Voie des Morts
De la rue du Borsay vers la voie de Comblain. Avant la création du cimetière d'Oneux, les convois funéraires devaient descendre à Comblain centre pour arriver à St-Martin.
Depuis les temps les plus reculés, les gens de Hoyemont et d'Oneux, en tant que paroissiens de Comblain-au-Pont, devaient aller inhumer leurs défunt à Comblain. Jusqu'en 1600 : dans le cimetière entourant la première église de la rue de l'Egalité et, de 1600 à 1851, dans le champ de repos aménagé au sommet du piton rocheux de Saint-Martin, à l'intérieur de l'enceinte du vieux castel médiéval (1).
Afin de parer à tous les inconvénients résultant de leur position géographique, les Oneutois parlèrent, bien avant 1850, de procéder eux-mêmes à l'érection, chez eux, d'une église, et à la création d'un cimetière adjacent (comme c'était la coutume alors).
Parmi les motifs qui les animaient à juste titre, il y avait principalement la question des enterrements. Les habitants de Hoyemont et d'Oneux devaient, en effet, effectuer un long trajet par des chemins malaisés et ce par toutes les intempéries : fortes chaleurs, froid, bise, pluie, verglas, neige. Il y avait aussi la lenteur forcée pour passer les gens d'une rive à l'autre, sans parler des hautes eaux qui constituaient un véritable danger. Puis venait la rude montée vers Saint-Martin (pauvres "pwèrteûs" !). Puis la messe d'obsèques, l'inhumation et, enfin, le retour des participants par la forte côte devant les ramener chez eux.
C'est pour mettre fin à tous leurs ennuis relatifs au culte et à la piété que les gens d'Oneux commencèrent, dès le printemps de 1850, à construire eux-mêmes leur église et à lui adjoindre un cimetière.
La bénédiction de ces deux réalisations eut lieu le 18 septembre 1851 (2).
Trajet des convois funèbres.
Partant de Hoyemont, ceux-ci suivaient, sur le sommet du plateau le chemin de Comblain-la-Tour ; puis, celui dit "large voie" ; ensuite, le tronçon encore dénommé "la voie des morts", et, enfin, la voie du "Thier Pirard", laquelle passait derrière et contre le cimetière actuel de Comblain-au-Pont, aboutissait au passage d'eau, en face de la place Neuforge.
Rappelons que le passage de la rivière se faisait là où fut le pont de bois souvent emporté par les crues de l'Ourthe et dont on retrouve le souvenir dans le nom de la localité.
Depuis l'a trois de la République (1794), il n'y eut plus de pont.
Mentions de la "vôye dès mwèrts".
Nous sommes loin d'avoir dépouillé "les kilomètres d'archives" relatifs à Comblain-au-Pont (3), aussi ne connaissons-nous que relativement tard les premières citations du chemin, objet de cet article.
Nous trouvons "à la voie des morts" en 1677. Idem en 1775 (4). Idem encore au "plan cadastral primitif" (Liège), réalisé vers 1835. Quant au "plan Popp" édité après 1866, il porte la dénomination francisée : "chemin des morts".
C'est donc à partir de 1851, date de la bénédiction de l'église d'Oneux et de son cimetière attenant, que "li vîhe vôye dès mwèrts" n'a plus vu passer de convois funèbres. Mais le nom qu'elle portait depuis des temps immémoriaux continue à être utilisé dans les actes officiels et dans le langage des gens d'Oneux et de Hoyemont.
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(1) Les mêmes paroissiens devaient aussi se rendre à Comblain pour tout ce qui relevait de leur vie spirituelle : messes, vêpres, processions, baptêmes, catéchisme, communions, confirmations, mariages, etc...
(2) La consécration officielle du sanctuaire n'eut lieu que le 22 juin 1857. Quant à la maison curiale, commencée en 1853, elle ne fut achevée qu'en 1869.
(3) Expression d'un ancien archiviste de Liège. Il y a tant de documentation sur Comblain qu'il faudrait des amateurs pour les dépouiller. Ouvrage ardu mais qui pourrait révéler sur la commune tant de choses ignorées.
(4) Extrait de l'étude intitulée : "A propos de pratiques agraires, anciennes et actuelles, dans le Condroz oriental", par Paul Raucq, dans "Bulletin de la Société Royale belge de Géographie", Ixelles, 1951.
Source : Emile DETAILLE, Li vî(he) vôye dès mwèrts, à Oneux, Echos de Comblain, mai 1979, p. 34 et 35.
