Les carrières souterraines de grès de Géromont.

Les carrières souterraines de grès de Géromont.

Témoignage d'Albert Antoine, un ancien des carrières, paru des "Les Echos de Comblain" en 1987.

Informations

Au début de l'exploitation des carrières de Géromont, on extrayait la pierre à ciel ouvert. Les terres de surface et les déchets d'extraction schisteux et des pierres impropres encombraient les emplacements disponibles au fur et à mesure de l'avancement des travaux, de sorte que l'on était finalement obligés, dans certains cas, de déverser tous ces décombres sur le versant communal longeant la route de l'Etat de Liège à Hamoir.

Pour parer au danger d'éboulement de tous ces briquaillons sur la route de l'Etat, l'Administration communale de l'époque transmit, en date du 29-09-1900, une pétition au Ministère des Finances et des Travaux publics, sollicitant le détournement de la rivière de l'Ourthe et de la route de l'Etat pour élargir les espaces capables de contenir les déversements.

Une autre Pétition, en date du 03-08-1904, signée par 138 ouvriers du grès, exprimant les mêmes souhaits que celle dont question ci-avant, resta sans suite également.

Faute d'obtenir satisfaction, les ouvriers de Géromont conçurent l'idée d'entreprendre le creusement de galeries souterraines dans les gisements, en choisissant des épaisseurs de bancs suffisamment rentables pour le débitage du grès.

Avec ce système, les déchets de pierre et de schiste restaient dans les endroits où la pierre avait été enlevée ou servaient à établir des murs à sec le long des galeries qui devaient rester libres.

Il fallait également que le plafond de la galerie fût solide et compact; à cet effet les carriers laissaient des "piliers" en nombres suffisants pour pallier toute menace d'effondrement.

Ces précautions n'ont cependant pas permis d'éviter un éboulement du plafond dans la carrière de Toussaint et Cie, avant 1935.

Comme catégorie d'ouvriers, il y avait les mineurs (haveûs), préposés au forage des trous de mines dans la couche de schiste, entre le plafond et le banc à extraire, de manière à desserrer celui-ci. Ce travail des mineurs consistait à bourrer de la poudre noire dans le fond du trou de forage, au moyen d'un bâton en bois (bourreur), le restant du trou étant bourré de fine poussière jusqu'à l'orifice. 

Au sujet du bourreur, le bâton en bois "réglementaire" n'était guère prisé par les mineurs, parce que le bois s'abîmait rapidement de sorte qu'ils préféraient la tige en cuivre "défendue par l'Administration des Mines", laquelle tige présentait des risques d'étincelles allumant la poudre noire et la faisant exploser avant l'achèvement du bourrage de la mine.

Après le travail des mineurs, on forait des trous de pétards dans le banc desserré pour disloquer des blocs de pierre que l'on pouvait déplacer au moyen de forts leviers (hamindes).

Ensuite, un premier découpage est opéré au moyen de "spigots" = petites pièces en fer en forme de coin, à base triangulaire de 5 cm environ de longueur, que le "spigoteû" posait dans deux petites cavités préalablement creusées avec une ferrure pointue dans le bloc de pierre, vers les deux extrémités d'une ligne de fente, judicieusement repéré par le refendeur, qui n'avait plus qu'à frapper d'un coup sec avec le "ma" de 12kg environ, sur les deux spigots et le bloc était fendu de part en part.

Ces gros blocs de pierre étaient ensuite découpés par des ouvriers refendeurs (bouheûs) en tranches de deux ou trois décimètres cubes environ, pour être remontés hors galerie, sur des petits chariots roulant sur un decauville (voie à rails légers à écartement de 0,60m).

Ces petits blocs arrivaient à a surface, vers les "lates" ou "tue-vent" des épinceurs, qui en façonnaient les pavés de rue en toutes dimensions, soit des 10/16, 10/24, 12/18, 12/27, 13/20, 13/30, etc...; il y avait également les "platènes" et les "perlûzètes pour les revêtements de trottoirs.

Suivant l'aptitude du refendeur et la bonne présentation des tranches de pierre amenées aux épinceurs, ceux-ci confectionnaient deux catégories de pavés, les retaillés "lès r'tèyîs" (1ère qualité) et les bruts, généralement 50% de chaque sorte.

