Leblanc (place Jean-François LEBLANC)
Anciennement "place communale" et, pour les étrangers, la "Grand place", la "place du marché" ou encore "devant l'église".
Enfin pour les puristes : "dizeu lès-Eyïs" et "So l's-Eyïs".
Se vit donner, le 12 mai 1932, le nom de celui que l'on croyait alors avoir été le premier maire de la commune sous le régime français. On sait maintenant qu'il fut précédé, dans cette charge par Hubert-Joseph PAUL.
Jean-François LEBLANC est né à Comblain-au-Pont le 22/11/1772. Il y épousa, le 1er novembre 1800, Marie-Joseph WUINAND, d'Oneux. Nous ne reviendrons pas en détail sur la famille, ni sur l'orthographe du nom sans C final. Nous renvoyons le lecteur à notre article du mois d'août dernier page, 62.
LEBLAN fut nommé maire de la commune par décret du 22 Nivôse, an X (12/01/1802) du Préfet du Département de l'Ourthe.
Le 05/07/1813, il sera supplanté par son adversaire de toujours, le chevalier de GRANDCHAMPS.
Entièrement acquis aux idées révolutionnaires françaises, LEBLAN n'hésitera pas à dénoncer à l'occupant des concitoyens réfractaires à la conscription militaire. Par contre, à la lecture des archives, on doit admirer sa haute conscience des affaires publiques et son intégrité, chose remarquable dans une époque aussi troublée.
Décédé le 22/01/1983, il sera, selon la tradition populaire, le premier Comblennois enterré civilement.
"So l' Zéîs", lieu dit qui s'appliquait à la partie basse de notre place. Ensuite, par évolution à la partie haute, le terme est devenu "Zéî".
Voici de nombreux siècles, la rivière qui n'avait pas encore creusé son lit actuel, décrivait, à son arrivée dans le Cisaiwe, un vaste cercle couvrant tout le quartier actuel compris entre les places Neuforge et Leblanc jusqu'au pied du promontoire de Saint-Martin. Elle devait alors virer à angle droit pour s'engouffrer entre les rochers du Vignoble et ceux dits des "Tartines".
Au fil du temps, l'eau se retira découvrant la place actuelle sur laquelle venaient mourir les vaguelettes, les derniers remous. C'est bien là, l'origine du mot "so l'-èyis". Le terme est pluriel qu'il faut comprendre "d'zeû lès-èyis" (Echos 1951/43). Emile Detaille en aura la confirmation en découvrant une graphie de 1523, concernant un certain Matthieux qui habitait "de desur les ailhis", autrement dit sur la partie haute de la place, plus haut que les-èyis.
Le mot primitif fut "lèyîhe" dérivé du verbe wallon laisser. Il a une double déformation, d'abord le "L" initial a été compris comme un article, d'où "l'èyîhe". Ensuite vint l'amuïssement du "HE" final, d'où "L'èyî", compris finalement comme pluriel "Lès èyis, devenu "l'séyïs" et aujourd'hui pris pour "li zéi". Il fallait la perspicacité d'un Émile Detaille pour sortir de ce labyrinthe (Echos 1961/36).
C'est sur cette partie haute de la place qu'apparurent les premières constructions, d'abord la première église qui sera désaffectée vers 1600, le presbytère de 1656 (musée), le petit donjon dit de "Monthuy", encore visible derrière la maison Dimbourg et en cours d'aménagement par l'administration communale. (Echos 1961/25).
Jusqu'au 19e siècle, la place avait l'aspect d'une dépression ravinée et caillouteuse (une Havée) dans laquelle déferlaient, par temps d'orage violents, les eaux tortueuses du ru du val. S'y ajoutait un ruisselet alimenté en permanence par les eaux venant de Mont. Ces eaux obliquaient vers la rue du Centre pour rejoindre l'Ourthe, via la rue Simonis.
Un ponceau de bois avait été jeté au dessus de la havée à hauteur de la maison RENAVILLE et un second "poncè" à 3 arceaux franchissait le ravin où se trouve le quai de l'Ourthe.
C'est seulement vers 1875 qu'il fut procédé au comblement de la "havèye dès-èyîs" et à la construction d'un égout. L'ouverture monumentale de celui-ci, en face du Musée, fut appelée par dérision l'entrée du métro (obturé en mai 1953. Echos 1953/26).
En 1890 aura lieu la construction d'une chaussée pavée de 3m de largeur, avec une rigole pavée des deux côtés.
Rappelons que durant l'été 1925, de violents orages vont amener l'obstruction des égouts.
Le 30/07/1932, le Conseil communal décide le pavage de la place en pavés dits "mosaïques". L'adjudication est attribuée à un sieur BODSON, paveur à Bois-de-Breux. Il faut croire que le travail fut partiel ou non exécuté faute de subsides, car en août 1937, le Conseil revient sur la question et approuve un nouveau projet de pavage de la place, ainsi que les rues du Chêne et des Ecoles.
