Historique de l'éclairage électrique.
L'éclairage de nos routes remonte à 1906.
I. Compagnie d'Electricité de "Seraing Extensions".
Ce fut cette compagnie qui, dès le début, en vertu d'un contrat de concession, datant du 5 juillet 1906, installa et assura la distribution électrique sur le territoire de la commune de Comblain-au-Pont.
Des lampes à arc firent ainsi leur apparition au centre. Elles formaient une grosse boule contenant, comme on disait alors, deux "crayons" qu'il fallait souvent rapprocher l'un de l'autre ou renouveler. Cette tâche d'entretien était assurée par Joseph Jaspers. Il y avait un dispositif pour abaisser et relever ces lampes qui se trouvaient aux endroits suivants :
1) au pont du tram, rive gauche (et à droite du garde-corps, lorsqu'on traversait l'Ourthe; endroit encore occupé par de gros poteaux en béton);
2) au lieu-dit "è cizêwe" (place Neuforge), près de la maison "1939 pax";
3) sur la Grand-Place, près de l'entrée de la rue du Moulin.
Le coiffeur Iris Dardenne, demeurant "so l's-èyîs" (Place communale) était le préposé à l'allumage et à l'extinction des lumières à Comblain-centre. Pour ce faire, il fallait seulement remonter ou abaisser la manette qui se trouvait dans une boîte métallique cadenassée accrochée à une paroi extérieure du kiosque.
Nous ne savons pas la date exacte de la construction de ce "Kiyoche". Il doit forcément dater de 1906 ou 1907. En réalité, on fit d'une pierre deux coups : le transformateur fut aménagé là où il est encore actuellement, mais Joseph Lallemand, alors échevin de l'instruction, proposa de construire sur ce transformateur un kiosque qui servirait pour les concerts des "Artisans Réunis". Le kiosque, on le sait (et on le voit) n'a jamais été achevé...
L'installation de l'éclairage privé commença avec lenteur. Nous ne sommes pas parvenus à trouver le nom du premier Comblennois qui s'éclaira à l'électricité. Nous avons un seul renseignement pour 1908 : M. Augustin Bry-Grignard construisit alors sa demeure et y fit placer l'électricité.
A cette époque, l'éclairage électrique fut considéré comme un luxe. Aussi ne vit-on d'abord des installations que chez les gens "qu'avint bin l'moyin". Plus tard, chez les gens moins aisés, les ampoules furent d'abord placées de façon à éclairer, si possible, deux pièces. Chez d'aucuns, l'éclairage fut même placé dans une ouverture pratiquée dans une paroi mitoyenne de façon à éclairer simultanément deux pièces ou deux étables voisines.
Avant la première guerre mondiale, ceux qui étaient nantis de trois ampoules étaient à la pointe du progrès. Mais il ne fallait pas les allumer toutes en même temps sinon "li loumîre ataquéve a blawter" (vaciller).
Dans la salle de spectacle de la maison du peuple (al côpérative), il y avait avant 1914, un cinéma. L'appareil de projection y fonctionnait grâce à un moteur triphasé actionnant une dynamo à courant continu.
Au début de 1914, une bonne majorité de nos concitoyens jouissait de l'éclairage électrique. Mais au cours des hostilités, on vit réapparaître des bougies et les lampes à pétrole connurent à nouveau un beau succès (dans la plus grande parcimonie !...).
Rappelons ici que l'installation électrique se faisait alors le long des murs et contre les plafonds et que les premières ampoules avaient la forme d'une poire aux flancs rectilignes et à partie terminale s'ornant d'une petite pointe en verre.
Nous ne connaissons pas la date de l'apparition des premiers moteurs électriques dans nos carrières de grès. On se rappelle seulement que, bien avant 1914, le tout premier fut celui d'Anasthase Malemprée de Géromont.