Le refendeur utilisait un ma (marteau) de 7 à 8 kilos pour fendre les tranches.

L'épinceur se servait d'un "stokeû" (marteau) pour refendre les tranches du refendeur, et ainsi arriver à la fabrication proprement dite des pavés avec son épincette, marteau d'1 kilo à 1klo 200 grammes.

L'épincette, comme d'autres marteaux, avait les deux faces de frappe opposées en forme concave, de manière à) présenter deux arêtes bien tranchantes par face; l'épinceur frappait pendant un certain temps avec la même arête, puis retournait le manche "li cawe" ou "queue" du marteau pour utiliser l'autre arête de la même face. Ensuite, un autre retournement s'opérait pour se servir de la 2eme face de rappe. Il va sans dire que tous ces marteaux devaient passer fréquemment chez le forgeron pour rétablir les arêtes usées (raw'hî lès mârtès).

Vers 1920, les petits pavés dits "mozaïques" ont fait leur apparition pour détrôner petit à petit les gros pavés, pour un roulement beaucoup plus doux, allant de pair avec la progression de l'ère automobile.

En 1935, un arrêté royal assimilait les carrières souterraines aux exploitations houillères et imposait, de ce fait, la tenue de plans des carrières et d'un registre où l'on consignait toutes les indications relatives aux dimensions des galeries, mesurées suivant la verticale, les cotes de niveau et les orientations des alignements, en degrés et minutes.

On a également et nécessairement opéré le mesurage, par triangulation, des parcelles de terrain en surface, de manière à fixer les limites de chacune des exploitations.

L'orientement du travail a été obtenu au moyen de la boussole.

La déclinaison magnétique de la boussole a été prise sur un méridien de la région liégeoise et corrigée, pour Comblain-au-Pont, suivant les renseignements donnés par M. Pauwen, professeur à l'U.Lg.

Pour l'époque, en 1935, ce travail constituait une entreprise importante réalisée de concert avec et sous la direction d'un géomètre des mines, M. Edmond Gose, de Liège, désigné à cet effet par M. Guerin, ingénieur principal des Mines, à Liège.

Les plans des carrières ont été dessinés à l'échelle de 1/200 (5mm par mètre), sur des feuilles de papier fort de 55 cm de largeur et d'1m10 de longueur, quadrillées en carrés de 10x10 cm, représentant des carrés de 20x20m. Les parties souterraines sont figurées à l'encre noire et les limites des terrains, en traits rouges.

Une copie des plans, sur toile, était remise à chaque exploitant.

Les plans sur papier fort et les registres étaient établis en double expédition, soit une copie confiée à l'Administration communale et l'autre, déposée à l'Administration des Mines.

Chaque année vers la fin décembre, j'avais pour mission de procéder au mesurage des avancements des travaux dans les galeries, que je reproduisais sur les feuilles de plans restées à la Commune. Ces feuilles, 1ère expédition, mises à jour, étaient reportées à Liège et je ramenais la 2e expédition à la Maison communale.

Ce processus a duré jusqu'en 1975, soit pendant une quarantaine d'années.

Une borne repère en béton, actuellement déterrée, de 30cm sur 30 cm et d'environ 70 cm de hauteur, avait été bétonnée sur place, à la limite des exploitations Toussaint et Cie et Renard Frères, à l'endroit où se trouvait encore la "Croix de St-Hilaire" également disparue, parcelles cadastrées Section D, n° 179b et 177i.

La cote de cette borne (= 196,7m) avait été établie par un nivellement partant de l'église de Comblain-au-Pont, dont la cote du seuil (= 110,27) figure sur la carte d'Etat-Major du Royaume.

Le centre de cette borne constituait également l'origine 0 des coordonnées rectangulaires de l'ensemble des surfaces des carrières de Géromont.

Cet ensemble avait environ, entre la première et la dernière carrière, une distance de quelque 900 mètres de longueur.

Au sommet de chaque rampe descendant vers les galeries, on plaçait une petite borne en pierre, dont la cote de niveau était déterminée en fonction de la cote 0 de la grosse borne en béton, laquelle se trouve à la cote 196,7 au-dessus du niveau de la mer.