Juin 1935 - Décision d'allonger vers la rue des Écoles les égouts de la place Leblanc.
Le vendredi 12 juin 1999, abattage des platanes (marronniers) à hauteur des immeubles impairs (21 à 39), travail préparatoire au nouvel aménagement de la place.
Réaménagement complet de la place en l'an 2000.
Un mystère subsiste : un mur long d'environ 30m et très épais (2m) se trouve derrière les maisons de la Grand place, côté nord. Un autre existe du côté de la rue de la Fontaine. On ignore tout sur l'existence de ces murs. (E.D. Echos 1976/39).
Eclairage public
En 1906, la Compagnie d’Électricité de Seraing et extensions, reçut la concession pour l'électrification de Comblain-centre, au moyen de lampes à arc (Echos 1978/49). Le travail fut d'abord précédé par l'installation, au beau milieu de la Grand place, d'un énorme transformateur (1909). C'est cette affreuse construction, sorte d'écrou à tête hexagonale, que tout le monde appela "le kiosque". De fait, à l'origine, il s'agissait effectivement du soubassement prévu pour un futur kiosque.
La distribution passera à l'ALE le 31/08/1948.
1962 - plantation de rosiers autour du kiosque.
2000 - disparition du kiosque et placement de nouveaux luminaires décoratifs.
Vicinal
De 1896 à 1899 furent posées les voies du tram vicinal Clavier - Comblain et qui traversaient en forme de S allongé toute la place du village. Le service des voyageurs devait cesser en 1940 quand le pont du vicinal eut sauté (10/05/1940, 11h15).
Le service des marchandises reprendra en 1947, après la reconstruction du pont, mais le déclin des carrières d'Anthisnes entraînera sa suppression le 11 mai 1957. Les rails seront enlevés sur la place en mars 1958.
Marché public
Un marché public hebdomadaire fut créé le 3 juillet 1930, il s'y tient depuis lors tous les jeudis.
Il semblerait que jadis, il se tenait une foire annuelle le 22 mars et peu avant la guerre de 1914, un marché aux bestiaux avait lieu le deuxième samedi de chaque mois, d'où la présence d'anneaux encore visibles sur certaines façades.
Un arrêté communal du 07/10/1948 interdit la circulation des véhicules sur la place de 8 à 13h à l'occasion du marché hebdomadaire du jeudi.
En suite d'un aménagement, en 1961, sur décision du Conseil communal du 09/06/1960, disparut la borne-fontaine située près du Zéï, et actionnée avec une clé (chaque riverain avait la sienne).
Réaménagement complet de la place à partir du 15 juin 1999.
Entre l'église et le musée, un monument aux morts fut inauguré dès le 04/10/1919. Il sera complété par les noms des victimes de 40/45. Des stèles rendront aussi hommage aux aviateurs alliés tombés sur le territoire de la commune (1971); aux soldats russes tués dans les rangs de la Résistance locale, aux soldats du 3e Chasseurs ardennais tués en mai 1940 (1973). Ces monuments ont étés déplacés de quelques mètres en juin 2000 lors de la création de ce que devrait être le "square PEETERS".
Musée
D'abord presbytère datant probablement du XVe siècle dans son état primitif.
Vraisemblablement construit avec une chapelle y accolée (du côté de l'église actuelle) par Renier de Brialmont (de Mont) moine de Stavelot et prévôt de Comblain vers 1460. La chapelle va disparaitre et la cure agrandie vers 1626 (millésime sur la porte de la cave). Restera la cure jusqu'en 1910. Devenu propriété communale sans affectation, cet immeuble alors repris sous le n°23, sera donné en location à Jules DELTOUR qui y tiendra cabaret, jusqu'en 1919. Le café sera repris par Arthur GILLARD jusqu'en 1922. Le bâtiment servit alors de salle de réunion pour certains organismes et une conciergerie confiée à Mme Juliette PONCELET veuve de G. MAHON, un ancien combattant invalide de la guerre 14/18 (décédé en 1920);
Le Musée créé en 1933, recevra de la commune une salle pour y déposer les premières collections. C'est seulement en 1954 que le Musée pourra disposer de l'entièreté du bâtiment.
Le Musée est devenu musée communal par convention du 15 février 1977.
1974, un hélicoptère (Héli-secours) se pose pour la première fois place Leblanc (grave accident de roulage - Marie-J. MACKIELS de Géromont).
N°1 (ou 3) - "Chez Renaville", tabacs, liqueurs et confiseries. Magasin tenu pendant un demi-siècle par DOLDERS Adèle (25/03/1889), épouse puis veuve RENAVILLE Achille (1961).
Actuellement "La Récré", Mme Liliane RENAVILLE.
