Li vôye di Sint-Mârtin

Li vôye di Sint-Mârtin

Il existait jadis un autre chemin pour accéder au cimetière de Saint-Martin.

Informations

Il arrivait parfois qu'à la récréation nous cessions brusquement nos jeux et nos cris, parce que, dans le chemin de Saint-Martin, à mi-côte de la colline, un convoi funèbre gravissait péniblement  le raidillon rocailleux pour conduire un défunt à sa dernière demeure.

Ceux qui ahanaient le plus étaient les "pwèrteûs" (porteurs du cercueil) qui devaient plus d'une fois, s'arrêter pour reprendre haleine et céder leur place à quatre autres porteurs (il en fallait huit, se relayant par équipe).

Les pwèrteûs étaient traditionnellement les voisins du défunt (4 à gauche et 4 à droite de la mortuaire).

Nous restions immobiles et silencieux et chacun devait enlever sa coiffure jusqu'après le passage du cortège. Ensuite, nous reprenions nos ébats. Avions-nous reçu de nos maîtres l'ordre d'observer ces marques de respect ? C'est vraisemblable.

Les défunts furent ainsi portés à bras d'homme jusqu'à l'abandon du cimetière de Saint-Martin qui eut lieu après l'ultime inhumation du 11 mars 1936 (décès de Marie-Mélanie Dalem de Mont, née le 29 mai 1860).

Nous ne savons pas à partir de quand cette voie de messe et des morts fut suivie mais nous avons appris par les vieux du village qu'elle fut précédée jadis par un autre trajet (depuis 1600 ?) qui empruntait le versant oriental de la colline. Cette route n'existe plus et les Comblennois modernes ne s'en souviennent évidemment pas. Elle s'amorçait près de la première église paroissiale, rue de l'Egalité et gravissait avec grandes difficultés le flanc du promontoire du côté de la rue du Moulin.

Son ascension était si malaisée, si pénible, qu'en hiver, pour assister aux offices, il fallait, sur son parcours, enfoncer dans le sol de nombreux piquets de fer auxquels on fixait des cordes de bateliers.

Quelles difficultés, plus grandes encore, pour les enterrements ! Et quelle longue et pénible odyssée pour les convois funèbres qui venaient de Hoyemont et d'Oneux par li vîhe vôye des mwèrts et le pont ou le passage d'eau de la place Neuforge ! Quelle horreur, pour tous les cortèges et les porteurs surtout, forcés d'entamer l'ultime étape avant d'arriver au champ de repos de Saint-Martin !

De tout  ce que nous venons de dire, nous retiendrons qu'il y a eu deux voies, à époques différentes, pour accéder à Saint-Martin.

Source : Emile Detaille, Li vôye di Sint-Mârtin, Echos de Comblain, n°1, janvier 1986, p. 6 et 7.

Géolocalisation
50.47635931934117 ; 5.574681758880615