Ces petites bornes reprises dans les opérations de "triangulation" de la surface constituaient les points de départ des mesurages par "cheminements" dans les galeries.

Les piliers et fronts d'exploitation étaient repérés soit par rayonnement au moyen du théodolite, soit par perpendiculaires sur l'un des côtés du cheminement.

Il est bon de rappeler qu'à cette époque, les galeries étaient éclairées au moyen de lampes à carbure, ce qui n'était pas toujours commode pour éclairer les lectures faites sur le théodolite, ainsi que les mensurations à noter sur le calepin de travail; notre aide-mesureur devait tenir la lampe à bout de bras, à hauteur de l'appareil ou du carnet de notes.

C'est seulement vers 1945 que l'on a installé l'éclairage électrique dans les galeries, mais il fallait toujours au moins une lampe à carbure pour éclairer l'endroit où l'on tirait des mines, étant donné qu'il était nécessaire d'enlever les ampoules qui se seraient brisées par les jets de pierres, lors du tirage de ces mines.

Je profite de l'occasion qui m'est donnée pour raconter un fait saillant et dangereux réalisé par M. Joseph Thomas de Géromont, qui avait entrepris et conduit à bonne fin, avec sa témérité et sa pugnacité bien connues, de percer presque verticalement plusieurs bancs de pierre sur environ 10 à 12m. d'épaisseur, comme une cheminée, en étant juché sur un échafaudage sommaire, qu'il fallait démonter à chaque tir de mine, pour éviter de briser ledit échafaudage avec la chute des blocs de pierre tombant à la verticale sur le sol en contrebas. Ce percement de la voûte a duré plusieurs mois, car Joseph effectuait ce travail, la plupart du temps, après journée et tout seul.

Une fois arrivé à la hauteur voulue, il fallait alors élargir petit à petit l'espace nécessaire pour pouvoir travailler avec un ou deux ouvriers, creuser la nouvelle galerie pour se diriger vers le point de sortie, afin d'aboutir à l'endroit fixé d'avance, à l'extérieur, où il ne restait plus qu'à aménager la rampe, avec decauville, pour la remontée des produits de la carrière.

Les anciens de l'époque avaient qualifié ce travail de véritable exploit, étant donné le danger permanent qu'un bloc de pierre resté suspendu ne vint à se détacher à un moment inattendu.

Voici une autre histoire à raconter, ou plutôt à rappeler, à l'actif du brave Joseph. Ayant entendu des bruits de bottes à l'extérieur de sa carrière, il s'est trouvé nez à nez, en septembre 1944, à l'entrée de son exploitation, avec des soldats allemands cherchant des prisonniers russes évadés, qui se cachaient précisément dans ses travaux.

Les Russes étaient deux. L'un s'est trouvé en face d'un soldat descendu dans la galerie et a fait feu sur lui, puis s'est sauvé dans l'obscurité la plus complète, dans les méandres des galeries et des tas de pierres, trébuchant à tout bout de champ, jusqu'à avoir trouvé enfin une anfractuosité où il s'est tapi sans plus bouger ni faire aucun bruit, jusqu'au moment où les Allemands étant partis, les ouvriers des carrières environnantes se sont mis à sa recherche en criant qu'il pouvait sortir de sa cache et revenir à la surface.

L'autre prisonnier russe, qui n'avait pas tiré sur le soldat allemand, avait été capturé entretemps et torturé dans un ancien wagon servant de réfectoire aux ouvriers de la carrière Henon.

Joseph Thomas fut embarqué avec d'autres ouvriers, dont des maquisards, pour le camp de Berveloo, où il fut heureusement libéré quelques jours plus tard par les Américains.

Histoire des carrières de grès

Dès le XVème siècle, des documents attestent que les carrières de Poulseur expédiaient par l'Ourthe les pierres nécessaires à l'érection des édifices liégeois et notamment aux réparations de la cathédrale Saint-Lambert.

En 1641, les carrières de grès de Géromont livraient des produits servant à des travaux opérés au monastère de Stavelot.

En 1653, le nouveau pont des Arches est pavé en grès de Poulseur.

Au XVIIIème siècle, débutait une ère de grande prospérité pour les carrières de grès à pavés de Poulseur et de Comblain, grâce à la construction des grandes chaussées à cette époque.

