Les de Brialmont des Monts
Henri Alexis de Brialmont 1821-1903

Les de Brialmont des Monts

La famille noble des de Brialmont a eu chez nous un rameau appelé les "de Brialmont des Monts".

Informations

La lecture fortuite d'un historique inséré dans "Les Nouvelles" de Malmedy (1) nous a permis de compléter une documentation, patiemment recherchée, sur une famille noble qui vint s'installer de bonne heure dans le village de Mont-Comblain et y vécut de longs siècles avant de la quitter sans même y laisser le souvenir de son nom.

Entrons directement dans le vif du sujet.

Renchon de Brialmont.

Wéry de Gailhard, de Chênée, dit : de Brialmont (2), écuyer, épousa Jeanne de Fraipont, qui lui donna un fils. 

Celui-ci, appelé Renchon de Brialmont, acheta en 1381, à Mont "deseur" (3) Comblain, une rente de 21 setiers de blé.

Renchon nous apparait, de ce fait, comme le premier "de Brialmont des Monts".

A partir de ce fait et de la date ci-dessus, nous rencontrons, en effet, pour ainsi dire sans interruption mais sans qu'il soit souvent possible d'établir les liens de parenté ou la chronologie exacte, de nombreuses mentions de membres de cette famille.

Nous croyons même avoir retrouvé dans un petit registre paroissial de 1611 ou environ, contenant des commémorations fort anciennes, un passage faisant allusion à la conjointe de Renchon : "Commémora(ti)on de la femme Renchon de Brialmont" (en juin de l'an...?) (4).

Mont était bien le berceau de cette lignée. Un de ses représentants les plus illustres, Renier de Brialmont, dont nous allons bientôt parler, et qui fonda la chapelle de Xhoffraix, née de sa piété et de sa générosité, fait mention du "principal estoque de sa lignée qui habite la maison du Mont ou métairie deseur Comblen" (source : voir la note n°1).

Gille(s) de Brialmont.

Nous connaissons de lui deux citations (5) et (6) d'où il apparait qu'il était le père de Thiskin et de Wéray (voir plus loin).

Le petit registre paroissial d'environ 1611, déjà signalé, nous apprend au surplus que "Gilles de Brialmont passa de ce siècle mortelle icy à l'autre, l'an XIIIe et XXXV (1435), le iour st George".

Dans le "Dictionnaire historique et géographique des communes belges" par Eugène de Seyn, tome Ier, nous lisons qu'à Grandhan se trouvait jadis la seigneurie des Enneilles, de la maison des Hamal-Brialmont.

Cette seigneurie d' Enneille au comté de Durbuy était, en 1389, aux mains des d'Ochain ou de Xhoce, dont une héritière épousa Gilles de Brialmont.

S'agit-il de notre Gilles ?

En fin de cette étude, nous parlons également d'une Agnès de Brialmont qui épousa Gilles de Xhoce.

Nous savons, par ailleurs, qu'en 1695, la dame des Enneilles possédait, à Mont-Comblain, la ferme dite du Fond des Fosses.

On voit que ces familles étaient étroitement liées.

Thiskin et Wéray de Brialmont.

Une première mention de "Thisekin de Briaulmont", titrée "esquevin delle court de Comblens" se rencontre dans un record du 20 juillet 1444, contenant les redevances dues par Comblain au Chapitre de Malmedy (7).

Dix ans plus, exactement le 20 juillet 1454, nous retrouvons Thiskyn de Brialmont, toujours "eschevin" de notre localité, cité dans un record relatif à la banalité du moulin de Comblain.

On voit, par là, que Thiskin jouait un rôle officiel dans l'administration locale.

En 1451, vivent à Gran Mon (ainsi que s'appelait jadis l'actuel village de Mont) (8), deux grosses familles de propriétaires fonciers : Johan Crespin  et les deux frères Thiskin et Wéray de Brialmont.

En 1455, Thyeskin, fils de Gille de Bryamont, relève sept muids de blé héritables sur le moulin de Fairon, à lui parvenus de part sa mainplévie (5) (9).

