Histoire de la paroisse de Comblain-au-Pont et de celles qui en sont issues.

Histoire de la paroisse de Comblain-au-Pont et de celles qui en sont issues.

Informations

L'histoire d'une commune serait incomplète si, à côté des "événements" historiques, politiques, administratifs, économiques, éducatifs, linguistiques et folkloriques, d'une part, et des "réalités" des sciences naturelles (géographie, géologie, faune et flore), d'autre part, il n'était réservé à la vie religieuse, la place qui lui revient.

En ce qui concerne Comblain-au-Pont, cette dernière présente un intérêt tout particulier.

D'abord, la paroisse de Comblain est une des plus anciennes de la région et elle occupe un territoire exceptionnellement vaste, à savoir celui de trois communes actuelles et celui de trois hameaux répartis sur trois autres communes.

Ensuite, elle faisait partie, jusqu'à la révolution française, de la principauté de Stavelot-Malmedy qui avait à sa tête un prince-abbé. C'est dire que l'histoire politique elle-même de Comblain est déjà imprégnée d'esprit religieux.

L'étude qui va suivre est inédite. Elle nous a demandé de longues années d'investigations et nous l'avons, comme il se doit, basée entièrement sur les sources les plus directes : les documents authentiques des archives de l'Etat, des communes et des cures et les témoins archéologiques.

Nous osons croire qu'elle intéressera tous nos lecteurs malgré les lacunes inévitables et parfois considérables qu'elle contient.

1) Point de départ.

Pour prouver la haute antiquité de l'église et, par là même, de la paroisse de Comblain-au-Pont, il nous faut, non seulement montrer que la localité elle-même remonte à un passé très lointain, mais encore, mettre en relief l'importance économique et politique de la commune.

Car c'est bien de ces facteurs que découle logiquement, la nécessité de la fondation, en son sein, d'une église qui devait répondre au but direct et immédiat des successeurs de saint Remacle : évangéliser notre région et donner à sa population la possibilité de mettre leurs enseignements en pratique.

2) Antiquité de Comblain-au-Pont.

Le territoire comblennois a été, sans interruption, occupé depuis la période préhistorique.

"A l'époque mésolithique", intermédiaire entre le paléolithique et le néolithique, le plateau de Hoyemont et d'Oneux, ainsi que la partie du Chession, voisine du Pic Napoléon, ont été habités par des hommes du tardenoisien. Le Musée "Ourthe-Amblève" de Comblain expose dans ses vitrines, une série de microlithes datant de cette période.

"A l'âge de la pierre polie", ou néolithique, les hauteurs de la commune, presque sans exception, et principalement, les campagnes du Raideux, de Mont, de Hoyemont et d'Oneux, ainsi que le sommet de la Roche-Noire, sans oublier le promontoire de Saint-Martin, Fraiture, Géromont et même Comblain-centre ont été habités par des populations robenhausiennes dont de nombreux témoins de l'outillage, de l'armement et de la taille sur place, sont également visibles dans la salle de préhistoire du Musée local.

"A l'âge du fer", le plateau du Chession semble - de l'avis de hautes compétences - avoir été occupé et fortifié (1).

"De l'époque gallo-romaine", il reste, au Raideux, dans le sol du plateau cultivé, les fondations d'une villa ou domaine agricole mesurant cinquante-trois mètres sur dix-sept. Les nombreux objets y découverts permettent de dire que ses exploitants étaient bel et bien des Condruses, donc des Gaulois romanisés. (Une fibule et une rouelle sont franchement gauloises, ainsi que certaines poteries semble-t-il).

Par ailleurs, la commune est sillonnée par de nombreux chemins que les vieilles personnes ont toujours qualifiés de "romains" : tige de Dinant (2), tige de Bavai (3), tige de César (4) et autres voies secondaires (5).

"Sous la domination franque", le territoire de Comblain a fait partie de la principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy, et y est resté incorporé jusqu'à la fin de l'ancien régime, en 1794.

Nous avons montré dans notre journal (6) que, vers l'an 648, Comblain a dû être englobé dans la donation territoriale que fit Sigebert 3, Roi des Francs, à saint Remacle, pour ses monastères de Malmedy et de Stavelot.

Nous avons également exposé (7) que, de l'an 870 à l'an 880, la limite entre les communes de Comblain-au-Pont et d'Anthisnes servit de frontière entre la France et l'Allemagne, Anthisnes appartenant à la France et Comblain, par conséquent, à L'Allemagne.

Ajoutons qu'un diplôme du 6 septembre 885, accordé par le roi Charles-le-Gros, semble avoir pour objet, notre village d'Oneux (8).

De la période franque, il reste comme souvenir, dans notre commune, quelques endroits de sépulture en plein champ : celui de Comblain-centre, assez important, situé rue Large (9), celui d'Oneux, au lieu-dit "d'rî l'banc" (10) et ceux, 'car ils paraissent être au nombre de deux - du village de Fraiture (11).

Même si les populations d'alors étaient peu denses, elles montrent en suffisance l'attrait exercé sur elles et cela, sans discontinuité, par le site de Comblain.

Nous ne saurons malheureusement, sans doute jamais, quand notre village est né. Forma-t-il d'abord un petit clan de préhistoriques ? Fut-il habité par des Gaulois et porta-t-il d'abord un nom celtique ? tel que "Comboros" qui signifie "confluent" et semble avoir influencé le latin "confluentes" d'où est né Comblain ? (12)

Les documents qui auraient pu nous éclairer sur les anciennes graphies du nom de notre village ont disparu et il nous faut attendre les années 1130 - 1131 pour voir apparaitre les premières mentions.

A cette époque, le ban de Comblain est déjà prospère ainsi que nous allons le voir au chapitre suivant.

Une autre réalité doit, au surplus, retenir notre attention ; c'est la citation du hameau de Comblinay à la même date que Comblain, "Comblinay" signifiant, sans le moindre doute "Petit Comblain", comprenez "petite agglomération née à côté de Comblain", il faut en conclure que ce hameau est plus récent que Comblain, autrement dit que Comblain existait à coup sûr avant 1130. Nous en avons la preuve formelle dans l'existence du cimetière franc, long d'une cinquantaine de mètres et situé dans la rue Large.

3) Importance économique de Comblain en 1130.

