Quelques mots sur l'origine de Géromont

Suite de l'article "Que signifie le mot "Géromont ?"

Informations

Jusqu'à présent, Géromont nous apparaît comme une petite agglomération sans histoire particulière. Nous n'y avons jamais relevé un fait saillant ni même ordinaire pouvant être accepté comme digne d'intérêt dans l'histoire de la commune de Comblain-au-Pont.

"Les gens heureux n'ont pas d'histoire" dit un adage.

Nous avons bien découvert dans ce hameau quelques éclats de silex avec bulbe de percussion, indices du séjour et du travail de l'homme préhistorique qui a vécu "divint les cortîs al creû", des deux côtés de la route des carrières, entre la croix portant l'effigie en bois sculpté de saint Hilaire (li creû di sint-z-Elêre) et le sommet de la montée, au lieu-dit "so les vîs sârts" (sur les vieux essarts). Nous avons aussi trouvé une belle lame et une pièce retouchée aux bords de l'ancienne fontaine publique (lieu-dit "al fontinne").

Mais ces témoignages de l'homme du robenhausien ne sont pas du tout comparables en quantité à ceux trouvés, par exemple, dans la campagne du Raideux où les pièces, nombreuses et belles, dénotent la présence d'un groupement humain déjà important ou une occupation prolongée du site.

Géromont a pourtant son énigme qui semble se rapporter directement à l'origine de la localité. Il s'agit de substructions non identifiées et assez vastes qui se situent dans un pré situé entre "li vôye dè batch" (la voie du bac), le lieu-dit "è possou" (le petit puits) et le sentier dit : "pazè di d'zo l' vêye" (sentier d'en dessous de la ville).

Elles paraissent être les restes, les fondations d'un domaine rural d'époque indéterminée dont on a aucun souvenir.

Nous avons jadis localisé plusieurs murailles de cette antique métairie, vraisemblablement celle qui fut construite et habitée par Djèrô, le fermier qui a donné son nom à la localité.

Nous avons repéré les murailles de fondation à l'aide d'une sonde et d'une bêche, exhumé des clous et de menus débris de tuiles rouges.

Des fouilles systématiques pourraient, seules, nous donner la clé de l'énigme.

M. Mathieu Simon, de Géromont (1859-1941) qui possédait ce pré contenant les ruines et s'intéressait vivement à tout ce qui a trait à l'histoire, au folklore et à la géologie de la région, nous avait déjà dit vers 1933 que la parcelle dont nous parlons était pleine de fondations et qu'à sa connaissance, jamais personne n'avait pu lui en expliquer la présence.

Il faisait de même remarquer une réalité qui l'avait toujours fortement intrigué et qui, pour lui, était un état de choses vraiment exceptionnel dans le plan du Cadastre. En effet, la parcelle D467 (du plan Popp) qui contient les fondations, renferme elle-même dans ses limites, et cela, sans qu'il y ait le moindre moyen d'accès, une autre parcelle D466, située dans la partie centrale du 467 et affectant la forme rectangulaire : une enclave, ni plus, ni moins, dont l'origine reste mystérieuse.

Le lieu-dit "dizos l'vêye" (sous la ville) (1), situé en contrebas et à la suite du pré dont nous venons de parler, semble nous inciter à admettre que nous nous trouvons ici à l'endroit même où il faut chercher le vrai berceau de Géromont.

Qui pensera un jour à entreprendre des fouilles en ce lieu ?

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(1) La "ville", mot venant du latin "villa" signifiant "ferme".

Source : Emile DETAILLE, Quelques mots sur l'origine de Géromont, Echos de Comblain, n°1, janvier 1969, p.8.

Géolocalisation
50.47108113978204 ; 5.575304031372071