le moulin du Halleux
Nous ne connaissons pas son histoire. Nous ne pouvons donc en donner ici que des linéaments bien fragmentaires.
Le 6 septembre 885, l'empereur Charles-le-Gros concède à Théodon, un des fidèles du comte Gislebert, des biens à Oneux, des droits d'usage dans la forêt appelée Hulsinas (1) et des serfs (2).
Parmi les biens, il est cité n moulin. Faut-il voir son emplacement primitif à l'endroit même où subsiste encore le bâtiment qui fut le moulin du Halleux ? Nous ne le croyons guère.
Nous ignorons tout de l'origine de ce hameau. Les archives stavelotaines qui nous sont parvenues le citent pout la première fois, et bien tardivement, en 1451. (3)
Sa dénomination nous indique indubitablement qu'il prit le nom du toponyme du lieu, c'est-à-dire "haleû", bien connu en Wallonie et qui veut dire : hallier, taillis.
L'époque de la construction du moulin est obscure. S'il a existé sous la période féodale et sous l'ancien régime, donc avant la révolution française (en 1794, chez nous), il a dû être le bien d'un particulier, car il n'en est fait aucune mention dans l'inventaire des biens nationalisés par les Français. Au surplus, au temps de Stavelot-Malmedy, la mouture des céréales panifiables était obligatoire au moulin à farine de Comblain-centre pour tous les habitants du ban.
A l'époque, proche de nous, où les carrières prirent leur essor, le moulin du Halleux fut transformé en "sôyerêye di p'tit granit" (scierie de petit granit). Il eut comme clients, les maîtres de carrières des environs parmi lesquels on nous cite (sans date) "li comte di Burlêmont d'Fwèrzé" (le comte de Berlaimont de Florzé) (4). Les pierres provenant des centres d'extraction de la rive droite de l'Amblève étaient acheminées vers le moulin dans des chars qui, finalement, empruntaient une voie carrossable aménagée dans le versant boisé. Parvenus à la rivière, les conducteurs devaient "wahî l'êwe a dj'vô" (traverser l'Amblève à gué, montés sur leur cheval) (4).
Li bî dè molin (le bief) fut nécessairement creusé à la même époque que le moulin lui-même :"I faléve on flot po l'molin" (4)
Les Câlê d'Houton (les dénommés Calay, de Hotton) ont rèparé l'bârèdje po l'dièrin côp", ont été les derniers à réparer le barrage (4).
Peut-être, des bètchètes ont-elles amené également des pierres à la scierie.
En 1914-18, le moulin fut, momentanément, réaménagé en "molin al farène".
On nous dit aussi qu'après sa désaffection le moulin fut transformé en une petite usine où de menues pièces pour avions ou sous-marins furent fabriquées. On ne sait plus préciser : les souvenirs s'estompent vite...
Telle est la documentation que nous avons pu recueillir sur le moulin du Halleux. C'est à peine une esquisse. Aussi, faisons-nous appel à tous ceux qui pourraient nous aider.
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(1) Retrouverait-on, à Hoyemont, dans le lieu-dit "âs hous" (aux houx) un souvenir de cette zone boisée dite "Hulsinas" ?
(2) voir nos "Echos" d'avril 1951, pages 25, 26 et 27. Oneux-sous-Comblain ? ou Oneux-Borlon ?
(3) "Recueil des chartes de l'abbaye de Stavelot-Malmedy" par Halkin et Roland, tome II, page 438.
(4) D'après Marie Dupont et Reynilde Petit du Halleux. Renseignements émanant du père de Marie Dupont, né en 1832.
Emile Detaille, Li molin d'â Haleû, Echos de Comblain, n° 3, mars 1982, p. 1 et 2.
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Encore quelques lignes sur le moulin à farine du Halleux.
Nous ignorons tout de la date de "naissance" du moulin mais constatons toutefois qu'il n'en pas question le 26 avril 1680 lorsque Marguerite de Fraipont lègue à son fils, Gilles-Ferdinand de Rahier, "le chasteau de la basse Halleux, sur la rivière d'Amblève, avec la cense de la haulte Halleux, et les jardins, preits, terres, bois, hayes et héritages en dépendans"
Si un moulin avait existé à cette époque-là, il n'y a pas de doute qu'il en aurait été fait mention dans l'acte de donation ci-dessus.
La première mention officielle du moulin du Halleux apparaît dans le plan cadastral de P.-C. Popp, consacré à la commune de Comblain-au-Pont. Cet ouvrage ne porte pas de date mais des indices certains nous enseignent qu'il faut en rechercher la réalisation entre les années 1866 et 1884 (1).
Ledit plan montre clairement l'aspect et la situation du "moulin à farine" (section G, n° 211f) et de son "biez" (G, 211 e).
Le même "atlas cadastral parcellaire" nous apprend dans son annexe ("Tableau indicatif et matrice cadastrale") que le propriétaire de l'établissement était alors Jean-Michel Favereau-Lonhienne, demeurant à "Generet" (lire : Jenneret), et que son "garçon meunier" était Remacle Bonmariage-Dayeneux, domicilié "à Halleux".
M. Favereau possédait aussi, en même temps, les "ruines" de l'ancien "chasteau de la basse Halleux" qui avait été habité par des "de Fraipont" (emplacement de l'ancienne ferme Lecrenier).
Une dalle en pierre bleue (pierre de taille ou petit granit), mesurant 1,35 m sur 0,83 m est encastrée (on ne sait pourquoi ni depuis quand) au centre du pavement de l'actuel "Grill Kasprowy", situé à Comblain-la-Tour, rue du Boé, n°12.
M. Jean-Claude Darville, président du syndicat d'initiatives touristiques de Comblain-Fairon a entendu dire que cette pierre provenait du moulin du Halleux, à l'intérieur duquel il en a existé (ou existerait) d'autres rappelant chacune le nom d'un ancien meunier.
La dalle du gril Kasprowy porte l'inscription suivante :
J-W
JOSEPH
CRAHAY
1880
Un de nos lecteur pourrait-il nous en donner une explication touchant cette pierre et son transfert à Comblain-la-Tour ?
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(1) Le chemin de fer de l'Ourthe fut inauguré le 1er août 1866 et il figure au dit plan. Quant à Poulseur, cité par Popp, il fait encore partie de la commune de Hody dont il a été séparé le 9 mai 1884.
Source : E. Detaille et A. Jadot, Le moulin à farine du Halleux, Echos de Comblain, n° 5, mai 1987, p.7.