Le tout premier document connu, relatif à Comblain, émane de l'abbaye de Stavelot-Malmedy et nous apprend qu'en 1130-1131, notre territoire possédait trente-quatre manses ou exploitations agricoles avec leurs maisons et dépendances. A cette même date, Xhignesse n'en avait que sept et quart et Fairon, sept. Stavelot lui-même, la capitale de la principauté dont nous dépendions, en avait trente, c'est-à-dire moins que Comblain qui était le plus grand domaine abbatial sur l'Ourthe moyenne.

4) Importance politique de notre localité.

Le petit manoir dont les vestiges couronnent le piton rocheux dominant notre agglomération pourrait bien avoir été élevé par les moines de Stavelot à la même époque que la forteresse de Logne (entre 862 et 883) pour parer certes aux invasions normandes de 881, mais aussi et surtout, pour défendre l'accès du territoire abbatial, dont Logne et Comblain constituaient des localités-frontières.

La "maison forte de Comblenz" c'est ainsi que se nomme le manoir de Saint-Martin dans l'histoire, n'est toutefois citée pour la première fois qu'en 1212 à l'occasion des démêlés qui surgirent entre le châtelain local et l'abbaye de Stavelot.

Quant à la famille noble qui a régné à Comblain et porté des armoiries très simples, signe de haute antiquité (13), elle est déjà signalée, semble-t-il, en 1147, en la personne de Raoul de Comblain.

Plus tard, Comblain allait devenir le chef-lieu d'un quartier du Comté de Logne et englober les communes actuelles  de Comblain-au-Pont, de Comblain-Fairon et de Poulseur.

5) La haute antiquité de l'église et de la paroisse de Comblain-au-Pont.

De telles conditions économiques, politiques et historiques devaient avoir une incidence heureuse sur le développement de la population et attirer sur Comblain l'attention bienveillante du chef, à la fois politique et religieux, c'est-à-dire du prince-abbé de Stavelot-Malmedy et de son chapitre.

Aussi, le deuxième document connu, parlant de notre village, signale-t-il en 1130-1131, l'existence d'une église à "Comblenz".

Le même document mentionne aussi l'existence d'une église à Logne, à Xhignesse, à Ocquier, à Sprimont et à Ferrières, pour ne signaler que les plus proches.

A remarquer ici qu'il n'est pas fait mention de l'existence d'une église à Fairon.

Le même document ajoute : "Has omnes (ecclesias) nostra memoria vidimus abbatem dare" : nous avons vu, d'après nos souvenirs, l'abbé donner toutes ces églises en bénéfice", c'est-à-dire conférer la dignité ecclésiastique avec les revenus y attachés.

Toujours en 1130-1131, un troisième document, relatif au dénombrement des redevances payées à l'abbé de Stavelot-Malmedy, nous apprend que l'église de Comblain devait trois livres à l'abbé de Stavelot, et delle de Xhignesse, deux.

Le même manuscrit nous apprend encore que les églises qu'il mentionne avaient déjà été à la collation du prince-abbé Poppon 1er qui régna de 1020 à 1048. 

Ainsi, on peut en déduire que l'église de Comblain existait déjà en cette année de 1020 et même qu'elle est antérieure à cette date, sinon le document n'aurait pas manqué de rappeler qu'elle fut bâtie par cet abbé.

Vraisemblablement, on ne savait déjà plus alors, sous quel prince-abbé l'église de Comblain et les autres, figurant au manuscrit, avaient été construites.

6) Autres arguments en faveur de l'antiquité de l'église de Comblain.

En l'an 1090, on trouve déjà à Poulseur, au titre de "capella" dépendant de Comblain, un oratoire consacré à saint Servais. Comme une église n'a de chapelle qu'après un laps de temps généralement assez considérable, nous en conclurons que l'église de Comblain devait exister bien antérieurement.

Il est d'autres preuves irréfutables de la haute antiquité de l'église de Comblain. Ce sont ses éléments architectoniques encore subsistants qui montre son plan basilical et son style roman. C'est aussi son orientation (choeur tourné vers le soleil levant), les caractéristiques de son cimetière adjacent et la grande étendue du territoire paroissial qui lui était attribué. Nous reparlerons ultérieurement de tout cela. 

Un autre indice de son ancienneté est enfin fourni par le patronage même de  l'église, confié à saint Martin de Tours (lequel mourut vers l'an 400) et qui implique la fondation de l'église de notre village à une époque où le culte de ce soldat romain, devenu évêque, jouissait encore d'une grande popularité.

Cette façon de procéder est normale : une église, construite de nos jours, ne serait plus dédiée à un des apôtres ou à un saint du début de l'Eglise, mais consacrerait une dévotion d'origine moderne : soit au Sacré-Coeur, soit à N-D de Lourdes, de Beauraing ou de Banneux, ou à sainte Thérèse de Lisieux, par exemple.

7) Comblain-au-Pont aurait-il d'abord fait partie de la paroisse de Xhignesse ?

Ce qu'on dit de Xhignesse.

A) La chronique de Dom Laurenty.

Dom François Laurenty prieur de Malmedy, décédé le 24 juin 1652, est l'auteur de la plus importante chronique sur l'abbaye de Stavelot-Malmedy (texte latin).

D'après lui, saint Anglin, abbé de Stavelot, décédé entre les années 751 et 768, reçut la sépulture dans l'église Saint-Pierre, à Xhignesse, bâtie par Plectrude, épouse de Pépin de Herstal, lequel régna de 687 à 714, en qualité de Maire du Palais.

En fallait-il davantage pour auréoler d'une antiquité vraiment remarquable et de grandes faveurs le vénérable temple de Xhignesse ?

Mais des érudits, tels Halkin et Roland, qui ont composé le cartulaire de Stavelot-Malmedy et compulsé à cet effet, non seulement toutes les sources de l'histoire de l'abbaye, mais aussi près de deux cents soixante livres et revues d'un intérêt capital, jugent sévèrement la chronique de Dom Laurenty, ainsi, d'ailleurs, que celle d'autres auteurs ("introduction" pages XV et XVI). Ils disent textuellement :

"Loin de nous apporter des éléments nouveaux pour fixer la chronologie des abbés des premiers siècles, ces chroniques modernes ne suppléent trop souvent à la pénurie des sources par des détails apocryphes ou des citations faites sans critiques : généralement les renseignements authentiques qu'on y rencontre sont tirés des sources diplomatiques ou narratives qui nous sont parvenues".

