La Maison de Comblain.
Description de la maison forte de St-Martin par E. Detaille en 1956.
1. Notre région et ses souvenirs historiques.
Parmi les principaux témoins du passé que contient la terre d'Ourthe-Amblève aux abords de Comblain, il en est qui sont très peu connus -voire totalement ignorés- parce qu'ils sont enfouis dans le sol.
A cette catégorie appartiennent les substructions romaines d'Anthisnes, du Raideux et de Poulseur, ainsi que les tombes mérovingiennes de Fairon et de Sy et carolingiennes de Crèvecoeur (Esneux), de Fraiture-sur-Amblève, d'Oneux-Comblain, de Comblain-centre, de Xhoris, de Hamoir, etc...
D'autres vestiges de temps révolus sont, par contre, largement populaires parce qu'ils sont spectaculaires et, au surplus, auréolés de mystères et de légendes. Nous voulons parler non pas des brasseries et des moulins banaux ni des cours de justice, mais des castels féodaux que nous classerons tout de suite en deux séries bien distinctes, à savoir : les manoirs bâtis au centre de vastes plateaux agricoles et les forteresses perchées, tels des nids d'aigles, au sommet d'une falaise ou d'un promontoire escarpé.
Les premiers que nous venons de citer et que nous retrouvons à Vien, Anthisnes, Ouhar, Fanson, Harzé, etc... existent encore à l'heure actuelle dans toute leur intégrité et leur opulence de jadis. Leur aspect cossu reflète le travail, l'agriculture, l'élevage, la richesse, la paix et la joie de vivre. Ils sont l'orgueil de leur propriétaire.
Par un contraste frappant, les forteresses, maisons fortes ou tours de garde couronnant les falaises et pitons rocheux et boisés, difficilement accessibles et situées sur les bords de l'Ourthe et de l'Amblève sont, depuis longtemps, démantelées, rasées, détruites, abandonnées. Les restes de leurs sombres murailles et de leurs donjons menaçants évoquent instinctivement à notre esprit leur caractère belliqueux. Ces repaires étaient là pour la défense de frontières, la sécurité de despotes, de brigands et de faussaires, la surveillance de passages, le rançonnement des marchands et des voyageurs, le pillage et le terrorisme. Ils évoquent l'incertitude continuelle des populations, la misère permanente, les guerres privées et la mort.
A cette catégorie appartiennent les ouvrages fortifiés de Logne, de Comblain, de Poulseur, de Montfort (disparu), du Neufchasteau sur Emblève (en face de Raborive), etc... que jamais personne n'a pensé à relever de leurs ruines.
Nous avons cru opportun, avant d'aborder notre sujet proprement dit, de mettre en évidence un contraste aussi frappant sur un espace aussi restreint.
2. A "Saint-Martin".
Bien peu de Comblennois savent que les murailles d'enceinte du vieux cimetière de Saint-Martin, ainsi que la tour du même nom sont les ruines d'une demeure fortifiée qui a joué un certain rôle dans l'histoire locale. Pour eux, elles ne sont que les vestiges de l'avant-dernière église, démolie vers 1852, et du cimetière attenant, qui a cessé toutes activités seulement en 1936, au profit de l'actuel.
Nous voici de la sorte, amenés à parler exclusivement du "château-fort" de Comblain.
3. Les légendes du château.
Quelle est l'origine de notre petite forteresse ? Comme celle de la plupart des castels féodaux, elle se perd dans la nuit du moyen-âge et, seules, des légendes nous en parlent.
Voici quelques renseignements qu'invariablement Marie Pahaut, de Mont, nous a rapporté maintes fois : Les esclaves sont allés extraire, dans la Heid de Géromont, les pierres de grès dont ils avaient besoin pour la construction du château.
Ils sont restés près de cent ans pour ériger le manoir parce qu'ils n'étaient pas nombreux.
Ils travaillaient al quèrwèye (à la corvée) et ont relié les pierres avec du mortier comprenant dèl farène di wassin , de la farine de seigle.
Le seigneur qui était très méchant s'appelait li comte di Coblèns (prononcez le s final), le comte de Comblain.
Il existait un fossé à l'entrée du château ainsi qu'un pont-levis.
Un souterrain aboutissait au nord du château, soit aux petites grottes du moulin, soit aux Roches-Noires.
D'après Hortense Ninane de Géromont, ledit souterrain gagnait Géromont.
