La chanterie de coqs

La chanterie de coqs

Texte de René Mladina à l'occasion de la 28e saison de la chanterie de coqs.

Informations

L'A.S.B.L. Chanterie de coqs de Géromont-Comblain - autrement dénommée "Lès Djoyeûs Cokelîs" - a entamé sa 28e saison, au café Chartier, à l'enseigne d' "A singlî". La saison débute, en effet, le premier dimanche d'octobre et s'achève le dernier dimanche de mars.

Les cokelîs (de Géromont, de Comblain, de Poulseur, de Tilff) ont donc repris le chemin du café de village, comme les enfants retrouvent celui de l'école. Fiers d'avoir un beau "cartable" ayant toutes les apparences d'un "bot", qui renferme cette intelligence, ce sacré, cette fascination que nul livre au monde ne peut offrir : le coq...

A l'école du dimanche matin, le coq est le maître, l'orateur écouté, et son vis-à-vis, le cokelî, qui est suspendu à ses lèvres en forme de bec, boit ses paroles, ses cocoricos, qu'il convient de noter consciencieusement...

L'on peut dire qu'à Géromont, faire chanter les coqs constitue une tradition assez ancienne. La première chanterie remonte à l'après-guerre de 1914-18, et se trouvait chez Camille Mignolet (maison actuellement occupée par les époux Dany Thomas). On ignore cependant combien de temps elle dura. On sait, par contre, avec certitude, que la "reprise", si l'on peut dire, eut lieu en 1965, et que la première séance se déroula dans une grange, appartenant à Félix Degrange. Mais il y faisait tellement froid que le dimanche suivant, la chanterie s'installait dans la salle des fêtes de l'Union Coopérative, et y resta jusqu'en 1983. Pour des raisons de sécurité et parce que l'immeuble était à vendre, les amateurs de chants de coqs déménagèrent au café Chartier, pour entamer la saison 1983-84.

"Marquez !" crie le président, Jules Leruse, à l'adresse des concurrents, assis sur le banc de bois, face aux loges.

Il est dix heures et le premier tour commence. Pendant le concours, il est interdit, dans la salle, de fumer, de faire du bruit (même tousser !) pour ne pas perturber ou arrêter les émissions de chants.

"Halte !" fait le même personnage, une demi-heure plus tard, dès que la sonnerie de sa minuterie, qu'il tient en main, marque la fin du concours.

Une demi-heure de pause, il est alors onze heures, et le second tour peut commencer.

Les amateurs réguliers participent à un championnat qui dure toute la saison. Chacun reçoit, à la fin de celle-ci, un prix en nature. La cotisation annuelle est de 100 F. Pour le concours hebdomadaire, la mise, par coq, est de 20 F minimum et de 50 F maximum, et le paiement des prix (en espèces) se fait après le deuxième tour. Au tournoi de Pâques (deux jours), la mise est de 50 F par coq et par jour.

La chanterie de Géromont réunit une trentaine de gallinacés chaque dimanche. Ses bénéfices - et pour alimenter la caisse il y a également les deux soupers annuels, au café même - servant à acheter les récompenses pour le championnat (dans les 25.000 F) et le tournoi de Pâques (environ 6.000 F), ainsi qu'à organiser la Saint-Nicolas des enfants du village et le goûter des pensionnés. Ces manifestations sont des réussites grâce aussi au dévouement des membres du comité : le président, déjà cité ; Josée Thomas, secrétaire-trésorière ; Alfred Paul, classificateur ; Dany Thomas et Victor Chartier, membres.

La chanterie de Géromont est aussi le rendez-vous de joueurs de cartes, qui, pour la plupart, sont des cokelîs. Cela veut dire qu'après avoir fait chanter leur(s) coq(s), ils tapent le carton (belote et rebelote), tout aussi passionnément, jusqu'à, parfois, en oublier l'heure du diner et le reste...

"Roger, remplis les verres !"

Ce n'est pas tous les jours dimanche... chez Chartier !

Source : René MLADINA, Cocorico ! La chanterie de coqs de Géromont entame sa 28e saison, Echos de Comblain, novembre 1993, p. 5 et 6.

Géolocalisation
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