En ce qui concerne Xhignesse, la réalité est que jamais rien - documents, découvertes, etc... - n'est venu confirmer aucune des affirmations ci-dessus. Bien au contraire, les illusions s'envolent les unes après les autres : la sépulture de saint Anglin n'a pas été retrouvée par les fouilles de 1963-1964 et la pierre tombale que l'on montrait comme étant celle de Plectrude (car on a colporté le bruit que la soi-disant fondatrice avait, elle aussi, été inhumée à Xhignesse) ne date que de 1552 ! Plectrude rentra d'ailleurs à la Cour à la mort de Pépin de Herstal.

Les éléments architectoniques de l'église sont comparables à ceux des sanctuaires des environs (Vieuxville, Comblain, Ocquier) et ne paraissent pas pouvoir remonter à la haute antiquité que Dom Laurenty leur assigne. Ce à quoi on répond que l'église primitive de Xhignesse a été détruite et qu'elle se trouvait en contrebas du hameau. Mais il n'a été trouvé dans la prairie indiquée comme ayant été le siège du temple primitif qu'une niche de pierre que l'on a pensé à protéger en la plaçant dans le portail actuel.

On prétend enfin que l'église de Xhignesse aurait été à l'origine un établissement monastique, parce que, tout près du sanctuaire se trouve le lieu-dit "po d'rî l'mostî", c'est-à-dire "par derrière le moutier". Mais ce mot wallon qui se rencontre également à Comblain-au-Pont, près de l'église primitive (lieu-dit "è tiêr dè mostî") ne désigne pas toujours un monastère, mais fort souvent une église en dépendant (14). Les monastères de chez nous sont tous bien connus et Xhignesse ne figure pas dans leur liste énumérative.

Le "Recueil des Chartes de l'abbaye de Stavelot-Malmedy" par Halkin et Roland ne mentionne au surplus aucune fois le nom de Plectrude ni, par conséquent, l'église qu'elle aurait fondée. Ce silence complet qui ne serait pas digne des abbés ne peut provenir, selon nous, que du fait que le sanctuaire de Xhignesse est une fondation directe du monastère de Stavelot lui-même. Il serait bizarre même si des documents avaient disparu qu'on n'aurait pas conservé quelque part dans un acte officiel religieux, politique ou profane ancien, au moins un souvenir indubitable soit de l'illustre et pieuse fondatrice supposée, soit une mention de la sépulture du saint abbé Anglin, soit une citation de l'église entre le 7e ou le 8e siècle et le 12e.

Les fouilles du sous-sol de l'église qui se pratiquent actuellement à Xhignesse ne révèlent que des tombes dallées frustes et anonymes et aucune messe d'anniversaire n'est réservée à la soi-disant fondatrice.

Ce qui est plus bizarre encore, c'est la citation soudaine et simultanée dans une chronique du 17e siècle, des deux personnages susdits, dont plus personne ne parlait depuis longtemps.

Le docteur Louis Thiry, historien de la région (15) émet, tout comme les auteurs du cartulaire de Stavelot, des doutes sur les dires de Dom Laur. Après avoir montré l'apparition tardive de Xhignesse dans les documents stavelotains (à savoir en 1088 et en 1099) il dit textuellement : "Que devient dès lors la tradition constante qui voit dans l'église de Xhignesse une fondation de la pieuse Plectrude, épouse de Pépin de Herstal, et veut situer dans son enceinte, la tombe de saint Anglin abbé de Stavelot, décédé en 746" ? (pages 134-135). "En ne doutant pas que Xhignesse soit antérieur à Charlemagne, on serait bien empêché d'en montrer les preuves documentaires" (page 136). Enfin après avoir rappelé les traditions émises par le chroniqueur et signalé la partie la plus ancienne du temple, le docteur Thiry se demande "sur quoi se basent d'ailleurs les dires de Dom Laurenty au sujet de l'origine de Xhignesse" (page 152).

B) L'étude de l'abbé Guillaume.

L'abbé D. Guillaume a écrit dans la revue "Leodium" (tome IX, année 1910, page 14) une étude sur "l'ancienne paroisse de Xhignesse".

Cet auteur base entièrement ses dires sur les affirmations de Dom Laurenty, lesquelles, comme nous venons de le voir, sont plus que douteuses, puisque non seulement elles ne sont contrôlables en aucun de leurs points, mais, à la lumière des faits, semblent se démentir.

L'étude de l'abbé guillaume pêche donc par la base et une bonne partie de ce qu'elle contient n'a aucune valeur historique.

Il dit, en substance, que l'église de Xhignesse est l'église-mère de toute la région puisqu'elle a été fondée entre les années 687 et 714, époque où Pépin de Herstal régnait en qualité de Maire du Palais.

Dès lors, c'est-à-dire, depuis le début du 8e siècle, son immense territoire paroissial se serait intégré entre ceux des églises de Stavelot et de Lierneux, à l'est ; et ceux des églises de Tohogne et d'Ocquier, à l'ouest. Toujours d'après le même auteur (lettre écrite par ce dernier à son confrère de Harzé et reproduite partiellement par le docteur L. Thiry dans son ouvrage précité), les filiales de Logne ou Vieuxville, Mont-Saint-Denis, Juzaine, Comblain-au-Pont, Fairon, Poulseur, Comblain-la-Tour, Oneux, Fraiture-sur-Amblève, Izier et Ozo, Ferrières, My et Ville, Harzé et Pouhon, Xhoris, Awan, Lorcé, Ernonheid, Hamoir, etc... seraient issues de Xhignesse.

C) En examinant les données sûres.

1° Le nom de Xhignesse apparait pour la première fois en 1088, mais son église n'est mentionnée qu'en 1130 -1131, en même temps que celle de Comblain, Logne, Ocquier, Ferrières et Sprimont, ce qui nous permet d'affirmer (voir ci-dessus notre chapitre V) que toutes ces églises existaient à coup sûr en l'an 1020.

2° L'église de Comblain, celle de Logne (Vieuxville), relais religieux sur l'Ourthe et églises-frontières de Stavelot sont bâties dans le style roman et épousent le plan basilical. Certains de leurs détails architecturaux sont en outre identiques : nous pouvons en conclure raisonnablement que ces constructions datent sensiblement de la même époque.

3° Les église de Tohogne et d'Ocquier que l'abbé Guillaume qualifie de primitives en même temps que celle de Xhignesse semblent dater du 11e siècle ("Dictionnaire historique et géographique des communes belges" par De Seyn). Le docteur Thiry dit lui-même dans le tome II de son ouvrage déjà cité, que l'église d'Ocquier accuse une forme basilicale des Xe et XIe siècles. Au-dessus de la nef, dit encore De Seyn, en parlant d'Ocquier, on lit la date 1017.

