Les points d'eau
Différents points d'eau de la commune présentés par Ninie DEHOSSAY (pour Comblain) et par Marie MARÉCHAL (pour Poulseur) dans "Les Echos de Comblain" entre décembre 1991 et septembre 1992.
1990 fut l'année des fontaines.
La presse en a souvent fait mention tantôt par des récits historiques, tantôt par des photos.
Chez nous, quatre dossiers ont obtenu des subsides de la Région Wallonne pour la restauration d'anciennes fontaines.
Mais bien d'autres points d'eau existaient autrefois dans notre commune.
Permettez que je les rappelle au bon souvenir de ceux qui les ont connus et que je les signale aux jeunes qui n'en ont sans doute jamais imaginé l'existence.
1. Comblain centre
Parlons d'abord des points d'eau qui existaient à Comblain centre avant 1932, date à laquelle furent installées les conduites nous raccordant au Néblon.
De l'autre côté du pont du vicinal (rive droite de l'Ourthe) au lieu-dit "Po d'la", au coin de la rue Neuve, il y avait une pompe à brimbale avec un bac.
Quelques mètres plus loin que les "douze maisons" se trouvait un puits assez profond avec un couvercle en fer. On se servait d'un grand manche en bois muni d'un crochet pour puiser l'eau. Chacun possédait un harpon et l'accrochait à la façade de sa maison.
Le quai Kepenne ne possédait ni pompe, ni fontaine. Les habitants allaient chercher l'eau à la fontaine du village.
Au centre existait donc une fontaine avec deux débits et un bac de 2,40 m où les ménagères venaient rincer leur linge.
Aujourd'hui encore, lorsqu'une fuite se produit à la conduite ou si les vannes sont fermées pour cause de travaux, c'est une procession de personnes qui viennent y remplir cruches, seaux et bidons.
Au-dessus de la place Leblanc "Dizeu l'Zèy", il y avait une borne-fontaine avec un bac. Les bornes-fontaines étaient actionnées par une clé en métal. Chacun possédait la sienne.
Il existait également une pompe sans bac au bout de la rue du Chêne et une borne fontaine sans bac place Neuforge.
De la pompe au coin de la rue du Chêne, l'Administration communale avait fait installer une conduite d'eau qui alimentait un grand bac avec pompe où le bétail de la ferme Grégoire venait s'abreuver devant les étables. C'est cette eau qui alimentait la pompe de la place Neuforge.
Fernand Grégoire père avait établi un raccordement qui amenait l'eau de sa laiterie. Contre la façade de la ferme se trouvait un robinet fixé sur un piquet qui alimentait un grand bac pour rincer le linge.
En face du complexe communal, au lieu-dit "è Bèlaire" il y a dans le talus une petite source dont le trop plein s'écoule en dessous de la route, dans la pelouse qui jouxte cette propriété. Un peu plus loin on peut voir un puits d'environ 1 m de profondeur fermé par deux petites portes de fer. Ce puits desservait autrefois ce quartier et celui de la rue Large qui n'était à l'époque qu'un sentier.
En face de l'école catholique se trouvait une borne-fontaine sans bac ainsi que dans le virage en dessous de la maison Vincent. Cette dernière existe encore mais son eau est impropre à la consommation.
Au pied du "Pazè des gattes" il y avait une petite source avec un robinet spécial. Il fallait appuyer au-dessus pour faire couler l'eau.
Derrière la maison Vincent au lieu-dit "â Tchafor" (four à chaux), on voyait le réservoir qui alimentait Comblain. Naguère on pouvait encore remarquer un dos d'âne sous lequel était le dit réservoir. D'après Jeanne Vincent, depuis quelques temps, les occupants de la maison sont sans eau car le réservoir se trouve actuellement plus bas que le niveau de la maison.
Autrefois ils pouvaient s'approvisionner à la "truchette" au pied du "Pazè des gattes" mais celle-ci a été supprimée.
Pour les habitants du quai de Vignoble, il y avait une source "è Broû" dont le trop-plein traversait la route et se perdait dans la propriété Renard "è Riveû". Un puits recouvert d'une plaque en fer existe encore entre la maison Renard et les bureaux de l'Enregistrement.
Au pied du chemin du Chession qui mène à Mont existait également une pompe.
L'eau du bief du moulin venait de Lizin près d'Ouffet; elle était potable. Au temps où la famille Delgombe habitait le moulin, une tasse se trouvait en permanence sur le mur et les passants pouvaient se désaltérer. L'eau de la source s'est probablement détournée et amène de l'argile, ce qui la rend toujours trouble. Un des plus anciens de Comblain m'a dit qu'il y avait à cet endroit une résurgence et que lorsqu'on vidait le bief pour le nettoyer, la résurgence s'arrêtait.
