTOIS. Mr EMOUNS, un arbitre de Villers-aux-Tours en fit la triste expérience lors de la confrontation Mont - Harzé que je situerai vaguement entre les années 50 et 60.
La rivalité entre les deus clubs précités était vraiment exacerbée et les joutes qu'ils se livraient s'avéraient toujours rudes, ce qui n'est qu'un doux euphémisme.
Le match en question dégénéra rapidement en combat de rue. "L'ennemi" le moins robuste était malheureusement l'arbitre. S'extirpant de la mêlée, quelques supporters locaux se ruèrent sur lui. L'homme en noir fut transbahuté par des bras vengeurs et précipités, sans jugement préalable, dans un mare vaseuse proche du terrain. Notre brave referee en eut le sifflet coupé et chercha refuge à la ferme du Raideux, non loin de des lieux de sa semi noyade.
Il y resta jusqu'à tard dans la nuit. Surtout, que les membres du C.P.A. ici présent n'en disent mot à personne, même s'il y a prescription. Je craindrais, en effet, que notre titre de "Royal" dont je suis si fier ne nous soit retiré avec effet rétroactif.
En 1960, notre comité aidé par des volontaires décidés érigea une buvette et des vestiaires en dur. Au préalable, ma main criminelle avait bouté le feu à notre vétuste buvette en planches, pourrie jusqu'à l'os. Devant ce "désastre", Aimé GILSON pleurait comme un enfant privé de son jouet préféré. Mais l'impérieuse modernisation passa outre cette nostalgie du passé. Aimé retrouva toutefois le sourire quand il fut épaulé par la très active Titine dont je parlerai par la suite.
Notre club maintint son camp de base au Raideux jusqu'en 1978, année au cours de laquelle Madame la Baronne VAN ZUYLEN nous fit don de cette vaste prairie où sont érigées aujourd'hui nos spacieuses et confortables installations. Je l'en remercie encore, tout comme je me dois d'assurer de toute ma reconnaissance les braves qui ont presqu'épuisé leurs réserves d'huile de bras pour mener à bien cette magnifique réalisation.
Regardez autour de vous tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, il ne manque pas grand-chose.
A noter que les bulldozers de Mr BEDEUR nous furent d'un appoint indispensable pour les lourds travaux de terrassement. Leur propriétaire ne nous réclama pas le moindre franc. Merci à vous Mr BEDEUR.
Comme l'aurait dit Fernand RAYNAUD, l'inauguration de nos fringantes installations eut lieu en grandes pompes. Vin et bière coulèrent à flots et des vedettes multidisciplinaires dont certaines "multipinteuses" comme Roger LABOUREUR s'affrontèrent en match amical après avoir signé notre livre d'or dès leur arrivée. C'était plus sûr.
Ainsi installé, notre club se devait de voir plus grand et, surtout, se préoccuper du rôle social qu'il avait à jouer. Dans le passé et faute d'infrastructures suffisantes, nous nous contentions d'affilier les jeunes du village et des environs. Il fallait bien assurer la relève de nos seniors. Quelques clubs voisins prirent ces gamins en stage, tout en assurant leur formation.
A l'instar de la Vierge Marie, notre ami René DOUHARD fit une miraculeuse et providentielle apparition. Cet audacieux, tombé du ciel, lança, sous nos couleurs, une frêle équipe de pré-minimes dans la fosse aux lions que constituaient bien des clubs mieux aguerris. Bilan de fin de saison : 0 points et un average de 2 buts pour et 160 contre.
Il en va tout autrement depuis plusieurs saisons mais sans le dévouement , l'abnégation et le courage de notre ami René, nous n'en serions peut-être pas là. Jugez donc notre progression : nous avons aligné jusqu'à 6 équipes d'âge dont le classement fut flatteur ou simplement satisfaisant mais les minimes se mirent en vedette en décrochant trois titres de champions sous la houlette de différents entraineurs compétents et de délégués assidus.
Quant à l'équipe première, elle connut les joies du sacre à l'issue de la saison 89-90, accédant ainsi à la 3ème provinciale. Nous avons depuis lors disputé deux championnats à ce niveau avec une 13e puis une 11e place à la clé.
Nos réservistes, quant à eux, font preuve d'une belle régularité dans la joie et la bonne humeur, certains par pure détente sportive et d'autres pour prouver leur valeur et frapper peut-être à la porte de l'équipe première.
Sachez aussi, Mesdames et Messieurs que notre club entretint, si j'ose dire, une équipe féminine pendant six années. A la tête de cette force de frappe, nous avons retrouvé la dynamique TITINE qui se démenait comme une diablesse pour motiver et rassembler ses troupes. Ce fut une belle aventure et nous regrettons qu'elle ait pris fin. Il était en effet agréable d'admirer leur grâce teintée d'efficacité. Mais tous les spectateurs étaient-ils vraiment des amateurs de football ?
Puis-je vous demander, Messieurs, d'oublier les créatures de rêve que je viens d'évoquer et de revenir les deux pieds sur terre. Malgré l'euphorie générale, suscitée par nos projets constants, nous voulons rester modestes. Bien sûr nous avons des projets mais nos finances doivent rester saines. Nous souhaitons deux transferts de qualité pour notre équipe première mais sans tomber dans le piège de l'escalade.
Mesdames et Messieurs, le moment est venu de me résumer et de conclure.
Vous avez devant vous un président heureux et fier, tout comme le sont sans doute tous ceux qui ont oeuvré, à des titres divers, pour que notre club s'épanouisse. Une seule ombre au tableau : la dénatalité. Que tous les jeunes époux qui m'entendent, mais aussi les autres, se mettent sérieusement à la besogne. C'est utile et même assez agréable si je juge d'expérience. Disons que notre avenir est entre leurs mains pour ne pas en dire davantage. A l'heure où certains clubs restituent à l'Union Belge, un matricule parfois couvert de gloire, notre volonté est de survivre. Nous avons toujours compté et comptons encore sur l'appui de tous, du sommet jusqu'au bas de l'échelle.
De substantiels subsides nous ont été octroyés par M.M. les Ministres GRAFE et HANSENNE, soit pour l'éclairage de notre terrain, soit pour édifier ce vaste bâtiment. Mr le Ministre ANSELME vient de reprendre le flambeau que lui a cédé Mr GRAFE. Malgré une actuelle situation financière chaotique en Wallonie, je persiste à espérer qu'il ne nous oubliera pas, dans les limites de ses possibilités.
Notre bourgmestre, Mr TAHAY et son omniprésent collège font également le maximum pour nous aider dans nos efforts d'amélioration et d'extension. Un grand merci à tous ces bienfaiteurs.
Ainsi épaulé, notre club ne peut que progresser encore. C'est mon voeu le plus cher.
Vive le Royal Mont Football Club !"
Source : Historique du Football Club de Mont, Echos de Comblain, février 2002, p. 14 à 16.
Historique du Football Club de Mont, Echos de Comblain, mars 2002, p. 20 et 21.