Que deviennent, dès lors, les vieilles paroisses primitives de Tohogne et d'Ocquier que l'abbé Guillaume semble vouloir attribuer aussi à l'époque du 8e siècle qu'il assigne à Xhignesse ?

4° Le fait que les frontières religieuses coïncident traditionnellement avec les limites politiques et que Comblain n'a jamais dépendu politiquement de Xhignesse. Ce qui semble confirmer cette hypothèse, c'est que nous trouvons plus tard Hamoir (qui supplantera Xhignesse) et Comblain, élevés tous deux au rang de chefs-lieux d'un quartier du comté de Logne.

5° Joseph Brassine, dans son article intitulé "Dans l'église de Comblain-au-Pont" ("Leodium", 30e année, Numéros 4-6, avril-juin 1937, page 24), écrit à propos de notre église : "de la paroisse dont Comblain forma le centre, se sont, au cours des siècles, détachées les paroisses actuelles de Comblain-la Tour, Fairon, Poulseur, Fraiture et Oneux. Il existait en outre, jadis, une chapelle à Ouhar, près d'Anthisnes, et une autre à Renne, sur le territoire de la commune de Hamoir. Une aussi vaste, circonscription donne à penser que Comblain constitua le centre d'une de ces paroisses primitives résultant d'une fondation directe (16).

6° On comprendrait d'ailleurs mal comment Comblain qui avait trente-quatre manses (Xhignesse 7 et 1/4) et une population beaucoup plus forte en conséquence, aurait dépendu du Xhignesse, localité apparemment bien moins conséquente.

En réalité, rien ne permet de dire que Xhignesse soit plus ancien que Comblain ni que Xhignesse soit l'église-mère de Comblain et de toute la région.

Les documents officiels semblent conférer à Xhignesse, à Logne-Vieuxville et à Comblain une origine paroissiale contemporaine et indépendance complète entre elles.

Au surplus, ces trois églises qui existaient déjà en 1020, sont tellement ressemblantes par leurs éléments architectoniques qu'elles paraissent l'oeuvre d'une même époque et peut-être d'un même auteur.

8) Une autre question controversée : l'église de Fairon serait-elle plus ancienne que celle de Comblain-au-Pont ?

D'aucun ont été intrigués par le fait qu'un certain nombre de curés se sont titrés "pasteurs, curés ou vestys de Fairon et Comblen" et ils en ont conclu, tout naturellement que les gens de Comblain-au-Pont ont dû, jadis, se rendre à Fairon pour les actes de la vie spirituelle.

La chronique paroissiale de Fairon, écrite par le curé Muller (1858-1880) rapporte, à son tour, que Fairon est l'église-mère de Comblain.

Certains documents de 18e siècle, reposant aux archives de l'évêché, mentionnent de même, à plusieurs reprises, que Fairon était jadis l'église paroissiale et que le curé de Comblain y plaçait un vicaire amovible.

Ainsi est soulevé la question de savoir clairement et définitivement ce qu'il en est. C'est ce à quoi nous allons nous atteler...

1° Le premier recensement des églises situées dans le territoire de Stavelot date de 1130-31 et cite l'existence (déjà en l'an 1020) d'un sanctuaire à Xhignesse et d'un autre à Comblain. Il reste muet sur la présence d'un oratoire à Fairon. Y aurait-il eu un oubli dans le document ? Nous ne pouvons le croire puisque l'objet même de ce dernier était justement de dresser un inventaire complet et précis de toutes les églises relevant de l'abbaye. Tout oubli aurait d'ailleurs pu avoir comme corollaire la perte définitive de certains droits du monastère ou la reconnaissance tacite de certaines spoliations possibles.

2° Cet oubli serait d'autant plus inadmissible que, dans un second document de la même époque (1130-31), il est fait mention des biens possédés par Stavelot à Xhignesse, Comblain et Fairon. Cette dernière localité n'avait donc pas échappé à l'attention des recenseurs.

3° Il y a mieux encore : un troisième document, toujours daté de 1130-31, mentionne - sans citer Fairon - les redevances de l'église de Xhignesse et de celles de Comblain, vis-à-vis du prince-abbé de Stavelot.

Suivant l'abbé Guillaume (article intitulé : "l'ancienne paroisse de Xhignesse" et paru dans "leodium", 1910, p.14), la première mention de l'église de Fairon remonterait à l'année 1241.

Mais ici encore, nous sommes obligés de souligner le caractère peu "sérieux" de l'abbé Guillaume : il se base bien sur des textes d'archives mais ils les interprète mal. Le registre de Stavelot, coté 1 3 5 5, folio c, et la copie de celui-ci, cotée 1 1 59, folio 208, contiennent un acte de 1446 concernant le fief de Reinardstein, puis une liste, non datée, des paroisses à la collation de Stavelot (liste citant Fairon), puis enfin, un acte de 1241, concernant la dîme d'Andoumont. Guillaume s'est donc trompé en attribuant à cette liste une date qu'elle ne porte nullement.

C'est seulement le 21 avril 1299 que l'existence de l'église de Fairon apparait clairement et indubitablement. A cette date ("Recueil des Chartes de l'Abbaye de Stavelot-Malmedy" par Halkin et Roland, tome 2, page 97), l'abbé-prince Gilles de Falcompierre supprime le droit de mortemain dans les paroisses de Comblain, de Xhignesse et de Fairon. Cette dernière localité possédait donc une église à cette date, église certainement construite antérieurement. Mais quand ?

9) Avant son érection en paroisse, Fairon a-t-il dépendu de Xhignesse ou de Comblain ?

A vrai dire, il n'existe aucun document pour nous le dire, mais nous avons des points de repères pour nous guider.

Nous basant sur le fait qu'on voit plus tard Fairon et Comblain-au-Pont faire partie du troisième quartier du comté de Logne (avec Comblain comme chef-lieu) et que les limites politiques ont servi de frontière aux circonscriptions  religieuses, nous admettrons facilement et très raisonnablement que Fairon avant d'être érigé en paroisse a dû dépendre spirituellement de Comblain-au-Pont.

Au surplus, il semble ou, tout au moins, il est possible, que le patronage de saint Martin qu'on retrouve pour les deux églises soit un vestige de l'époque primitive où Fairon et Comblain paraissent n'avoir formé qu'une seule juridiction ecclésiastique.