Quand il y eut une épidémie de typhus, l'eau des bornes-fontaines n'était plus potable tandis que celle des fontaines restait propre à la consommation.
2. Les puits d'eau à Géromont
A Géromont on pouvait voir autrefois :
1. Une fontaine avec un bac à l'entrée de la "Rouwale d'è mon Tch'han";
2. une borne-fontaine avec bac dans la cour de chez Hans;
3. Un étang actuellement comblé sur lequel Fernand PONSARD a construit sa maison;
4. Un petit étang également comblé devant chez Firmin THOMAS;
5. Une fontaine avec bac près de chez Renaud BONMARIAGE dont le trop-plein s'écoulait dans l'étang;
6. Un puits près de chez Fernand HUMBLET, celui-ci tire encore de l'eau au moyen d'une pompe hydraulique pour abreuver son bétail;
7. Une borne-fontaine avec bac près de la croix à l'angle de la rue du Village et de la rue du Tige (d'après Léonie LEDENT et Camille GILLES).
3. Les points d'eau à Mont
Les fermes du Raideux et du Fond des Fosses avaient chacune un étang. Pour s'approvisionner en eau potable, on se rendait à "La Fontaine"
Le long du chemin qui mène au lieu-dit "Petit Bois" se trouvait un puits d'une profondeur de 2 m appelé "Fontaine Marèye". Certains fermiers y venaient puiser l'eau pour abreuver leur bétail dans les champs. Au fond du "Petit Bois" au lieu-dit "Li Fagnon" il y avait une pompe avec un bac en fer long de 6 à 7 m (de marque Monfort) ainsi qu'un bac en pierre. L'eau y était si pure et si froide que les fermiers y venaient s'approvisionner pour laver leur beurre.
Deux petits étangs se trouvaient également l'un à l'entrée de la cour de la ferme Motkin et l'autre au lieu-dit "Basse Madame".
Un cinquième étang actuellement comblé était situé près des deux fontaines où se trouve installé l'atelier du tailleur de pierre DELGOMBE.
Mont avait en effet deux belles fontaines avec grands bacs en pierre à l'entrée du village.
L'une au milieu du carrefour, était adossée à un épais mur de pierre, c'est là que les fermiers amenaient leurs vaches à l'abreuvoir ou remplissaient leurs tonneaux. C'est là aussi que les ménagères venaient rincer leur linge. Elle s'appelait la "Grande Fontaine". Lors des aménagements de voirie, afin d'élargir le carrefour, circulation oblige, elle a été supprimée. La seconde, appelée "Petite Fontaine", est appuyée contre le mur de la propriété DONIS-DAWANT. C'était elle qui autrefois fournissait l'eau alimentaire à toute la population du village.
C'est cette dernière qui, grâce à la prime obtenue à la Région Wallonne lors de l'année de restauration des fontaines, est aujourd'hui rénovée et aménagée en abri de bus, lieu de rencontre, coin de repos et signal d'entrée et d'accueil du village.
Source : DEHOSSAY Ninie, Comblain-au-Pont – Les Points d’eau, Les Échos de Comblain, décembre 1993, p. 1-3.
4. Les points d'eau à Poulseur
1. Les carrières du Bois d'Anthisnes qui étaient le point le plus haut et dont la qualité de l'eau était appréciée.
2. "Au Pahy" où il y a actuellement un vaste enclos dans lequel ont lieu des pompages.
3. Plus bas, "Aux Trixhes", on a construit un captage. À noter qu'auparavant, l'eau giclait un peu partout.
4. Plus bas, sur "Le Baty", il y a un réservoir.
5. Si vous vous dirigez vers les carrières, vous rencontrerez une massive fontaine en pierre de taille. Je ne l'ai pas vue fonctionner car un robinet y avait été installé pour la facilité des usagers.
6. "Diso l'Pile" se trouvait un abreuvoir réservé au bétail. Il n'était jamais à sec.
7. Aux environs de la "Heid de Barse", l'eau sourdait d'un peu partout. Il en allait de même jusq'au "Ry d'Oneux".
Repartons des "Trixhes" et descendons vers le hameau du Sart. Il y avait des sources un peu partout dont les différents débits ont fortement baissé, suite aux captages. Ajoutons une dernière source au lieu-dit "Al Godinal" en face du n° 21 à Sart. Suite à ces explicites énumérations, le lecteur comprendra aisément que nous étions loin d'être au Sahel.
Vint alors le moment d'installer des pompes plus fonctionnelles qui s'ouvraient à l'aide d'une clé. Elles prirent respectivement place à Sart, sur le "Baty", dans le village "al vôye d'Antène" et rue Lelièvre (n° 17). En face de ce dernier endroit, il y avait également un réservoir dans les prés.
