Poulseur au temps des carrières
Carrière Thomas

Poulseur au temps des carrières

Texte de M.M. paru dans "Les Echos de Comblain" en février 1991 sous le titre "Un peu d'histoire à Poulseur"

Informations

Je ne veux pas faire ici l'histoire de la commune de Poulseur mais j'aimerais que la jeune génération sache que Poulseur n'a pas toujours été cité morte.

Il y a longtemps, il y avait dans ce village beaucoup d'activités : les carrières, les commerces et les fermes.

Poulseur cité des carrières

Nous parlerons tout d'abord des carrières. Elles occupaient environ 1500 personnes, beaucoup plus d'ouvriers que d'employés. Ils habitaient le plus souvent dans la région. Certains pourtant venaient des Ardennes. Ils arrivaient par le train, portant des traies à carreaux rouges et blancs contenant un gros pain de 2 kilos, un gros morceau de lard et parfois quelques "galets" (grosses gaufres de ménage).

Ils séjournaient chez l'habitant, dans presque tous les foyers il y avait des "logeurs" et ils repartaient la semaine terminée.

Je ne reviendrai pas sur leur emploi du temps car cela a été souvent décrit dans d'autres revues mais je dirai que leur labeur quotidien terminé, ils se rassemblaient pour jouer aux cartes et boire une goutte de "pèkèt" ou deux ou trois selon l'humeur du jour. Ces ouvriers faisaient marcher les commerces locaux.

Poulseur et son commerce en ce temps-là

Du point de vue du commerce, la localité était bien achalandée : on comptait deux cafés rue d'Anthisnes, cinq dans la rue d'Esneux, sept sur la Place, quatre avenue de l'Ourthe ainsi qu'un brasseur;

Une scierie de marbre et une scierie de bois occupaient également du personnel.

On dénombrait également huit épiceries, trois modistes, un magasin de pipes, tabac et maroquinerie ainsi qu'un hôtel pour voyageurs.

Poulseur et ses écoles au début du siècle

Au début du siècle, quatre classes seulement dispensaient l'enseignement aux enfants de Poulseur.

Monsieur Dormal enseignait à une quarantaine de garçons des six classes primaires.

Mademoiselle Salmon avait également une quarantaine de filles mais sa classe ne comptait que trois divisions. Elle était secondée par Madame Jamart qui s'occupait d'une trentaine de fillettes de première, deuxième et troisième année.

Quant à Monsieur Foccroulle, il donnait cours à l'école de Sart à une cinquantaine de bambins de tous âges. C'était en 1921 seulement qu'on allégea son contingent en faisant descendre à Poulseur les enfants de cinquième et sixième année.

En 1931, les écoles se multiplièrent par l'ouverture de l'école libre et la création de classes maternelles à l'école communale.

Les fermes à Poulseur et à Sart

A l'époque, Poulseur comptait au moins sept fermes : deux à Poulseur, les autres à Sart. Pour mémoire, rappelons leurs noms : Nihon, Renaville, Gruslin, Degrange, Bovy, Requier et Gilman.

A Sart, presque chaque famille possédait quelques vaches, cochons, brebis, poules. Après la loi des allocations familiales, les petits fermiers et artisans ont dû mettre la clé sous le paillasson. Il n'était pas nécessaire d'aller très loin pour trouver du travail.

Les fermiers occupaient de préférence des femmes qu'ils devaient payer moins cher. Au moment des moissons, après la relève des gerbes, on glanait les épis restés sur le champ. Cela permettait d'obtenir à bon compte un peu de farine supplémentaire car les ouvriers ne roulaient pas sur l'or. Rares étaient ceux qui pouvaient, à l'époque, s'acheter un vélo.

Un grand oubli : "La ferme du Trou Bottet", deuxième en grandeur de l'ancienne commune de Poulseur.

La ferme du Trou Bottet appartenait au Baron Van Zuylen ainsi que deux autres à Poulseur : Nihon-Renaville et Trussart-Hock.

Quelques souvenirs d'enfance

Je me souviens qu'aux environs de 1920 un grosse femme allait de village en village portant ne manne d'oranges. Nos parents achetaient une orange à chacun de leurs enfants, c'était un événement. Elle était délicieuse et comme elle sentait bon ! On en ôtait le papier parfumé, on le conservait bien étendu dans les livres de classe et de temps en temps on le palpait, on le respirait. Elles n'ont plus aujourd'hui le même parfum ni la même saveur ; peut-être parce qu'on en dispose à volonté.

A Sart, il y avait une petite boutique où une dame vendait de la réglisse en bâtons et de petits bonbons carrés emballés dans un papier portant un poème ; elle vendait aussi du pain d'épice (dèl couque).

un dernier souvenir et j'en aurai terminé.

Au mois d'août, c'était la fête de ma mère.

J'avais entendu dire qu'à cette occasion il était de bon ton d'offrir un cadeau à la personne aimée. Je n'avais pas d'argent alors que faire ? Je me rendis à la petite boutique et achetai une demi "couque" à crédit. Je courus heureuse, l'offrir à ma mère qui faisait la moisson rue des Ecoles. Je lui offris mon précieux présent et ajoutai : "Tu iras payer, car moi je n'avais pas d'argent".

Cet événement donna naissance à une tradition et de ce jour on fêta nos parents le jour de leur saint patron.

Source : M.M., Un peu d'histoire à Poulseur, Echos de Comblain, février 1991, p. 4 et 5.

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