Aux dires d'Alice Moureau, de Valentine Henry, d'Hortence Ninane et de Mathieu Simon, de Géromont, ainsi qu'à ceux de Firmin Antoine de Comblain, les châteaux de Poulseur, Monfort, Comblain et Neufchasteau-sur-Amblève seraient des constructions des 4 fils Aymon auxquels les deux derniers correspondants ont ajouté la forteresse de Logne.
Enfin, s'il faut en croire Mlle Léopoldine Salmon de Xhoris, les premiers châteaux et les plus proches que l'on ait vu dans la région étaient ceux de Comblain et de Harzé (1)
4. Des chartes nous parlent du château de Comblain.
Nous avons consulté les archives officielles que nous a léguées l'abbaye de Stavelot-Malmedy.
Ces documents que le temps a bien voulu nous conserver, signalent en 1212 le castrum de Comble(n)s , le château de Comblain. En 1228, ils portent ces mentions : ... super castro de Longia (château de Logne et domo de Comblens (maison de Comblain) ; Longia et domum de Comblens ; ... de castro de Longia et de domo de Comblens. En 1228 encore, dans une autre charte : castra, terme collectif pour désigner les châteaux de Logne et de Comblain. En 1229, enfin : ...super castro de Longia, domo de Comblens.
Des siècles passent et les textes restent muets sur l'histoire du château (ou maison) de Comblain.
Il nous faut patiemment attendre Robert de la Marck pour ouïr reparler, en 1532, 1537 et 1562, de notre demeure féodale.
Mais à partir de cette dernière date c'est, semble-t-il, de nouveau le silence.
Si nous analysons les mentions latines que nous venons de faire, nous constatons que notre petite forteresse n'est que deux fois baptisée castrum (château-fort) et cela dans des documents de l'an 1212 (deux citations) et dans un autre daté de 1228.
A partir de 1228 et jusqu'en 1562 (vraisemblablement même jusqu'au début du 17e siècle, époque où l'église paroissiale dédiée à saint Martin fut érigées à l'emplacement même de la demeure féodale), nous ne rencontrons plus que la dénomination : maison de Comblain, que nous avons choisie pour titre de la présente étude.
Ce terme nous révèle l'existence d'une demeure fortifiée certes, mais pas au point d'être appelée véritable forteresse comme celle de Logne. Le domus de Comblain était beaucoup plus modeste ! Mais si nous le comparons à la ferme fortifiée de Fairon qui s'appelle encore à l'heure actuelle li mêzon, nous devrons reconnaitre que notre petit château était mieux situé, plus vaste et mieux défendu. Bref, que ses caractères féodaux étaient beaucoup mieux marqués.
5. Les ruines, elles aussi, nous parlent...
Bien que chacun de nous ait eu l'occasion de voir Saint-Martin d'innombrables fois, il n'est pas sans intérêt, croyons-nous, d'en décrire les ruines et de montrer combien notre petit "château" répondait à sa destination de maison fortifiée.
Si insignifiantes que soient ces ruines, elles contiennent des particularités architectoniques que beaucoup de concitoyens n'ont jamais observées avec les yeux curieux d'un chercheur local.
A. Le site.
La première constatation à faire est que le château a été construit intentionnellement sur le mamelon rocheux dominant le village. Ce site de choix lui offrait des avantages stratégiques non négligeables : abri et défense aisée. Il lui facilitait singulièrement -surtout au début- sa mission de guet et de surveillance de la vallée; il entravait l'élan et la position commode d'éventuels assiégeants.
Au surplus, le sol de Saint-Martin est sec, donc très sain, et dans les profondeurs qu'atteignait peut-être un souterrain (?), coule le mystérieux ru du moulin, qu'on n'a jamais vu tarir et qui pourrait très bien avoir été utilisé en cas de siège, pour le ravitaillement sûr du château en eau potable.
B. L'ensemble des constructions.
Avant d'aborder l'examen de la tour et des murailles extérieures subsistantes, jetons un coup d'oeil à l'ensemble des ruines.
On s'en rend compte tout de suite, il ne s'agissait point ici d'un simple donjon seigneurial comparable à celui de Poulseur, par exemple, mais bien d'un ample refuge dont la vaste superficie occupait le sommet d'un éperon rocheux, d'ascension plutôt malaisée, mais de défense facile.
Ce refuge, établi au sommet et à l'extrémité d'un promontoire, se composait d'un donjon central, de bâtiments divers et d'une vaste enceinte de plan barlong se modelant sur les bords du plateau.
C. Le donjon ou tour de St-Martin.
Nous nous tournerons d'abord vers les ruines les plus importantes : celles de la tour qui est si chère à tous les Comblennois et qui domine si bien la localité qu'elle en est presque le symbole.