En 1734, la carrière de la Heid de Géromont, délaissée un certain temps, reprenait ses activités d'extraction. Etablie sur des aisances (1), un notaire fut chargé de recueillir de maison en maison le consentement des manants (2).

Dans les années 1800, les archives du département de l'Ourthe signalent l'existence de 4 carrières à Comblain occupant 16 ouvriers au total dont la production annuelle était de l'ordre de 300.000 pavés.

Dès avant le XXème siècle, l'exploitation se faisait en galeries souterraines. Ces carrières n'étaient pas dirigées par un patron mais formaient des exploitations familiales connues sous le nom de "grande piérîre" ou de "bévrîre". Y travaillaient père et fils ou frères ou oncle et neveu ou association de 2 ouvriers. Si les commandes étaient suffisantes, on pouvait y employer un ou deux ouvriers spécialisés (épinceur, écarteleur). On travaillait toute l'année, même si on s'absentait pour certains travaux des champs. Des maîtres de carrières passaient des contrats avec les exploitants et achetaient la production chaque quinzaine. Pour ce faire, le maître de carrière envoyait un "compteû" vérifier les normes du pavé, compter ces pavés par catégorie et apposer la marque du maître sur la productio (tache de couleur ou intiale gravée avec un petit maillet).

En 1857, voici le relevé des chiffres d'exploitation de carrières à Comblain-au-Pont :

Heid Leruth : 60 hommes

Carrière de Géromont : 25 ouvriers ; si la navigation était régulière, on pourrait engager 100 personnes pour une production d'un million de pavés !

Desaive : 16 carrières à pavés ; 47 ouvriers

Carrières de Géromont et Heid Keppenne : production en un an de 28.000 bordures et de 652.500 pavés.

Carrière "Henin" : route de Géromont : chiffres inconnus.

Bois de la Heid de Géromont : ouverture par décision du conseil communal, d'une carrière de grès dans un bois communal sur une étendue d'environ 3 Ha dont les bois de la partie boisée qui doit être coupée pour l'exploitation seront distribués gratuitement aux habitants.

Les relevés d'autorisation d'utiliser des explosifs nous donnent les renseignements suivants :

1889 : autorisation d'utiliser des explosifs donnée à Jules Denoël pour une carrière de grès à la Heid de Géromont.

1891 : même autorisation donnée à Alphonse Gillard pour une carrière de grès à pavés à la Heid Houssa et à Alexis Deward pour une carrière située route d'Aywaille.

1898 : à Joseph Bouvy de Sart : pierres à pavés pour la carrière située le long du chemin allant du Ry d'Oneux à Poulseur et aux sieurs Pironet, Wilkin et Julémont pour la carrière de grès du "brigaton".

1899 : autorisations accordées : au sieur Legros-Collaers de Poulseur : carrière de "Mont-Leva" ; aux sieurs Jarbinet : carrière au lieu-dit "Le Mérinet" sur le chemin de Douxflamme à Fraiture ; au nommé Paulus Alphonse pour la carrière de grès au lieu-dit "Au Halleux". 

1900 : autorisation d'exploiter d'anciennes carrières ou de nouvelles carrières donnée aux maîtres de carrières suivants :

Humblet Prosper de Sart-Poulseur : approfondissement de la carrière de grès exploitée dans la Heid de Géromont ; Dalem P.A. : carrière de grès au lieu-dit "Brigaton" ; Talier Augustin : carrière au lieu-dit "Manant" (3), le long du chemin de fer de Liège à Marloie.

Le XXème siècle

Le 29 septembre 1900, la commune de Comblain-au-Pont envoie une pétition à Monsieur le Ministre des Finances et des Travaux publics, sollicitant le détournement de l'Ourthe et de la route de l'Etat, en face du groupe des carrières communales de la Heid de Géromont. Les raisons invoquées sont de deux ordres : assurer la sécurité de la voie de grande communication et permettre une meilleure exploitation des carrières engorgées par les déchets d'extraction au point de bloquer le développement de leurs activités.

Le 3 août 1904, les ouvriers carriers de la Heid de Géromont envoient à leur tour une pétition manuscrite à Bruxelles concernant l'arrêt et l'abandon des carrières par manque de place pour déverser les déblais et les déchets à cause de la route de l'Etat et de l'Ourthe qui longe tout le site de Comblain-au-Pont à Comblain-la-Tour.

