Les DE COMBLEN(Z)
Famille noble à laquelle est attribuée la construction de la maison forte de Saint-Martin.
LA TRADITION nous apprend qu'il a existé chez nous, il y a très longtemps, une famille noble appelée de Comblèns (1) et portant le titre de comtes.
C'est à ces derniers qu'est attribuée la construction de la maison forte de Saint-Martin. Ils auraient régné sur la localité jusqu'au jour où se serait éteint le malheureux seigneur dont les deux fils s'entretuèrent en duel au pied des Roches-Noires. Nous avons raconté cette histoire, une légende vraisemblablement, dans le tout premier numéro des "Echos" en avril 1946. [ndlr : voir aussi dans la thématique contes et légendes]. Le dernier comte de Comblèns privé d'héritiers, aurait partagé ses biens entre l'Eglise et les pauvres. Et c'est ainsi que la terre de Comblain serait venue entre les mains des abbés-princes de Stavelot-Malmedy.
L'HISTOIRE nous enseigne, à son tour, qu'il a existé une famille noble à Comblain. Par ses armoiries simples, par les mentions anciennes de certains de ses membres et par sa disparition relativement tôt, on peut conclure avec certitude qu'elle est une des plus vieilles de la région.
LES ARMOIRIES des de Comblèns sont : "fascé de six pièces d'or et de sable". C'est ce que nous apprennent les héraldistes Hemricourt (2) (Miroir des Nobles de Condroz et d'Ardenne), de Rye (3) (Traité des maisons nobles du pays de Liège) et Otto-Ernest de Brialmont (dans son oeuvre manuscrite de 1679, conservée au château de Waillet-lez-Marche).
Mention de certains membres de la famille de Comblen(z).
Les éléments que nous connaissons touchant la famille noble de chez nous ne nous permettent pas de donner sa généalogie. Force nous est donc de citer des mentions isolées, relevées à des sources différentes : dans les archives de Stavelot-Malmedy, les chartes de Saint-Hubert, les pièces justificatives de la vicomté de Bra, etc...
Le 11 octobre 1146, Wibald, abbé de Stavelot, cède à Raoul de Comblenz et à sa femme Ide, les dîmes de Comblain appartenant au vestiaire des moines de Malmedy.
En 1147, Raoul (de Comblenz ?), associé à un certain Macaire (de Sougné ?), jette la terreur parmi les moines et leurs tenants, en ravageant cruellement les possessions de l'abbaye pendant une absence de l'abbé Wibald.
En 1175, Warner et Jean de Comblenz, ainsi que d'autres seigneurs, contresignent une pièce par laquelle Gilles, comte de Duras, assigne à l'abbaye de Stavelot une rente de 20 sols sur le village de Struvay.
En 1196, Wéry de Comblen est cité dans une donation de biens sis à Alleur, faite aux Cisterciens de Rosière par Marie, sa soeur.
En 1212, Thierry de Comblens, à la tête d'une coalition de seigneurs locaux, est en guerre contre l'abbé de Stavelot, assisté du comte de Laroche, son avoué.
Thierry de Comblain est encore connu par un conflit à propos de l'avouerie de Terwagne qui lui était contestée par l'abbaye de Saint-Hubert. Le Tribunal de la Paix trancha le différend le 28 mars 1216.
A partir du 1er quart du 13e siècle, le château de Comblain semble faire parler moins de lui. D'ailleurs, les anciens seigneurs ou avoués locaux ont disparu au point qu'on ne relève plus dans la région le nom de la famille de Comblain. Mais les armoiries de cette dernière se retrouvent intactes ou plus ou moins brisées dans les blasons d'autres souches nobles. Le crayon généalogique suivant va le montrer :
Breton de DAMMARTIN
d'Awir, de Lexhy, dit le Vieux de Waroux,
chevalier, sire et voué d'Awans, seigneur de Waroux,
de Geneffe et de Limont.
I
Humber (ou Hombier) de LEXHY
4e enfant du précédent,
chevalier, sire et voué d'Awans ; vivait en 1220.
I
Jean LOCREAU
ou Jean de Dammartin, d'Awir, de Lexhy, de Waroux,
9e enfant du précédent,
chevalier, possesseur de vastes héritages à Hody
et Comblain. Vivait en 1249. Armes : burelé d'or et de sable et de
six pièces. Cri : Comblen.
I
Une fille ... (nom inconnu)
qui épouse André, 5e fils de Renier de Velroux.
De ce mariage issurent : Jean de Parfondry (Parfonriwe
ou Parfondrieu), chevalier, vivait en 1272, 1298,... ;
André Brackes, Anseau de Lexhy, Baudouin de Panios et
d'autres enfants
Tous portent les armes des de Comblen et criaient : Comblen. Certains de leurs descendants brisèrent ces armes d'un lion de gueules. Hemricourt affirme aussi que les Fancon (lisez : Fanson), qui brisent l'écu de Comblain d'un crancelin, sont de même estoc.
A l'heure actuelle, nous ne connaissons pas encore l'origine des de Fanson ni les raisons de la ressemblance de leurs armes avec celles des de Comblain.
Les derniers textes que nous avons trouvés sur cette famille noble datent de 1380 et de 1391. Ils nous parlent d'un Henry de Comblien et de ses enfants Jacquemot de Comblien et Johanne de Comblien, épouse de Walthier de Froidcourt.
Tels sont les maigres mais intéressants détails que nous avons pu retrouver sur l'existence, les armes, le rôle et le sort des de Comblenz, vieille famille noble de chez nous.
Sources : "Histoire de Comblain-au-Pont" (1re partie) par E. Detaille et Louis Thiry, pages 18 à 30.
"Histoire de l'ancienne seigneurie d'Aywaille" par le Dr Thiry, tome I p. 20 (note 1) ; tome II p. 346 à 355 ; tome III p. 360à 364.
"Le Recueil des Chartes de l'Abbaye de Stavelot-Malmedy" par Halkin et Roland.
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(1) Prononcez le "s" final.
(2) "faischiet de sieez piechez d'or et de sable".
(3) ... maison de Comblen sur ourt... issue de Waroux qui porte facé d'or et de sable et en sont issu ceus de parfondrieu en ce mesme contour et portent le mesme come ausij ceux de hodijr ou hodir de pallaux et autres ; il y en at de ceste postérité qui portent le nom de Velroux et portent le facé sus dite couvert d'un lion de geul ; ceus qui se noment de fançon le traverse d'une bande de geul dentée en façon de guirlande de Saxe."
Emile Detaille, Les de Comblen(z) - famille noble de Comblain, Echos de Comblain, n°7, juillet 1952, p. 49 et 50.