Nous n'avons jamais rencontré nulle part le moindre indice permettant de croire qu'à cette époque ancienne, il ait existé un lien politique ou religieux direct ou quelconque entre Fairon  et Xhignesse.

Au contraire, comme nous allons le voir au chapitre suivant, on en constate bientôt un entre Fairon et Comblain-au-Pont.

10) Les églises de Comblain et de Fairon sont, à un moment donné, unies de fait, puis liées canoniquement et elles le restent pendant des siècles.

Nous ignorons la cause de  cette union mais il n'est pas à exclure que la paroisse de Fairon, minime par son  territoire, peu peuplée et privée de revenus suffisants pour pouvoir se maintenir, ait été unie à la vaste circonscription de Comblain qui englobait, outre le territoire actuel de Comblain-au-Pont et de Poulseur, le reste de celui de Comblain-Fairon.

Quoi qu'il en soit des motifs qui ont amené à cette fusion, nous en rencontrons les premières mentions dans les deux plus anciens pouillés connus, à savoir celui de 1497 qui parle de "CAMBLEN ET FRAIRON, ECCLESIAS MATRICULARIS" et celui de 1558 qui cite la "CAPELLA DE POUSERE" (Poulseur) sous "CONBLEN ET FERON".

Sources 1° "Le plus ancien pouillé du diocèse de Liège", par J. Pacquay, in 8° ; Tongres, 1908 ; p. 168, et 2°) "Circonscriptions ecclésiastiques, chapitres, abbayes, couvents en Belgique avant 1559", par E. de Moreau, S.J. pages 167 et 349-350.

Nous ne savons pas non plus quand un curé de Comblain (imité par ses successeurs) fixa sa résidence à Fairon. Les motifs de ce déménagement nous échappent de même. Presbytère de Fairon plus commode ? Eglise plus vaste ? Protection d'un noble ? Toute supposition est permise...

Le séjour des curés de Comblain à Fairon fit, qu'à la longue, l'union entre les deux paroisses devint si complète, que les églises de  ces localités, pratiquement fusionnées, le furent officiellement, c'est-à-dire, mises canoniquement sur un pied d'égalité et confiées à un desservant unique que l'on trouve titré - tantôt curé de Comblain - tantôt curé de Fairon, et le plus souvent curé des deux localités.

Donnons quelques illustrations de cet état de choses. Le 3 octobre 1517, Jehan de Petra est cité "vesty" (=curé) de Comblenz dans un registre de 1611, consacré aux commémorations et anniversaires (folio 47, recto et verso) et reprenant de nombreuses données d'un registre plus ancien.

Jehan delle Schaille est cité, à son tour, "iadt (=jadis) vesty de la predicte Egle (de la susdite église) de Comblain (même registre de 1611, folio 43, verso). Mai le 9 avril 1522, il est qualifié "vesty" de Fairon. (Source : "les Records de Coutumes du Pays de Stavelot", par Poncelet, Hans, Hansotte et Renard ; Bruxelles, 1958 ; pages 90, 91 et 92).

Le 25 janvier 1522, Bastin de Zoheit (lire : Soheit) est mentionné en qualité de "vesti" de Fairon (Source : "Les Records de Coutumes" etc., pages 54, 55 et 56).

Gil le Moesne (= Gilles le Moine) d'Izier est dit curé de Fairon et Comblen dans un document du 20 juillet 1559 relatif aux douaires de Fairon et Comblen et dans le petit registre de 1611, déjà signalé, folio 42, recto et verso.

Lambert Léonard, pasteur d'Ouffet, atteste avoir, en 1586 et 87, demeuré en la maison pastorale de Comblen, "desserviteur" (=desservant) sous le vénérable Jean de Rahier, pour lors du dit lieu (de Comblen) - Registre d'anniversaires et rentes, folio 49 verso, curé de Comblain -

Adolphe de Boijs (qui, dit-on, aménagea en presbytère le bâtiment servant actuellement pour le musée de Comblain) est mentionné en 1608 "vesty des Eglises unies de fairon et coblen". En 1616, il écrit "... par moij, Adolphe de Boijs, p(reste) à Comblen et Fairon".

Balthasar Sauvage, dit André, continue, lui aussi, à porter le titre de "vesty dud(i)t fairon et Comblen", 1660 ; "curé dudit fairon et Comblen", 1672.

Dans le "Registre contenant les noms de ceux qui se sont enrollés dans la Compagnie spirituelle soub la protection de N.-Dame des Anges, et a commencé le 8 septembre 1651, le même curé s'intitule "Mre (=messire) Balthasar Sauvage, Pasteur de Comblen". (sur la page servant de titre). Au folio 1 (recto), on lit "Rd Mre (=révérend messire) Balthazar Andreae Pasteur de Comblen et Fairon".(Archives de la cure de Comblain).

Henri-Arnold  de Haling, dont la dalle funéraire se trouve à l'intérieur de la tour de Saint-Martin, perpétue le titre de ses prédécesseurs : "pasteur de Fairon Comblen", dans le registre commencé en 1611 ; folio 11, verso ; "pastoris in Comblen et Fairon" en 1698 (sur sa tombe).

André Martin : "...pastoris in Comblen", 1739 (dalle funéraire dans la tour Saint-Martin).

Renaud Gillet ajoute dans ses registres, après ces mots "Registre appartenant à un curé de Fairon Comblen", 1740, la mention : "Renouvellé par moij, Reynaud Gillet, curé de Comblen Fairon".

Est-il le dernier prêtre ayant rappelé l'union des deux églises ? Nous l'ignorons. Mais notre documentation montre suffisamment : 1° que les curés de Comblain, établis à Fairon, ont porté la mention des deux paroisses dont ils assumaient les charges ; 2° qu'après leur retour à Comblain (vers 1600 croit-on), leur titre traditionnel s'est encore longtemps maintenu. Il est vrai que jusqu'en 1803, Fairon est resté dans la paroisse de Comblain avant d'être incorporé dans celle de Hamoir qui, à cette même date, débutait son existence.

Portons maintenant nos regards sur quelques documents parlant des églises de Comblain et de Fairon unifiées.

Nous avons dit plus haut que les pouillés de 1497 et de 1558 spécifiaient déjà l'unification des deux paroisses : "Camblen et Frairon", en 1497 ; "Conblen et Feron" en 1558.

Nous en trouvons une autre dans les "Circonscriptions" de J. Daris, qui en 1538, cite Poulseur comme chapelle sous "Comblen et Fayron" (p.726).