Le 31 août 1948 marqua le dernier jour du contrat que Comblain avait conclu avec la "Compagnie d'Electricité de Seraing et Extensions" dont le siège d'exploitation était installé rue Digneffe, 24 à Liège et le siège social, rue du Congrès, 16 à Bruxelles.
Par fusions successives, la société de Seraing devint, en 1957, la "Société de Gaz et d'Electricité Hainaut-Liège" et, en 1961, la "Société Intercommunale Belge de Gaz er d'Electricité" (Intercom), laquelle est, entre autres, actuellement gestionnaire de l' "Intercommunale mixte Intermosane" dont le siège se trouve à Liège, rue Lambert-le-Bègue, n°42.
A la suite des bombardements du Val-Benoît, de nombreuses archives conservées avenue Digneffe ont été détruites. S'il en subsiste concernant notre commune, elles ne peuvent se trouver qu'au siège de l'exploitation de l' "Intermosane". Cette éventualité paraît néanmoins peu probable vu les divers changements intervenus et l'espace de temps écoulé.
Un souvenir de l'électricité fournie par Seraing est cette "cabine" (transformateur) située quai du Vignoble et qui porte, dans la pierre, le nom de la susdite société.
Deux Comblennois ont trouvé la mort dans cette cabine : François Nisin (le 20 décembre 1925) et François Wagner (le 2 juillet 1940) victimes de cette force incomparable mais implacable qu'est l'électricité.
II. L'Association Liégeoise d'Electricité.
L'A.L.E. fut fondée à Liège le 30 mars 1923.
Le 3 juin 1947, Comblain sollicita son affiliation à la susdite société coopérative intercommunale.
En ce qui concerne les lampes à incandescence (ampoules du type ordinaire) qui éclairaient les voies publiques, elles furent reprises par l'A.L.E. en 1948. Elles ne dataient pas d'une dizaine d'années.
III. La Télédistribution.
Le lundi 4 juin 1973, certains endroits de Comblain, la Grand-Place, par exemple, commençaient à capter la télévision en couleurs.
Le 30 octobre 1973, eut lieu en Belgique le premier "journal parlé" en couleurs et "Télédis" nous permit d'assister à cette innovation.
En cette année 1973, la télévision belge avait vingt ans d'existence. Le 1er janvier 1971, les premières images en couleurs avaient fait leur apparition à la R.T.B. (Radio-Télévision Belge).
Toujours en 1973, il y avait en Belgique 2.237.000 récepteurs en noir et blanc. On ne comptait encore que 51.000 téléviseurs couleurs.
IV. Vie de l'A.L.E.
En janvier 1975, cinquante-deuxième année de son existence, l'A.L.E. répondait aux besoins de 240 communes et comptait un personnel de 1.300 agents.
Le 24 janvier 1975, son personnel se réunit en assemblée générale pour entendre ses délégués lui faire rapport sur les derniers pourparlers engagés avec les représentants du Conseil d'Administration.
Il s'agissait d'une réaction "contre les mandataires politiques qui entendaient répartir eux-mêmes les avantages barémiques obtenus à la suite d'une action syndicale".
Les négociations ayant échoué, la grève fut effective le 25 janvier 1975. Le courant continua cependant à être fourni aux abonnés et les dépannages se firent par des grévistes volontaires; mais la télédistribution des programmes de télévision fut supprimée aux 150.000 abonnés du réseau "Télédis".
Le mardi 4 février 1975, les images noir et blanc et celles en couleurs refirent leur apparition sur les petits écrans.
Le jeudi 6 février 1975, le texte suivant apparut à la T.V. :
A.L.E. - Télédis
vous prie de l'excuser
de l'interruption de ses services
du 25-1-1975 au 3-2-1975
80fr. seront déduits de la facturation
par ses soins
Sources : Souvenirs de MM. Georges Dupont et Franz Coulée (père). Documentation de l'A.L.E. du 10/02/1975. Recherches personnelles
Emile Detaille dans "Les Echos de Comblain", juillet 1978.