Cette jolie tour, toute drapée de lierre fut, à l'origine, le donjon du petit château-fort de Comblain.
Quand les fortifications n'eurent plus de raison d'être et furent démantelées pacifiquement, vers l'an 1600, semble-t-il, on conserva intacte cette tour à laquelle on accola le corps de la nouvelle église paroissiale destinée à remplacer celle, devenue trop exigüe de la rue de l'Egalité.
Vers 1851-52, cette église vétuste, d'accès difficile et devenue trop petite à son tour, fut démolie au profit de l'actuelle (1853) mais sa tour-donjon échappa une seconde fois à la destruction.
En 1886, elle fut solidement restaurée grâce à l'initiative de M. H. Dimbourg, bourgmestre, et à la contribution pécuniaire de généreux admirateurs. La construction du plancher de la tour coûta à elle seule 1.100 frs.
En 1933, la tour St-Martin, ainsi appelée d'après le nom du patron de l'église démolie, eut l'honneur d'être classée par la Commission Royale des Monuments et des Sites, en raison de sa valeur archéologique, historique et pittoresque.
Il est regrettable qu'à l'heure actuelle, elle soit lamentablement abandonnée et que sa porte s'ouvre à n'importe qui.
Le donjon, rappelons-le, était le réduit de la défense, l'ultime bastion de la place. C'est à son sommet que se détachait en permanence la silhouette du guetteur surveillant et scrutant des horizons souvent incertains.
C'est, sans le moindre doute, pour ce motif, que la tour fut bâtie au centre des autres constructions et fortifications et fut munie des murailles les plus épaisses et les plus élevées de la forteresse.
Le donjon cachait-il alors quelque issue dérobée ? L'entrée d'un escalier dissimulé ? L'accès d'un souterrain ? Veille-t-il encore sur mes mystères du moyen-âge ? Ce sont là des secrets qu'on n'a jamais eu la curiosité de percer.
La tour, qui nous apparait comme carrée et très massive, est consolidée extérieurement à sa base par trois contreforts obliques : un au couchant et deux au levant, rejoignant la verticale des murs vers 3,70 m de hauteur.
Compte tenu de ces contreforts, les dimensions de la tour vers sa base peuvent être établies comme suit : côté nord, 7,88 m ; côté sud, 6,17 m ; côté est, 6,05 m ; côté ouest, 6,20 m.
A l'intérieur, elles s'établissent comme suit : 3,88 m au nord ; 3,67 m au sud et 3,64 tant à l'ouest qu'à l'est.
Mise à part la porte d'accès qui est romane et mesure 1,81 m de large sur 2,77 m de hauteur, les murs du donjon paraissent, à l'heure actuelle avoir été orbes.
Neuf petites bouches d'aérage dont certaines sont percées assez bas, à savoir, de 0,87 m à 1,54 m du pavement, nous permettent d'avoir une idée de l'épaisseur des murailles : 1,25 m à l'occident ; 1,04 m au levant et 1,14 m au midi. Quant à la baie de la porte, elle nous permet de relever 1,13 m au septentrion.
Si nous levons les yeux, nous constatons que le plancher du premier étage repose sur ce qu'on appelle des "cwèrbâs" ou corbeaux, grosses pierres scellées dans les murailles et faisant saillie à l'intérieur du donjon pour servir d'assise aux poutres supportant le dit plancher.
Nous relevons cinq corbeaux dans chacun des murs est et ouest et quatre dans chacun des pans nord et sud.
Le second étage dont nous apercevons les corbeaux grâce à une ouverture en trappe pratiquée dans le plancher du premier s'élève à une hauteur telle que nous pouvons raisonnablement supposer l'existence au temps jadis d'un troisième étage.
Nous estimons à 13 m, la hauteur des murs de la tour, et 16,50 m la hauteur de celle-ci au point de réunion des 4 pans du toit.
Pour en finir avec ces ruines, signalons que les extrémités du mur regardant au midi sont respectivement à 11,54 m de l'enceinte et à 7,70 m de celle de l'ouest. Quant à la muraille nord du donjon, ses angles sont à 11,17 m du mur d'enceinte du levant et à 6,13 m de celui du couchant.
Ces mensurations nous permettent de dire que la largeur intérieure de l'espace occupé par la maison forte de Comblain était d'environ 25 m.
D. Les murs d'enceinte du château.
Après avoir examiné les restes du vieux donjon, tournons-nous vers les murs en mauvais état qui délimitent le champ de repos désaffecté depuis 1936.