Dans un de ses registres, le curé Adolphe de Boijs se qualifie, en 1615 et 1616, "curé des églises uniees de fairon et comblen". A La page 4 du même registre, nous lisons encore : Rescriptiones Eccl(es)iarum parochialum canonice unitarum de fairon et comblen pro anno domini 1615 duodecimo julij" (Rescription des églises paroissiales, unies canoniquement, de Fairon et de Comblain pour l'an du Seigneur 1615, le 12 juillet).

Un pouillé de 1620 porte de même : "Comblen et Fairon, ecclesia unita" (église unie). Un autre daté de 1670, confirme encore ce qui précède : Comblain et Fairon constituent une "ecclesia integra" une église complète ; une seule église.

13) Généralités sur l'étendue et les variations territoriales de la paroisse de Comblain-au-Pont.

A. Etat primitif de la grande paroisse de Comblain.

Quelle était l'étendue de la paroisse de Comblain au moment du règne du prince-abbé Poppon 1er qui, de 1020 à 1048, présida aux destinées de l'état stavelotain ? (Rappelons que sous l'abbatiat de ce prince, l'église de Comblain existait déjà).

Aucun document n'en parle mais, par déductions, nous pouvons arriver à en connaitre la circonscription.

La paroisse de Comblain, dans son aspect primitif, englobait d'abord, tout naturellement, la totalité du ban de Comblain qui correspondait  à l'actuel territoire de la commune où il n'y avait aucune chapelle. Nous avons dit, - car c'est un fait d'ordre général - que les circonscriptions religieuses étaient calquées sur les divisions territoriales. (17) Lorsqu'apparaitra  la chapelle de Fraiture (première mention en 1394), elle relèvera tout naturellement de Comblain.

La paroisse de Comblain s'étendait de même sur toute l'étendue du ban de Poulseur (également terre de Stavelot) où dès 1090, il y eut une chapelle sous Comblain. (Voir le chapitre n°6).

Le territoire de Comblain-Fairon a dû, de même dépendre de Comblain. Comblinay - qui est très vieux - en a toujours fait partie. Ey lorsqu'apparaitra, tardivement, la chapelle de Comblain-la-Tour (seconde moitié du 17e siècle), elle sera aussi sous l'obédience de Comblain-au-Pont.

Seul, Fairon, pour un motif inconnu, en sera retiré de très bonne heure, puisqu'en 1299, il a son église et constitue une paroisse distincte.

De bonne heure, Comblain-au-Pont et Fairon seront toutefois réunis en une seule paroisse et celle-ci durera jusqu'en 1803.

Preuves : les archives paroissiales de Comblain et celles reposant au dépôt de Huy. (Rue des Frères Mineurs).

Ainsi, il apparait clairement  et cela a duré pendant de nombreux siècles - que la paroisse primitive de Comblain-au-Pont a épousé exactement les limites du troisième quartier du Comté de Logne.

B. Modifications territoriales (gains, pertes, état actuel).

1. FAIRON.

En 1299 (nous venons de le voir) et certainement à une date antérieure, mais qui nous échappe, Comblain perd le territoire qui a été assigné à la paroisse, nouvellement fondée, de Fairon.

2. OUHAR.

Dès 1372 et 1376, on trouve mention d'une chapelle à Ouhar, lequel dépend, féodalement de Stavelot et, religieusement de Comblain.

Nous ne savons pas exactement quand Ouhar fut spirituellement rattaché à Anthisnes.

Théoriquement il ne put l'être qu'à la suite de l'annexion d'Anthisnes à Stavelot, le 23 avril 1768 - Mais pratiquement, et pour des raisons de commodités, il le fut plus tôt ainsi que l'attestent les registres de baptême, naissances et décès des curés d'Anthisnes.

3. COMBLAIN & FAIRON SONT REUNIS.

A une date inconnue (première mention rencontrée en 1497, voir plus haut), "CAMBLEN et FRAIRON" sont réunis en une seule paroisse et cette situation va perdurer jusqu'en 1803.

4. RENNE-LEZ-HAMOIR.

Avant 1559, on trouve à Renne une chapelle relevant de Comblain-au-Pont. Elle est encore signalée en 1670. Elle fut réédifiée au milieu du 18e siècle par les Prémontrés de Liège, propriétaires de la ferme. (Source : "Circonscriptions ecclésiastiques", etc... ; ouvrage déjà cité, page 14).

Nous supposons que le fief stavelotain de Renne a dépendu spirituellement de Comblain-Fairon à cause même de la présence d'un curé ou vice-curé à Fairon. Le chemin de Renne à Fairon était accessible en tout temps. Par ailleurs, Hamoir N'avait pas d'église et le trajet Renne-Hamoir-Xhignesse était assez long. Au surplus, le pont de Hamoir était souvent détruit ou dans un état lamentable.

La date à laquelle Renne a été rattaché à Xhignesse ou à Hamoir ne nous est pas connue.

5. MONFORT-LEZ-ESNEUX.

Le 3 avril 1779, Monfort qui, dès le début, faisait partie de la paroisse de Comblain, grâce à la chapelle de Poulseur où le curé de Comblain plaçait un vicaire, fut, à la demande de ses habitants, rattaché à Esneux. Motifs : danger ou difficultés du franchissement de l'Ourthe en hiver et en temps de crues, relief très accidenté, hivers rudes.

6. FAIRON EST DETACHE DE COMBLAIN.

Le 28 août 1803, Fairon fut détaché de Comblain. Il ne devint pourtant pas indépendant, mais fut incorporé dans la paroisse nouvelle-née de Hamoir.

7. FRAITURE-COMBLAIN.

Le 22 juin 1834, Fraiture devint paroisse et reçut comme territoire Le Rivage, Douxflamme, Liotte et Le Halleux (ordonnance du 4 mars 1843).

8. COMBLAIN-LA-TOUR.

Le 8 mai 1835, Comblain-la-Tour fut, à son tour, érigé en paroisse et reçut Comblinay.

9. POULSEUR.

Le 11 juillet 1842, Poulseur se détacha également de Comblain-au-Pont et eut, comme dépendances, tout le territoire actuel de la commune (ordonnance du 27 décembre 1842).

10. ONEUX-COMBLAIN.

Le 30 décembre 1854, les gens d'Oneux avaient terminé la construction de leur propre église. De ce fait, le village fut élevé au rang de paroisse comprenant Hoyemont, Oneux et le territoire où allait se développer ultérieurement le Pont-de-Sçay (Mandement du 2 juillet 1857).