En 1908, Géromont comptait 92 "feux" pour 345 habitants dont 170 hommes (106 adultes actifs) et 175 femmes (116 adultes actives). Les deux professions les plus importantes en nombre sont : les carriers (78 personnes) et les cultivateurs (13 personnes). Trente-deux familles du village possédaient une ou deux vaches, parfois trois. Sept fermes sont recensées.

En 1924, la province organise des cours de formation de 'bons" ouvriers carriers (2 ans d'étude) à Esneux, Poulseur et Comblain.

L'évolution des carrières

L'évolution sociale, économique, technologique, le développement des échanges, d'abord régionaux, puis transfrontaliers ont depuis la seconde guerre mondiale, profondément modifié le visage de l'industrie extractive belge : dilution de la communauté des carriers, disparition progressive des petits patrons, mécanisation des chantiers, avance plus rapide des fronts d'exploitation, industrialisation des procédés et des produits.

L'impact, cependant, a été positif sur la qualité des produits, sur la sécurité et l'hygiène sur les chantiers mais négatif sur l'emploi direct et la diversité des produits proposés. Le nombre de sites a diminué rapidement avec le regroupement de certaines carrières en des sociétés de plus en plus puissantes dont certaines ont ensuite entamé leur extension internationale.

Dans le même temps, le marché est soumis à une concurrence étrangère très forte, en particulier des pays émergents, tant pour l'activité marbrière que pour le dallage des sols et des rues.

Le secteur, cependant, semble trouver une nouvelle dynamique liée à l'engouement pour les matériaux du terroir et les travaux de restauration couplés à un renouveau du tourisme culturel "d'un jour".

La carrière reste une "mal aimée" car elle est source de pollution diverses (bruit, vibrations des tirs, pollution des eaux, fumées et poussières, charroi lourd, consommateur concurrentiel d'espace, dégradation des routes, impact sur la valeur foncières des biens  des riverains, modification paysagère,...) et parce que ses intérêts sont devenus contradictoires avec ceux de ses voisins immédiats.

On ne peut nier les efforts entrepris (sous la contrainte ?) par les carrières qui ont, grâce à des techniques de filtration des poussières plus performantes, à des systèmes antibruit, à des écrans visuels, à la réduction des vibrations lors des tirs, à la gestion de l'eau d'exhaure, au réaménagement des sites après exploitation, contribué à améliorer le visage qu'elles présentent désormais au citoyen lambda. La grande majorité des entreprises du secteur étant des PME, elles subissent les exigences de la législation environnementale et les permis d'extraction sont accordés de plus en plus difficilement ; or, ce sont ces PME qui peuvent le mieux œuvrer à la transmission du savoir-faire et au maintien de la spécificité locale du bâti ainsi qu'à la restauration du patrimoine.

Je veux rappeler ici l'intervention de Monsieur Adolphe Léonard, conseiller provincial, lors de la session dudit Conseil d'octobre 1965 à propos de la pierre en Ourthe-Amblève. Dans son allocution à la tribune, après avoir souligné les énormes pertes d'emploi dans les carrières et l'impact négatif sur la région, Monsieur Léonard évoquait des possibilités d'action : donner la préférence à la pierre dans les travaux effectués pour compte de la Province ou par son intercommunale de voirie (aujourd'hui disparue), utiliser la pierre obligatoirement dans les travaux des sociétés d'habitations sociales et prévoir, au niveau de l'Urbanisme, l'obligation d'utiliser un pourcentage de ces matériaux dans toute construction. Si certaines de ces suggestions ont rencontré un certain succès, Monsieur Léonard ne pouvait imaginer, il y a quarante ans, que des espaces publics seraient pavés à l'aide de matériaux provenant d'Asie, par exemple.

Terminons par une note d'optimisme en signalant que certaines carrières, rendues à l'état sauvage, peuvent connaître une autre vie après l'arrêt de l'extraction (la carrière du petit banc à Géromont par exemple).

Source : C.T., Les carrières de grès, Echos de Comblain, juin et juillet 2006.

Géolocalisation
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