Le 09/09/1987, 5h du matin, incendie dans une camionnette placée devant l'immeuble. Le feu se communique au bâtiment (Tournadre -Sparmont).
N°7 - Café Arthur GILLARD-DELMELLE (hôtel central); Actuellement café des grottes).
N°13 - dite "Maison des notaires DIMBOURG". Selon les recherches du pharmacien COLLE, il a existé jadis à cet emplacement l'un des trois brasseries féodales du ban de Comblain.
Derrière l'immeuble subsiste encore un tour carrée qui devait avoir 10m de hauteur et appelée "donjon de MONTUY" (5m x 4,80m). Fut vraisemblablement une demeure des chevaliers de St-Jean de Jérusalem. (Echos octobre 1949, p.1).
Cet immeuble fut occupé sous l'empire par le chevalier de GRANDCHAMPS, le rival de LEBLAN (1758/1833).
1971 - placement d'un abribus à hauteur de cet immeuble. Décembre 1993, la commune de Comblain-au-Pont acquiert cet immeuble pour la somme de 3.800.000 frs.
N°19 - les époux Jules JEANNE - LEJENUE Marie y ouvrent une droguerie, début 1946, après que Marie eut cessé d'être géante de la Coopérative de Mont. Iles quitteront en 1948 ou 49, pour s'établir à Barvaux.
N°21 - Ancienne maison SENNY Théodore, est décédé le 03/09/1946. Il était le père de notre fidèle correspondant Paul SENNY.
N° 23 - En 1990 "La malle enchantée", articles de seconde main. Ouverture du restaurant "Aux Agapes", le 14 octobre 1994. Redevient maison privée en 2001.
N°25 - 1930 : Coiffeur Iris DARDENNE - BEAUMONT.
N°27 - 1930 : Ouverture d'une agence par la banque Albert MATHIEU de Huy (fondée en 1908) et tenue par M. DOVERIN. Faillite en 1933 .
N°29 - Boucherie-charcuterie Pol ROMAIN et son épouse Nicole BOEHMER.
L'abbé Joseph SCHROEDER, nommé curé à Comblain-au-Pont en 1910, refusant de s'installer dans l'antique presbytère du XVIe siècle qu'il jugeait trop humide, habitera quelques temps au 21, chez Mme SENNY, puis en 1913, prendra cet immeuble en location. Il y habitera jusqu'en 1928.
La fin de son bail, devait précipiter la construction de l'actuel presbytère. (la commune avait refusé jusqu'alors).
L'immeuble est aménagé en boucherie par P. ROMAIN.
En 1992, ouverture d'une annexe "primeurs".
N°31 - Magasin Walthère GREGOIRE-MAUXHIN Marie.
Démolition de deux vieux immeubles en 1941. En avril, la limite entre le domaine public et la propriété étant floue, les parties admettent l'alignement proposé par le service voyer. Ouverture en 1942 d'un magasin tenu par l'épouse, modiste de formation. L'époux étant jardiner-horticulteur. Bientôt légumes et fleurs feront leur apparition en vitrine et le succès aidant, les chapeaux cèderont la place à un superbe magasin d'alimentation générale. Cessation en 1993.
Réouverture fin mars 1995, d'un magasin de prêt-à-porter BRANCE-RAQUET. Transfert quai de l'Ourthe en 2000.
Dans l'une des deux maisons précitées vécut, fin du XVIIe siècle, Dieudonné de HARZE, échevin de la Cour de Justice de Comblain et officier des alloux du village.
N°33 - GREGOIRE Ernest, photographe d'art, occupa cet immeuble de nombreuses années. Il allait quitter Comblain avec sa famille le 03/12/1951 pour s'établir en Afrique de Sud. Ernest devait décéder au Cap, âgé de 84 ans, le 09/04/1985.
L'immeuble fut repris par les coiffeurs LEJEUNE Gaston (né 27/07/1916) et son épouse BEAUPREZ Marie. Le 01/01/1973, Gaston cessera son activité de coiffeur pour reprendre le commerce de librairie de J. NIVARLET " Librairie de l'Ourthe", alors exploité rue du Vinâve. (actuellement rue du Centre).
Ensuite la librairie sera tenue par STASSE Francis. Fermeture en 1997. Actuellement "Le Point de Beauté".
N°37 - Banque Bruxelles-Lambert - Mr René GROYNE, gérant depuis 1933, fera construire en 1952 un immeuble à usage semi-commercial, dans lequel l'agence s'installera en 1954. La gérance sera reprise par son fils Jacques en 1971. Modernisation des locaux en 1974.
N°39 - Boucherie-charcuterie COULEE Paul. Immeuble construit en 1962. Depuis 1958, Paul exploitait la boucherie rue de la Fontaine n°2. Il cessera son exploitation le samedi 27 novembre 1999.