La même année encore, Thyeskin, fils de Gilles de Bryamont (2e mention comme filiation) relève cent quatre pots de hoppe (10) hirtables (11) sur la brassine, à lui obtenues de part sa mainplévie (9) (6).

En 1460, il relève sa parte de sept muis de spelte (12) sur le moulin de Fairon, allencontre de la soeure de sa femme (5).

Renier de Briaulmont.

Le 26 novembre 1454, Jaspar, doyen, et Renier de Brialmont, moine, au nom du chapitre de Malmedy demandent à la Cour de Justice de Lorcé un record qu'ils obtiennent touchant le point de savoir qui est seigneur foncier du dit Lorcé et quels sont ses droits (7) (13).

Voici un extrait du document où le nom de Renier apparait pour la première fois (dans notre documentation du moins) :

"... comparurent personelement sagneur et religieux persone Messir Jaspar, doien, et Messir Renier de Briaulmont, ambedoi (= tous deux) confrèrs et professes de l'engliese (= église) Sains-Pier de Malmedie dene orden (de l'ordre) Sains Benoid en la dioceit (diocèse) de Collongne (Cologne), etc."

(Extrait du livre déjà cité à la note n°7. Article n°66 relatif à Lorcé, pages 174 à 176. Figure aussi au "Recueil des Chartes de l'Abbaye de Stavelot-Malmedy" par Halkin et Roland).

Le 16 juillet 1460, Henri de Saint-Vith, prévôt à Andernach ; Daniel de Hodeige, camérier ; Nicolas de Saint-Vith, grand aumônier ; Thomas d'Arimont, "baccalaureus in decretis", chantre ; Renier de Brialmont, prévôt à Comblain ; Jacques de Haldeveldt et Henri de Sart, moines, représentant le Chapitre du Monastère de Malmedy, élisent Thierry de Saint-Vith, premier aumônier de leur église, comme doyen, et demandent l'approbation de Jaspar, abbé (13)

Le 28 juin 1478, devant Thomas d'Arimont, vesti (=curé) ; Renier de Brialmont, chantre de l'église de Malmedy et les tenants du vesti, un arrangement est conclu entre Jean Jaket, dit de Jalhay et Johan, fils Jackmin, appelé Johan Aly, son cousin, au sujet d'un chemin (13).

Le 13 novembre de la même année, Thiry de Saint-Vith, doyen de Malmedy, achète à Jean de Loncin et à Jean de Clockyr, vingt-deux muids d'épeautre de rente, provenant de Géramont, dans le ban de Comblain, pour le prix de vingt-deux griffons chaque muid, en présence de Thomas d'Arimont, chearier (cellérier) de Malmedy, Renier de Brialmont, chantre, Renard de Wildenberch et Albert de Haccourt (13).

Le 14 juin 1484, Renier de Brialmont, profès et chantre du Monastère de Malmedy, fonde la chapelle de "Xhoffrais" en l'honneur de Dieu, de la Sainte Vierge, des Saints Erasme, Martin et Hubert et de la Sainte Dorothée, et la donne au Monastère de Malmedy ; il signale les revenus de cette chapelle et se réserve, pour sa vie durant, le droit de collation ; après sa mort, le bénéfice devra être accordé, autant que possible, à un membre de sa famille.

(Texte latin - Original sur parchemin, avec le sceau du Monastère de Malmedy) (13).

Le 25 février 1485, devant Renier de Brialmont, chantre de l'église de Malmedy et député vesti, et les tenants du vesti, un arrangement, au sujet de leur héritage, mouvance du vesti, est conclu entre les enfants Johan Jaket, c'est-à-dire Johan, Winans et Gilchon (13).

Le 16 avril 1546, Hiéronime Unicornus ou Einhorn, chanoine et doyen de Saint-André de Cologne, vicaire "in spiritualibus" de Herman, archevêque de Cologne, confirme, à la demande de Nicolas de Ama, châtelain de Logne, la fondation de l'église de "Xhoffrais" par Renier de Brialmont, et sa donation au Couvent de Malmedy (texte latin - Original sur parchemin - sceau disparu - Notaire Léonard a Fossa) (13).

