Le Chession
Le Chession et le Vignoble sont les rochers les plus proches des habitations comblennoises.
Un arrêté du régent, en date du 11-10-1948, a classé comme site remarquable, en raison de sa valeur esthétique, tout le plateau du Chession, y compris les rochers du Riveu, du Vignoble, du Pic Napoléon et le versant de la rive gauche de l'Ourthe jusqu'à l'écluse.
Située en rive gauche de l'Ourthe, près du centre du village en direction du Pont-de-Sçay, la paroi abrupte surplombe une dizaine de maisons. Orientée au sud-ouest, la falaise calcaire blanchâtre se compose principalement de calcaires et dolomies carbonifères appartenant au synclinal de Comblain-au-Pont. Le massif rocheux est coiffé par le pic Napoléon et est creusé par la grotte du Vampire appelée aussi Trou du Marteau qui sert d'abri à plusieurs espèces de chauves-souris. Le site couvre approximativement une trentaine d'hectares.
Source : wikipedia
Origine du mot "chession"
Le terme tchèssion dérive directement du mot latin castellionem (diminutif de castellum) dont le sens correspond à une petite forteresse, citadelle, bastion, redoute, retraite sûre. Le terme est francisé sous la forme "chession".
Ces chessions se situent généralement sur d'assez vastes plateaux fortifiés par la nature en premier lieu, par l'homme ensuite. ils sont au sommet de promontoires élevés, ceints par une boucle de rivière ou par la confluence de deux cours d'eau ; ils sont défendus par des falaises à pic, des versants abrupts et masqués de toutes parts par d'épaisses broussailles ou frondaisons.
Là où le chession est vulnérable, on retrouve des ouvrages de défense consistant en un fossé large et profond suivi d'un rempart pouvant atteindre quatre mètres de hauteur.
Ces caractéristiques générales se retrouvent-elles sur notre "Chession" ?
Situation du Chession de Comblain
Le Chession est un plateau de 150 à 170 mètres d'altitude dominant le confluent de l'Ourthe et de l'Amblève dont l'altitude est de 105 mètres. Il jouit d'une protection naturelle assurée par des rochers à pic ou à pente très raide. Ce plateau est encore protégé naturellement par un méandre de l'Ourthe qui, jadis, battait le pied de la falaise.
Là où le plateau était peu protégé (en direction de Mont), on découvre des traces indubitables d'un fossé extérieur, de vestiges imposants d'un retranchement en pierres brutes ou en maçonnerie sèche et des levées de terre ayant servi de remparts.
Occupation des chessions
Découvertes fortuites et fouilles systématiques ont prouvé que, dès une époque fort lointaine et fort longue, ces endroits ont servi de refuge d'abord, mais aussi d'habitat et de lieu de sépulture. Du mésolithique (8.500 ans avant JC) à l'âge de fer (850 ans avant JC), les hommes ont utilisé successivement les promontoires rocheux comme lieux de refuge. Les Gaulois, eux aussi, faisaient de même et les Romains, comme les Francs, les ont parfois imités. Certains furent abandonnés au profit des châteaux forts tandis que d'autres devinrent le siège d'une forteresse médiévale. Qu'en est-il de notre Chession ?
Des hypothèses ?
C'est probablement à l'époque préhistorique que le site a été habité et fortifié : la découverte de silex taillés, de pointes de flèches en silex (égarées malheureusement par "leur découvreur"), d'un petit nucleus, d'une lamelle, d'une pointe triangulaire semble attester de la présence de l'homme au mésolithique.
Malgré le classement du Chession comme site national (le 10/10/1948) d'intérêt esthétique et scientifique, aucune protection spéciale n'a été réclamée e aucune fouille sérieuse n'y a été entreprise. Seuls des archéologues amateurs s'intéressent aujourd'hui à ce site et souhaitent qu'il soit dorénavant mieux protégé dans l'attente de fouilles plus systématiques.
Chession pourrait avoir jouer un rôle durant la "bataille de Sprimont" de septembre 1794, de lieu d'entraînement des soldats allemands durant la première guerre mondiale (exercices d'attaque de tranchées ?). Des documents militaires attestent également de l'établissement de postes de l'armée belge lors de la deuxième guerre mondiale.
Source : C.T., Origine du mot "chession", Echos de Comblain, novembre 2007, p. 84.
