La maison communale
Historique de la maison communale.
Avant la révolution française, la Haute Cour de Justice était l'endroit où siégeait le mayeur, donc le siège de la "Mairie" ou administration communale de l'époque. C'était aussi le siège de la "Justice", donc du tribunal, sorte de Justice de Paix.
La maison où siégeait cette Cour existe encore, elle est située quai du Cisaiwe, n°3.
A la révolution française, (chez nous à partir du 18-09-1794), ces anciennes Cours furent supprimées. Il est permis de supposer que ce bâtiment est resté, un certain temps, le siège de la nouvelle mairie du régime français.
Le moment du choix d'un autre emplacement ne m'est pas encore connu. Je sais seulement que grâce aux recherches faites par M. Alfred PAUL que les deux écoles de la rue des Grottes (ancienne rue des Ecoles) furent construites en 1870 (garçons) et 1874 (pour les filles), sur un terrain propriété de la commune. On ignore encore si l'administration communale occupa immédiatement le rez-de-chaussée de l'un des bâtiments. En 1864, le cadastre indiquait seulement "terrain à destination des écoles".
La visite du gouverneur
Conseil communal du 30 août 1885, le nouveau bourgmestre Henri DIMBOURG annonce la visite du gouverneur pour le mardi 8 septembre. Pour recevoir ce haut magistrat, il convient de prévoir une certaine "ornementation". Il est convenu que la réception sera organisée dans la salle du rez-de-chaussée qui sert de classe pour l'école gardienne. Afin de ne pas grever le budget, le bourgmestre croit pouvoir subvenir aux frais entraînés par ces préparatifs au moyen d'une somme de 260 F. provenant "de la dernière ouverture des troncs du Vestiaire libéral". Approbation du Conseil !
Après la visite, la salle telle qu'aménagée, plut tellement aux conseillers qu'ils décideront de la garder comme "salle du Conseil". Une pièce du logis de l'instituteur lui sera retirée et deviendra la classe des gardiennes.
31-10-1890, renouvellement du mobilier de la salle du Conseil, achat de 12 chaises, d'une "suspension" (lustre), de rideaux, etc...
Le 8-06-1933, déjà par manque de place pour son administration, le Conseil communal décide de transformer en bureau le vestiaire de l'ancienne classe gardienne de Melle LAMBAY, le jeune architecte Henri MOUREAU se voit confier le projet d'aménagement.
Suite au décès du roi Albert 1er, le 14-02-1934, la commune achète pour le bureau communal un portrait du roi défunt. Elle achète aussi un portrait du roi Léopold III et de la reine Astrid pour les écoles.
Janvier 1939, le Conseil décide d'aménager "proprement" (sic), au fur et à mesure de ses possibilités, la salle située près du bureau du secrétaire en salle du Conseil et salle des mariages.
18-11-1956, le conseiller LONGUEVILLE déclare être impressionné, chaque fois qu'il entre dans la maison communale, par l'exiguïté des locaux, l'entassement des meubles, la laideur des bureaux où se passe la vie administrative de la commune. Il propose à ses collègues de décider la démolition de l'ancien presbytère "un bâtiment vétuste qui dans le temps a été déclaré insalubre" et la construction, sur cet emplacement, d'une nouvelle maison communale avec réservation de salles pour les collections du Musée. Cette proposition de démolir la plus ancienne construction civile encore intacte de la commune est accueillie avec enthousiasme (sic) et le Collège chargé de l'étude. Heureusement, la Commission royale des Monuments et des Sites, alertée discrètement, demande au Gouverneur, le 18-02-1957, de procéder à l'enquête prescrite par la loi du 7-08-1931, en vue du classement de ce bâtiment comme monument historique. L'ancien presbytère est sauvé !
Le 1er décembre 1960, les services administratifs, qui ne disposaient que de deux locaux, seront transférés dans un bâtiment voisin, toujours rue des Grottes, et aménagé par les ouvriers communaux.
Le 10 octobre 1967, le Conseil décide d'acquérir la propriété de l'Enregistrement rue du Grand Pré n°27. Toutefois, il n'est question que d'y réaliser un complexe touristique et sportif.
En février 1975, toujours par manque de place, la commune prend en location la maison RENAVILLE, rue des Grottes n° 3.
Le 11-04-1978, le Conseil approuve la décision du Collège de faire procéder à des travaux d'aménagement au "Complexe" de la rue du Grand Pré en vue d'y installer les bureaux administratifs de l'administration communale. Devis 1.000.000 F.
11 septembre 1979, l'administration communale s'installe au "Complexe" rue du Grand Pré, quittant la maison communale, les locaux sont cédés à l'enseignement communal.
30 décembre 1993, achat Place Leblanc, de la maison de l'ancien notaire François DIMBOURG, en vue d'y construire une nouvelle mairie.
1998, Réaménagement complet de l'immeuble DIMBOURG afin de l'adapter à sa nouvelle destination. Les aménagements nécessaires auront lieu en 1998 et 1999 ; ouverture au public début juillet 1999.
La lignée des DIMBOURG
Le père DIMBOURG était maréchal-ferrant à Mont-Comblain. Il avait deux fils. L'ainé fit des études notariales, le cadet, âgé de dix-neuf ans, travaillait à la forge avec son père.
Conscient de cette disproportion, le plus jeune fils interpella un jour son père : "Mon frère est notaire et moi je ne serai jamais qu'un ouvrier." Et le père de répondre : "Mon cher fils, je ne t'empêche pas d'entreprendre des études."
Surdoué, contre toute attente, le frère cadet réussit, en trois ans, un cycle d'humanités qui en nécessitait pourtant six (1). Diplômé de l'Institut de Cureghem, il devint vétérinaire à l'âge de vingt-cinq ans.
Il montait alternativement deux chevaux, un le matin et l'autre l'après-midi car il avait de longs itinéraires à parcourir pour soigner le bétail.
A l'instar de Zorro, il s'était fait ne confectionner une grande cape qui n'était peut-être pas noire mais qui avait la particularité de partir de ses épaules pour enrober la croupe même de son cheval. Ce personnage quasi-mythique décéda toutefois à l'âge de vingt-six ans.
Le premier notaire DIMBOURG se prénommait François. Il fut dépositaire des protocoles de Maître Robert CRESPIN, notaire à Ferrières, Villers-aux-Tours et Anthisnes. Ses différentes études furent installées à Harzé, Hermalle-sous-Huy et Comblain-au-Pont, de 1850 à 1882.
Henri DIMBOURG fut le second notaire de notre village de 1882 à 1921. Le troisième notaire de la lignée se prénommait aussi François. Il exerça de 1921 à 1963.
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(1) Au Petit Séminaire de Saint-Roch.
Sources : A. CASTERMANS, Comblain-au-Pont, son histoire, Echos de Comblain, mai 2011, p. 33 et 34.
Ninie DEHOSSAY, La lignée des DIMBOURG, Echos de Comblain, mai 1992, p. 7.