N°2 - Friture St-Martin.
N°4 - Hostellerie de St-Aubin, ("chez Eudore"). Ensuite, MM. GUSTIN-LECLOUX, enfin Jean PHILIPPIN.
Aussi dénommé "Café Central". Local des pêcheurs et des supporters du F.C. Liégeois.
Autrefois bureau des Postes, l'immeuble fut transformé en restaurant par Arthur DEFECHEREUX - DE KEMPENEER (hôtel des grottes). L'immeuble qui abritait durant la guerre des membres de la Feldgendarmerie sera détruit par la Résistance (dynamitage le 1er juillet 1944 vers 1h du matin).
Le nouvel immeuble sera à nouveau détruit complètement par un incendie le 03/01/1971 vers 5h.
N°10 - Café "Le Dollar"
En 1974 : PHILIPPIN Jean et son épouse NINANE Paulette.
Autrefois, café "Le Central" dit "Chez Nine" : Eudoxie COLINET-MALEMPREE. Cet endroit servait de boîte-aux-lettres à la Résistance durant la guerre 40/45.
Ensuite, café "L'Estaminet" tenu par un sieur BIOT, par FRENAY-PIROTTE, enfin par Jean-Marie CHERET.
N°14 - dans les années 1960, "Confort-chaussures", tenu par HUCORNE Joseph et RENARD Lucienne. Fermé en 1994. En juin de la même année, ouverture d'un salon de coiffure hommes "Au fil de l'hair" - Patrick CARO. Actuellement "Vogue".
N°16 - Ancienne maison SIMONIS - Actuellement Mme Victor MASSOZ (18/02/1927-1995) - née MAGNEE Bertha et les époux WINKLEHNER.
En janvier 1922, Joseph SIMONIS devient le premier agent régional de la Banque de Bruxelles jusque 1927.
N°18 - Crédit agricole - depuis le 27/10/1986, venant de la rue du Vicinal n°1 (01/05/1963).
N°20 - Ancienne forge construite en 1850. Alphonse GRIGNARD-PAHAUT, de 1878 à 1917. Son fils Narcisse prendra la relève jusqu'en mai 1940.
Transformé vers 1970, par HENRY-MAILLEUX, cet immeuble sera, en 1972, l'un des premiers bâtiments à usage privé doté d'un ouvre-porte automatique avec parlophone. Act. MAILLEUX Irma veuve HENRY Paul.
N°22 - Depuis... (existe en 1973) "BERNARD Vêtements", tenu par BERNARD René et son épouse VANHOLZAET Elisa. Ensuite, vers 1985, s'installe la CGER, actuellement FORTIS.
N°26 - En 1974 : DARVILLE Micheline, commerçante.
N°26A - Ancienne maison Louis DALEM, forgeron, maréchal-ferrant et "cercleur" de roues. Dans le linteau de la porte d'entrée on remarque un losange couché portant l'inscription L. Dalem 1850, ainsi qu'un marteau, un fer à cheval, une tenaille et un rogne-pied. Les 5 anneaux auxquels on attachait les chevaux sont restés scellés dans la façade. Avant la réfection récente de la place, se remarquait une pierre de taille avec 3 ferrures et qui servait à courber les bandages de roues. On peut regretter la disparition de ce témoin du passé. Jules DELTOUR travailla quelques temps à la forge après DALEM. - En 1975, y résidait encore KINET Elisa (née 27/04/1891) veuve DALEM Edmond.
En 1973 : Ets Raymond MAGNEE, électricité. Cessation octobre 1991.
1994 - En cours de transformation. Travaux inachevés;
N°28 - Mercerie, ancienne maison Maria MARECHAL - LAPAILLE (portait en 1900 le n°22).
D'abord reprise par Claudie THISE, puis par Mariette LONGUEVILLE (1964), sous l'enseigne "Au bonheur des Dames".
En 1976 : "L'EDELWEISS", maison Josiane DIAKIW. Cessation en 1994. Reprise par "Cox inelles". Cessation mi-octobre 1995.
Réouverture, début mai 1996, d'un commerce de fleurs par Sandrine CORNELIS.
N°30 - Ancienne boulangerie - pâtisserie DALEM - RUELLE, vers 1912, jusqu'en 1960 ? Sous l'ancien régime a existé à cet emplacement l'une des trois brasseries féodales (?); La seconde était à l'emplacement de la maison du notaire DIMBOURG et la 3e dans le Cisaiwe (ancienne ferme PAHAUT).
N°32 - Boulangerie MATHIEU. Fut d'abord un magasin SPAR, en 1966, tenu par Louise HEUSCHLING...; puis par BARBAY Germaine. Immeuble inoccupé depuis 3 ans.
A l'origine, avant 1914, le local était une petite salle où le "Cercle wallon" donnait des concerts.
