Histoire du sceau communal
Il nous faut remonter à 648 lorsque saint Remacle, moine limousin, est chargé par Sigisbert, roi des Francs, de l'évangélisation d'une région de l'Ardenne : c'est la date de la fondation de Stavelot.
L'abbaye double de Stavelot-Malmedy eut un rayonnement spirituel et politique important tout au long du Moyen Âge. Erigée en principauté ecclésiastique rattachée au Saint Empire Romain, son chef portait le titre de Prince-Abbé.
Dès 1048, les conflits commencèrent entre les deux monastères, l'abbaye de Malmedy supportant mal la suprématie que lui imposait celle de Stavelot.
Suite à cette longue rivalité, comme Stavelot possédait saint Remacle comme protecteur, Malmedy choisit saint Quirin, un rival d'envergure.
C'est en l'an 95 qu'accompagné de deux autres moines, saint Quirin reçoit la mission d'aller convertir les Gaulois. Lors de ce voyage, à Vaux-sur-Meulan, la légende raconte qu'un dragon terrorisait la population. Saint Quirin calme la fureur du monstre, le conduit en se servant comme laisse de l'étole d'un de ses compagnons et le fait disparaitre.
Les prêtres idolâtres, perdant leur influence auprès de la population, portent plainte contre eux. Les trois religieux sont arrêtés à la Roche-Guyon en 119 et, refusant de renoncer à leur foi, sont décapités. Le soir même, à minuit dit la légende, les trois corps se lèvent de terre, prennent leur crâne entre les mains et gagnent l'ile de Gagny où ils sont enterrés par des fidèles. Un prieuré sera édifié à Rouen pour accueillir leurs reliques.
Ce sera en 808 qu'Odulphe, gouverneur du monastère de Malmedy et favori du roi, obtint de Charlemagne le corps entier de saint Quirin avec quelques reliques de ses compagnons que l'on retira de l'église Saint-Nicaise à Condé où les reliques avaient été mises en sécurité.
La principauté de Stavelot-Malmedy était partagée en "communautés". Parmi celles-ci, figurait le comté de Logne, lui-même divisé en quatre "quartiers" : Ocquier, Hamoir, Louveigné, COMBLEN.
Dès le XIVe siècle, la Haute Cour de Justice de Malmedy est le tribunal d'appel d'un grand nombre d'échevinages subalternes (dont celui de Comblen). Le sceau de cette Cour comportait un saint Quirin foulant aux pieds un monstre et tenant entre les mains la partie supérieure de son crâne, ce saint étant le patron principal du chapitre de Malmedy.
En 1444, saint Quirin figure sur le sceau de la Cour de Justice de Comblen. Ce sceau sera maintenu jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.
Dans son ouvrage bien connu intitulé : "Sceaux des Villes, Communes, Echevinages et Juridictions civiles de la province de Liège,..." feu M. Edouard Poncelet, conservateur des Archives de l'Etat, à Mons, mentionne trois sceaux de Comblain, dont le premier n'est pas reproduit.
Ce premier, qui date du XVe siècle, nous est seulement connu à l'état fragmentaire. Il représente saint Quirin et porte ce bout de légende mutilée : "...NOR DE COM..." Ce sceau échevinal accompagnait la charte n°125 du 20 juillet 1444, reposant alors aux Archives de l'Etat à Düsseldorf et actuellement à Liège.
Le deuxième sceau porte un ecclésiastique (saint Quirin) et la légende : S. DEL HAULT JUSTICE DE COPLI, Archives de l'Etat à Liège, Chambre impériale, procès n°62158, record du 16 mai 1650, émanant de la "curia alta et justicia districtus Comblenensis in comitatu longiensi" (haute cour de justice du ban de Comblain au comté de Logne).
sur le troisième sceau, on distingue un personnage nimbé, accosté des lettres S.Q. et tenant enchaîne le dragon symbolique avec la légende : SIGILLUM ALTEA CURIAE COMBLINENSIS (sceau de la haute cour de justice de Comblain) : Archives de l'Etat à Liège, 27 février 1734; 6 décembre 1735. (ce dernier cachet est possession du musée de Comblain).
Le 24 novembre 1947, le Conseil communal de Comblain-au-Pont décidait (sur la demande du musée local) de solliciter auprès de M. le Ministre de l'Intérieur et auprès du Conseil héraldique... l'autorisation de faire figurer, sur le sceau municipal, l'emblème héraldique qui, des siècles durant, fut reproduit sur les divers actes émanant de la Haute Cour de Justice de Comblain. (résumé de l'article : DU SCEAU SCABINAL AU SCEAU COMMUNAL publié par M. E. Detaille dans le n°6 de juin 1948 du mensuel LES ECHOS DE COMBLAIN).
Le 8 novembre 1950, M. le Ministre de l'Intérieur constatait que la municipalité avait approuvé l'usage officiel et public du sceau susdit... et que le désir de notre commune pouvait être satisfait. Le 29 novembre 1951, le susdit Ministre constatait qu'aucune réponse n'était parvenue à son département. Il semble donc que le Collège de l'époque ait renoncé à donner suite. Tous les intervenants étant décédés, nous n'en connaîtrons jamais la raison. (recherches effectuées par M. A. Castermans en novembre 2000).
Le Conseil communal, en date du 22 octobre 2002, sollicitait du Gouvernement de la Communauté française la reconnaissance du nouveau sceau communal décrit ci-après : "un saint Quirin terrassant un dragon" (cette demande était accompagnée du dessin du nouveau sceau communal créé par Mme Béatrice Bedeur). Le 17 juillet 2003, par un arrêté de l'Exécutif de la Communauté française, M. le Ministre C. Dupont approuvait le nouveau sceau communal.
Source : Cyrille TAHAY, Histoire du sceau communal, Echos de Comblain, octobre 2005, p. 78 et 79.
