Li vôye dès cwate Fis Aymon

Voie des Quatre fils Aymon, un chemin depuis longtemps disparu.

Informations

M. le docteur Thiry, D'Aywaille, nous envoie pour nos "Echos" cet article des plus intéressants sut l'historique de nos vieux chemins.

Ayant été délégué par la Commission royale des Monuments et des Sites à propos de la suppression projetée d'une partie du sentier n°64 de l'Atlas des chemins vicinaux de la commune de Comblain-au-Pont, le soussigné a eu la surprise d'apprendre par les anciens du village d'Oneux que ce sentier était jadis une partie d'un chemin dénommé "Voie des Quatre Fils Aymon" et qui allait, dit-on, d'Anthisnes à Neuchâteau-sur-Amblève, par le gué situé au pied du Thier Pirard, sur l'Ourthe, et par le gué de Martinrive, sur l'Amblève.

Il est très regrettable que le creusement de carrières et l'empiètement de plusieurs propriétaires riverains aient réduit cette voie ancienne à une série de tronçons qui disparaitront l'un après l'autre et seront impossibles à identifier par les historiens à venir.

On me permettra d'émettre une hypothèse : ce chemin, certainement fort ancien et encore utilisé au Moyen-Âge, pourrait s'identifier avec le chemin romain qui doit avoir suivi un trajet sensiblement le même d'un gué à l'autre.

Mon ami le professeur Detaille est persuadé de l'existence du gué de Martinrive à l'époque romaine ; de mon côté, je crois que le plateau de Hoyemont a dû être parcouru par un chemin dès cette époque reculée. La survivance de l'odonymie de l'appellation "Chemin des Quatre Fils Aymon" vaut la qualification de "Route Brunehaut" en d'autres régions. C'est une forte présomption reculée ; et comme les Romains ont été les créateurs de la plupart des chemins utilisés dès le haut Moyen-Âge, on peut, jusqu'à preuve du contraire, leur attribuer le tracé de cette voie.

Ajoutons que Joseph Bédier, qui relève si soigneusement les souvenirs toponymiques de nos paladins ardennais (v. Légendes épiques, tome IV, p.250) n'a pas connaissance de celui-ci.

On serait reconnaissant aux personnes qui pourraient fournir quelques précisions au sujet du tracé primitif et de toutes traditions concernant ce chemin. Il est très important pour l'histoire de recueillir tout ce qui se rapporte aux noms des lieux-dits, chemins, cours d'eau, etc...

Docteur Thiry.

***

Il existe dans notre commune un second chemin qui était aussi appelé jadis vôye dès cwate fis Aymon. La tradition nous apprend au surplus qu'il était une rwèyâle vôye, partant du château de Poulseur et aboutissant à la forteresse de Logne. Nous ne connaissons du trajet de cette voie antique que le tronçon suivant : Logne, ...?..., Fairon, So lès bwès d'Fêron, è fond d'Tibiè-Ri, so lès vîs Sârts, al creû d'Sint-z-Elêre, è briâmont, al bovîre, li noû(ve) route, al tchèrâ, la rue de la Carrière, l'avenue des Ecoles (début), la voie de Saint-Martin, le sentier des Roches-Noires, la Xhavée Madeleine, le tige dessous la heid et le vieux tige, al cinse et le château de Poulseur.

Comme on le voit, ce chemin longeait la rive gauche de l'Ourthe et se pliait aux exigences du relief. S'étendait-il davantage ou restait-il sur le domaine de Stavelot ? Nous sommes enclins à admettre cette seconde hypothèse.

Sources : MM. Joseph Gillard, Hubert Raes, Mathieu Simon

Emile Detaille, Notre voirie ancienne - Les vôyes dès cwate fis Aymon, Echos de Comblain, n°7, juillet 1951, p.51.

Géolocalisation
50.4730204100681 ; 5.589337348937988