Ils ne paraissent pas être des vestiges féodaux et semblent ne dater que du début du XVIIe siècle, c'est à dire de l'époque où, à l'exception de la tour carrée et de quelques pans de murailles, la maison forte, désaffectée, fut démantelée et ses matériaux réutilisés sur place pour l'érection de l'église paroissiale (1) et la construction de la clôture du cimetière circonvoisin.
Des anciennes murailles d'enceinte qui ont dû être détruites et réédifiées à plus d'une reprise au cours des vicissitudes du Moyen-Âge. Il semble ne rester que la partie inférieure d'un ressaut de forme trapézoïdale et de deux tourelles d'apparence semi-circulaires, visibles dans le mur ouest.
Tourelles et ressaut ont d'ailleurs une épaisseur de soixante-cinq centimètres tandis que la clôture actuelle n'en a que cinquante. Il est raisonnable de supposer que celle-ci est bâtie à l'emplacement même des murailles primitives. C'est ainsi qu'au couchant, le mur du 17e siècle relie directement le ressaut aux deux demi-tourelles.
La démolition des murailles et leur reconstruction au 17e siècle a malheureusement fait disparaitre toute trace des harpes des édifices qui jadis s'élevaient à l'intérieur du château.
Au surplus, le creusement de tombes pendant près de trois siècles et demi, à détruit à jamais tout espoir de retrouver des bribes de la distribution des bâtiments, nous ne serons vraisemblablement jamais à même de reconstituer le plan terrier de notre petite forteresse.
La clôture dont nous venons de parler n'a, à l'intérieur du cimetière, qu'un mètre de hauteur. Elle est en grès en majeure partie et couverte de dalles de même nature.
Cependant, le mur qui contient la grille d'entrée et une partie de ceux qui lui sont perpendiculaires, sont en petit granit. Ils ont été érigés en-dehors des limites de l'ancien château dans le but visible de donner de l'extension au champ de repos.
C'est dire que la courtine septentrionale de l'ancien château a disparu complètement. Elle prenait naissance à l'extrémité de la demi-tourelle nord et courait parallèlement au mur actuel qui contient la grille.
Diverses personnes (2) conservaient le souvenir d'avoir entendu les anciens du village parler de cette courtine qui contenait "li pont lèvis", le pont-levis et était précédé au nord d'un fossé sec et profond séparant la maison forte du reste du plateau (endroit le plus vulnérable).
E. Li grande torète.
La grande tourelle, c'est ainsi que les vieux Comblennois appellent encore les débris d'une tour d'angle dont la forme rappelle celle d'une anse de panier. Cette demi-tour reliant les murailles sud et ouest et bâtie à même le roc a une hauteur extérieure de 4,30 m et intérieure de 85 cm seulement ; cette forte différence est due sans doute au nivellement ultérieur de l'aire du cimetière. Son épaisseur est de 65 cm.
Les pans subsistants nous intéressent tout spécialement parce qu'ils contiennent encore quatre meurtrières intactes dont la partie supérieure est une dalle.
Rappelons qu'une meurtrière (en wallon, ine calonîre) était une ouverture pratiquée dans une muraille afin de pouvoir épier aisément l'approche et les mouvements de l'assaillant et d'être à même de lui envoyer des projectiles tout en ayant le maximum de chance de ne pas en recevoir.
C'est pour cela que les meurtrières étaient évasées de l'intérieur et se terminaient à l'extérieur par une très mince ouverture, parfois réduite à une fissure.
Nous croyons intéressant d'en donner les dimensions, d'autant plus que sur les bancs de l'école on ne nous en a jamais donné une idée exacte. Les voici donc, énumérées de gauche à droite, en les regardant de l'intérieur.
Distance de la naissance du mur à la première meurtrière : 1,60 m.
Première meurtrière : largeur 40 cm ; hauteur 40 cm.
Largeur extérieure moyenne : 5 cm ; hauteur extérieure 40 cm.
Elle s'amorce à 20 cm du sommet actuel du mur.
Distance entre la première et la deuxième meurtrière : 49 cm.
Deuxième meurtrière : largeur 40 cm ; hauteur 41,5 cm. La largeur et la hauteur extérieures sont impossibles à déterminer vu l'intense végétation d'un lierre. S'amorce à 30 cm du sommet actuel du mur.
Distance entre la deuxième et la troisième meurtrière : 2,26 m.
Troisième meurtrière : largeur 56 cm ; hauteur 41 cm.
Largeur et hauteur extérieures difficilement déterminables pour le même motif que ci-dessus.