11. LE HALLEUX, LE PONT-DE-SCAY, LIOTTE, DOUXFLAMME ET LE RIVAGE SONT INCORPORES DANS LA PAROISSE DE COMBLAIN-AU-PONT.

Le 25 novembre 1937, le Pont-de-Sçay (qui a sa chapelle depuis 1934), le Halleux, Liotte, Douxflamme et le Rivage sont rétrocédés à la paroisse de Comblain-au-Pont, par suite de l'existence de la chapelle du Pont-de-Sçay. (Amputations aux territoires paroissiaux de Fraiture et d'Oneux).

Tels sont, résumés, les avatars qu'a connus la paroisse de Comblain-au-Pont au cours des âges.

A l'heure actuelle, elle comprend donc Comblain, Géromont, Mont, Le Raideux, le Pont-de-Sçay, le Halleux, Renardville (partie du Halleux proche de Martinrive), Sur-le-Thier au Halleux, Liotte, Douxflamme, Le Rivage, la partie de Chanxhe qui est sur Comblain, le Brigaton (route de Poulseur), La Préalle (qu'on appelle aussi la Batterie ou l'Usine, (route de Comblain-la-Tour) et Trou-de-Mont, contre Poulseur.

Jusqu'en 1794, date à laquelle il fut détruit au cours de la bataille entre les Français et les Autrichiens, appartenait encore la paroisse de Comblain, le village de Petit-Mont, dit aussi Mont-sur-la-Heid (P'tit Mont ou Mont-so-l'Hé), village qui était situé au-dessus des Roches-Noires et était séparé de Mont (appelé autrefois Grand-Mont) par le lieu-dit "inte-deûs-Monts" (=entre-deux-Monts).

Le Pont-de-Sçay est seulement apparu après 1865, suite à la construction de la voie ferrée de l'Ourthe et des grand-routes Liège-Hamoir et Comblain-Aywaille.

Les chapelles existant actuellement dans la paroisse de Comblain-au-Pont sont, dans l'ordre chronologique celles de Mont (1922), du Pont-de-Sçay (1934) et de Géromont (1955).

14) Historique de la paroisse de Fairon.

I. Période indépendante.

La date de la fondation de l'église de Fairon nous est inconnue.

Le 21 avril 1299, un document de l'abbaye de Stavelot nous apprend que le village constitue une paroisse, mais nous ne saurons vraisemblablement jamais l'époque précise de sa fondation.

Cette première église de la localité n'était déjà plus exposée exactement comme toutes les vieilles (Comblain, Xhignesse, etc...) Certes, elle était encore dans le sens est-ouest, mais, contrairement aux édifices primitifs, son choeur était à l'ouest et sa tour à l'est. (Voir le plan primitif dans nos "Echos" d'avril 1964, page 26).

II. Union avec Comblain-au-Pont.

En 1497, et certainement antérieurement, Comblain et Fairon furent unis et leur association canonique subsista jusqu'en 1803.

Nous n'en dirons pas plus, cette période ayant été largement étudiée au cours des chapitres précédents.

Et ici se termine l'histoire religieuse de Fairon dans ses rapports avec la paroisse de Comblain, objet de notre étude.

Mais nos "Echos" qui ont pour mission d'explorer tout ce qui a trait aux communes portant le nom de "Comblain", se doivent de documenter leurs lecteurs sur l'historique aussi complet que possible de la paroisse de Fairon.

Voici donc ce qu'il advient à la date où elle fut séparée de Comblain en 1803.

Disons d'abord qu'un an avant, donc en 1802, il était sans doute question de laisser Comblain et Fairon réunis pour ce qui concernait le culte. Mais un rapport du Maire de Comblain, Jean-François Leblanc, fut défavorable à cet état de choses : "Il ne sera pas non plus avantageux pour la commune de Fairon d'être réunie à celle de Comblain au pont parce que Fairon a une église bien solide et bien conditionnée, qu'il n'y manque rien et grand déplacement" (réponse de Leblanc en date du 25 thermidor an 11 - 13 août 1802 - à la lettre du préfet). (Voir nos "Echos" de janvier 1950, page 3).

III. Suppression de la paroisse de Fairon et rattachement de son territoire à celui de Hamoir (1803-1808).

En 1803, Fairon fut séparé de Comblain, mais ne devint pas pour cela indépendant. Bien au contraire, car alors qu'avec Comblain, il s'agissait d'une union fraternelle, il fut cette fois-ci, question de la disparition pure et simple de la paroisse. Le 30 septembre 1803, le territoire paroissial fut en effet englobé dans celui de Hamoir.

Hamoir n'avait, jusque-là, jamais été érigé en paroisse. Il le fut à cette date au détriment de l'antique paroisse de Xhignesse qui fut supprimée et rattachée à Filot.

Hamoir reçut comme territoire paroissial Hamoir-Lassus, Sy et Fairon.

Ainsi Fairon perdit jusqu'au peu de prestige qui lui restait depuis le retour des curés à Comblain (début du 17e siècle) : l'église ne fut plus qu'une chapelle auxiliaire de Hamoir.

IV. Fairon passe à la paroisse de Xhignesse ressuscitée (1808-1840).

Fairon ne restera que cinq années dans la paroisse, nouvellement créée de Hamoir.

Le 28 août 1808, eut lieu une réorganisation des circonscriptions religieuses. La paroisse de Xhignesse, dissoute le 7 vendémiaire an XII (30 septembre 1803) fut reconstituée, avec comme territoire : Hamoir-au-Pont, Hamoir-Lassus, Fairon et Sparmont. L'église de Fairon continua à rester au rang de chapelle. Certains offices y furent parfois célébrés par le curé Havaux de Comblain-au-Pont (archives de la cure de Fairon).

V. La situation paroissiale de Fairon est confuse de 1840 à 1842.

En ces années 40, 41 et 42, la situation de Fairon nous apparait trouble. Le village ne fait plus partie de la paroisse de Xhignesse, mais il ne constitue pas non plus une paroisse distincte - fut-il alors placé temporairement sous la gestion de Comblain-la-Tour ou fut-il une cure épiscopale ? Nous l'ignorons.