D'autres pompes s'érigèrent aux endroits suivants : à Fond du Sart, en face du n° 13, route de Mont, rue d'Anthisnes (n° 23), rue d'Esneux, avenue de l'Ourthe (n° 17), rue du cimetière (n° 25), rue des Écoles (n° 125).
A ces pompes "modernes", il convient d'ajouter, route de Mont, un gros réservoir destiné à alimenter les fermes et une grosse pompe avec un gros bac récupérateur sur la place de Poulseur. Ce dernier village ne manquait certes pas d'eau qui fusait des rochers, un peu partout.
Aujourd'hui ce précieux liquide est devenu impropre à la consommation.
Vers 1900, avant la construction de la gare, il y avait un grand bac dans lequel on collectait les eaux qui glougloutaient des hauteurs. Le trop-plein s'évacuait dans la "Havée", avenue de l'Ourthe, où il n'y avait pas encore de constructions. L'excédent d'eau s'écoulait dans l'Ourthe par ce val. À noter que cedit val a été comblé pour permettre la construction des maisons actuelles.
Une autre source existe toujours "Aux Roches", elle aboutit au sentier "du Voituron" à Chanxhe. L'ex-café des Roches s'alimentait en eau grâce à une pompe à bras. Un long tuyau plongeait en effet dans un puits artésien.
Dans la propriété du baron Van ZUYLEN, un gros réservoir accumulait l'eau qui nous devenait si précieuse en cas de sécheresse. Les cantonniers avaient pour mission de régulariser un débit parfois capricieux, en fonction des saisons.
Tous ces souvenirs constituent un bien riche patrimoine qui, hélas, tombe dans l'oubli. Il suffit d'ouvrir un robinet et des effluves de chlore vous titillent les narines. Qu'est donc devenue l'eau fraîche et cristalline de notre Poulseur d'autrefois ?
Source : MARÉCHAL Marie, Les Points d’eau à Poulseur, Les Échos de Comblain, avril 1992, p. 2-3.
5. À Oneux
- Sur la place, trônait une énorme borne-fontaine surmontée d'une grande vasque. L'eau sortait d'une espèce de tête de lion et le trop-plein s'écoulait dans un égout.
- "So Nentière" et "So l'Zoupîre", eau courante avec bac.
- rue de la Ferme, idem en face de la ferme Remy.
- Au-dessus de la rue de la Ferme : idem.
Le trop-plein de ces points d'eau s'écoulait, en petits rus et allait se perdre dans l'Amblève au Pont-de-Sçay.
6. À Hoyemont
- Deux pompes : une au fond du village, adossée à la maison Poncelet (elle n'existe plus) et l'autre près de la chapelle.
- Un puits au lieu-dit "à la fontaine dans le Fy".
- Une fontaine dans "le Thier", la plus ancienne de toutes.
- un autre puits dans le pré de chez Brisy. Il a été comblé, constituant un danger pour les enfants.
- Une source entre Awan et Hoyemont. Cette source avait jailli lors d'une explosion provoquée pour l'exploitation d'une carrière qui appartenait à M. VANDENWILDENBERG. L'excavation s'est remplie d'eau. Lors de la grande sécheresse de 1976, cette source débitait 60.000 litres d'eau par jour.
- Un puits chez Louis REMY avec pompe immersible.
- Un puits artésien chez HUMEZ, à 80 m de profondeur.
- Un puits de la commune "au Tilleul", qui débite 10 m³ à l'heure.
- Trois puits de 30, 37 et 49 m de profondeur, creusés pour le compte de Jacky PONCIN pour alimenter son camping en eau potable. Deux sourciers ont repéré les endroits propices au forage : un prêtre de Bastogne et M. Jean-Pierre de Trois-Ponts.
7. Au Pont-de-Sçay
Quatre pompes à brimbaler (actionner à l'aide du bras) dont deux avec bac, situées respectivement, rue de la Gare, en face du "Limonaire", près de la maison BRISBOIS et chez DETHISE, 109, route d'Aywaille.
Savoureuse anecdote : lors de la procession des Rogations, le prêtre aspergeait son parcours d'eau bénite. Quand le récipient était vide, un acolyte s'en allait le remplir à l'une de ces pompes, à l'insu du curé bien entendu.
8. Au Halleux
Trois pompes le long de la route d'Aywaille : une au centre du village, une en face de l'"Auberge du Halleux" et la dernière à Renardville, à hauteur du château de Martinrive.
Source : DEHOSSAY Ninie, Les fraîches histoires d’eau de la région, Les Échos de Comblain, septembre 1992, p. 4-5.