Renier de Brialmont, à nos yeux un des membres les plus illustres de la famille des de Brialmont des Monts, mourut presque subitement le 16 janvier 1501 (1).

Renard de Brialmont.

L'an 1471, Collienne des Poulhons (lisez Poûhons) vend treize muids spelte (12) qu'il avait sur le plein fief de Genneret que Warnot Briffo tient en faveur de Renard de Brialmont, manant en Mont desseur (3) Comblen, en accomplissant les convenances de mariage (6) [page 330].

Collienne des Monts.

Le 8 mai 1514, Guillaume de Manderscheidt, abbé-prince de Stavelot-Malmedy, et le Monastère de Malmedy accensent (louent) pour neuf ans, les terres et biens nommés les deremme et commyn (commune) des mons (des Monts) et doylhair (d'Ouhar) à Corbeau d'Anthisnes et Collin de Mons pour cinquante muids de blé (13).

Dans le registre paroissial de Comblain, datant de 1611 et déjà cité, nous lisons ce passage relatif au décès du dit Collin ou Collienne : "... Honeste personne Colienne des Monts dict de Brialmont qui trespassat l'an XVe XXVII (1527), de febvrier."

Sa femme s'appelait Maroye (lisez Marôye = Marie).

C'est donc en 1527 que nous voyons, pour la première fois, apparaitre simultanément, les mentions synonymes de "des Monts" et de "de Brialmont".

Gilet des Monts.

Mention de ce personnage est faite dans le petit registre paroissial de Comblain :

"... Gilet des Monts, dict de Briammont et Maroye, sa feme, lequeld(i)t Gilet at, l'an 1540, le 8e et 9bris (de novembre) a cest effect laissé a un vesti (curé) de Comblen, etc..."

[ Remarque - le "m" du mot feme est surmonté de la barre horizontale abréviatrice]

Corbeau de Brialmont.

Même source que ci-dessus : "... Honeste personne Corbea le marischal de Mont, dict de Brialmont et sa femme Samide, lequel l'an XVe et XLI (1541) trespassat."

Gille

Extrait du même registre :

"... Gille, fils feu Collienne de Mont et Oudon, sa femme, lequel l'an XVe LIII (1553) le iour de l'invention Ste Croix trespassat."

Raskin des Monts

Toujours dans le même registre, nous lisons encore :

"... Damoiselle Isabeaux, femme feu Raskin des Monts, au pnt (= au présent, présentement) espeuse (épouse) de Pirard delle Thour de Comblen.

...son mary Raskin, son fils Jehan le Borguignon et sa fille défunte, laquelle Isabeaux trespassat l'an XVe XLIIII (1544), 4e novembre.

Jehan le Borguignon

Comme nous finissons de le voir, il était le fils de Raskin des Monts et de Damoiselle Isabeaux.

Jacquemin de Mont

Il semble qu'il s'agisse ici de Johan Jacquemine cité le 19 avril 1518 dans un record relatif à la brassine et taverne banale de Comblain-au-Pont.

En tous cas, par un acte du 10 décembre 1548, "les échevins de Comblain déclarent apposer le sceau de Jacquemin de Mont, leur mayeur, pour faute de propre sceau" (5). (page 31)

Un record du 5 janvier 1552 relatif à Fairon, parle in fine de Jacquemin des Monts :

"(Nous avons fait usage) dè seel de Jacquemin des Monts, empronté (emprunté) à faute de propre (7). " (pages 54 à 56)

Vincent de Brialmont

Source : le registre paroissial de Comblain de 1611 : 

"Honneste personne Vincent de Mont, dict de Briamont décédé de ce monde mortel l'an XVe LIJ (1552), le XXIe cour de 7bre (septembre), à l'intention duquel Vénérable mesir Lambert, son fils et tos ses freres et sa soeure ont laissé en la pnne (personne) de mesir Gille le Moisne, iadt (jadis) curé de Fairon et Comblen... pour le susdit Vincent q (=ainsi que) pr (pour) Jehenne, sa femme.

Henri Alexis de Brialmont 1821-1903
Géolocalisation
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