Le territoire de Fairon était déjà admis comme indépendant par la Députation permanente, en date du 28 mars 1834 (archives de Comblain-Fairon) et, à cette même époque, Fairon eut son propre Conseil de Fabrique, approuvé conjointement par les autorités religieuses et civiles. Le Conseil de Fabrique de Comblain-au-Pont céda d'ailleurs à Fairon, en 1836, la gestion des biens appartenant à ce dernier village, biens dont le curé Jean-Joseph Gillet, prêtre réfractaire en 1794, et son Conseil de Fabrique auraient à cette époque troublée, laissé se perdre une partie ainsi que diverses rentes.

Quoi qu'il en soit, c'est, le Curé de Comblain-la-Tour (17) qui en 1840 et 1841, vient, par binaison, assurer les services religieux à Fairon.

En 1841, Comblain-la-Tour eut un nouveau curé et l'abbé Ceyssens, jusque-là, curé du dit Comblain-la-Tour, resta à Fairon dont il allait bientôt être le premier curé (18).

VI. Fairon devient une paroisse indépendante.

(De 1842 à nos jours).

Les beaux jours reviennent, comme au 13e siècle, et Fairon va, enfin, recouvrer sa dignité de paroisse.

Un mandement de Monseigneur Van Bommel, daté du 28 décembre 1842, érigea l'église de Fairon, église auxiliaire du doyenné de Nandrin, en église indépendante avec, comme premier pasteur, celui-là même qui avait assuré les services religieux de 1840 à 1841, c'est-à-dire le curé de Comblain-la-Tour.

Ce ne fut toutefois que le 25 février 1862 (vingt ans après la création de la paroisse !) qu'un Arrêté Royal reconnut ce changement et ratifia la nomination effective du curé de Fairon.

La paroisse comprit Fairon-village, le Chant des Oiseaux, Delà-les-Monts, Blocquay, Sparmont et Houpe-le-loup.

En mars 1870, eut lieu la construction de l'église actuelle sur l'emplacement de l'ancienne (tour au sud, choeur au nord).

Sa consécration eut lieu le 22 juillet 1872 (voir nos "Echos" d'avril 1964, pages 25, 26 et 27).

Auparavant, c'est-à-dire en 1697, l'ancienne église, la primitive, aurait déjà été remaniée, dans un style où voisinaient le roman et l'ogival. (D'après Mr l'abbé Chavée, curé actuel).

A la date du 1er janvier 1966, la paroisse de fairon ne dispose plus d'un curé, mais reçoit un administrateur.

Me l'abbé Chavée prenant sa retraite et l'Evêché ne disposant pas de prêtres en nombre suffisant, c'est Mr le curé de Comblain-la-Tour qui est chargé par l'autorité diocésaine de la responsabilité de la paroisse de Fairon en qualité d'administrateur.

La paroisse de Fairon n'est pas dissoute ; elle n'est pas non plus unie à Comblain-la-Tour. Elle reste distincte et garde son Conseil de Fabrique. Le seul fait nouveau est que son pasteur actuel est celui de Comblain-la-Tour. Il devient courant, à l'heure présente, de confier une petite paroisse, dépourvue de chef spirituel, aux soins du curé de la paroisse la plus proche. La situation actuelle n'est donc pas exceptionnelle ni particulière à Fairon.

Voici le texte établissant la situation suivante :

NOMINATIONES

R.D. Léo Raes, parochus in Comblain-la-Tour, nominatus est etiam administrator paroeciae Fairon, loco R.D. Georgii Chavée, qui paroeciam suam resignavit, ibidem commoraturus.

MONITA AD CLERUM. N°1 - 1 januarii 1966.

Tel est l'historique de la paroisse de Fairon.

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(1) "Echos" de février et de mars 1956 (pages 9, 10, 17 et 18)

(2) "Echos" d'avril et août 1950 (pages 25, 26 et 59)

(3) "Echos" d'août 1950 (page 59)

(4) "Echos" d'octobre 1950 (page 78)

(5) "Echos" de décembre 1950 (page 91), de janvier 1951 (page 7) et de février 1951 (page 11)

(6) "Echos" de janvier et de février 1954 (pages 1, 2, 13 et 14)

(7) "Echos" d'octobre 1957 (pages 73, 74 et 75)

(8) "Echos" d'avril 1951 (pages 25, 26 et 27)

(9) "Echos" de mai 1952 (pages 33 et 34)

(10) "Echos" d'août 1951 (page 62)

(11) Documentation à paraitre ultérieurement

(12) Le nom de "Comblain" est identique à celui de "Coblence" en Allemagne. Ils sont tous deux d'origine latine - Coblence naquit l'an neuf avant J.C.

La ville doit son nom à sa position géographique au confluent de la Moselle et du Rhin. Son nom primitif fut "ad confluentes". Là fut élevée une fortification romaine.

Le changement de "fl" en "bl" pourrait être dû à l'influence du gaulois.

(13) Les "de Comblenz" portaient : "fascé de six pièces d'or et de sable" ("Echos" de juillet 1952, pages 49-50 et août 1956, pages 57, 58 et 59)

(14) Autre exemple indiquant qu'il faut analyser le sens réel des mots. Le petit château-fort de Comblain s'appelle en wallon, d'après les vieux : "li tchèstê des monnes armés", "le château des moines armés". Il faut comprendre par là qu'il dépendait de ces derniers, mais qu'il ne leur a jamais servi de lieu de résidence.

(15) "Histoire de l'ancienne Seigneurie et Commune d'Aywaille" tome II, 1938.

(16) Le docteur Thiry rapporte des paroles assez semblables : "Xhignesse, sue l'abbé Guillaume considérait, peut-être avec une certaine exagération, comme l'église-mère de toute la région..." (Ouvrage cité, tome II, page 137).

(17) il n'y a pourtant pas de règle sans exception. Ainsi, Monfort sera rattaché à Comblain, parce que ses habitants, privés d'églises, venaient assister aux offices dans le sanctuaire le plus proche : celui de Poulseur qui relevait de Comblain, assez éloigné, (et non d'Anthisnes, tout proche), parce que le fief d'Ouhar était terre de Stavelot. Enfin, Renne-lez-Hamoir, relèvera aussi de Comblain, par raison de facilité : l'église de Fairon étant assez proche et accessible en tout temps.

(18) Comblain-la-Tour avait été détaché de Comblain-au-Pont et érigé en paroisse distincte, le 8 mai 1835.

(19) Nous accueillerions avec reconnaissance toute documentation relative à Fairon entre 1840 et 1842.

Source : Emile Detaille dans "Les Echos de Comblain" de mars 1965 à février 1966.

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