S'amorce à 33 cm du sommet actuel du mur.
Distance entre la troisième et la quatrième meurtrière : 47 cm.
Quatrième meurtrière : largeur 53,5 cm ; hauteur 47 cm. Largeur extérieure 13 cm ; hauteur 28 cm. S'amorce à 33 cm du sommet actuel du mur.
Distance de la quatrième meurtrière à la fin du mur : 2,40 m.
Toutes ces dimensions nous permettent de dire que les longueurs de l'anse du panier sont respectivement de 9,398 m à l'intérieur et de 11,33 m à l'extérieur.
F. Le ressaut.
Les débris encore visibles de l'extérieur de l'enceinte et actuellement comblés de détritus à l'intérieur sont tout ce qu'il reste d'un ouvrage avancé ou d'une tour flanquante.
Son épaisseur est de 65 cm ; sa longueur atteint 4,45 m à l'extérieur et 3,15 m à l'intérieur. A l'extérieur sa largeur atteint 1,50 m au sud et 1 m au nord. A l'intérieur, elle est de 1,35 m au sud et de 0,85 m au nord. Sa hauteur, à l'extérieur de l'enceinte est de 1,87 m.
G. Li p'tite torète.
La petite tourelle. Comme nous l'avons dit plus haut elle était à l'origine une tourelle d'angle de laquelle partait la courtine contenant le pont-levis.
La hauteur actuelle de cette tour ruinée est de 1,12 m à l'intérieur du cimetière et de 2,23 m à l'extérieur.
Son épaisseur est de 65 cm.
Elle n'est pas non plus (pas plus que la grande tourelle) en forme de demi-cercle.
Vu de l'intérieur, l'arc mesure 7,11 m ; vu de l'extérieur il atteint 7,87 m.
La distance entre les deux extrémités de l'anse est de 3,30 m.
L'axe perpendiculaire à la direction du mur de clôture est de 2,50 m.
Cette "torète" contenait une meurtrière disparue avec l'écroulement récent de cette partie de la muraille.
H. A-t-il existé d'autres rouelles d'angles ?
Il est très possible qu'il ait existé une tour à chaque angle des murailles, et même pourquoi pas ? Une de chaque côté du pont-levis, endroit où un assaillant pouvait sans fatigue, arriver de plein pied.
En tout cas, une gravure ancienne représentant l'église de Comblain avant 1794 (3) (voir cliché de la page 10 de l' "Histoire de Comblain" par E. Detaille et L. Thiry) montre les restes d'une tour d'angle à l'intersection des murailles nord et est.
Un mot à propos des de l'épaisseur des murailles.
D'aucuns trouveront que - le donjon excepté - les murailles anciennes sont relativement peu épaisses. Cela provient vraisemblablement du fait que le château était destiné à servir de demeure (les anciens documents disaient bien "la maison de Comblain") et non la forteresse comme à Logne, où la destination était essentiellement militaire.
A qui devons-nous la conservation des ruines du Mont St-Martin ?
Au curé Bodson d'abord, qui déclare dans une lettre qu'il a "laissé subsister la vieille tour carrée de l'ancien temple et les derniers débris du vieux fort pour ne pas nuire à la beauté du paysage".
Au bourgmestre Dimbourg ensuite qui, comme nous l'avons dit plus haut, parvint à réunir les fonds suffisants pour restaurer solidement la tour.
A la Commission Royale des Monuments et des Sites, enfin, qui a classé le vieux donjon en 1933.
Hélas à l'heure actuelle, les murailles de clôture et la petite tourelle se disloquent et s'écroulent lentement sans que personne ne s'émeuve ni ne réagisse. C'est vraiment regrettable.
Et ainsi se termine la description des ruines de notre petite maison forte, description qui a pu être réalisée grâce à l'extrême amabilité et à la patience de nombreux amis à qui nous adressons ici nos bien sincères remerciements.
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(1) Il semble que ce rapprochement entre Harzé et Comblain repose sur un fond de vérité mais fasse allusion au fait que les châteaux des dites localités ont été parmi les derniers à survivre dans la région et, au surplus, ont été tous deux en la possession de Robert de la Marck, bâtard d'Everard IV : Harzé dès le 10 janvier 1519 et Comblain en 1532.
(2) Démolie vers 1850-51.
(3) don de Mme Marie Pahaut, de Mont, et M. Armand Grignard.
(4) Dessin de Xhrouet des Collections de M. le Chevalier de Theux de Montjardin.
Source : Emile Detaille dans "Les Echos de Comblain" d'août 1956 à janvier 1957.
