Comité de la Soupe Scolaire

Comité de la Soupe Scolaire

Au cours de la guerre de 1914-18, une association de bienfaisance fut créée à Comblain sous le nom de Comité de La Soupe Scolaire.

Informations

Comme son nom l'indique, ledit comité s'occupa en ordre principal des enfants des écoles dont la santé, suite aux privations alimentaires, risquait d'être à jamais compromise. Mais il étendit ses bienfaits aux familles pauvres ou modestes, ainsi qu'à des étrangers de passage.

Le Comité était constitué comme suit : Président : M. Olivier, chef de gare de Rivage; Secrétaire : M. Florent Lawarrée, sous-chef de gare à Rivage; Membres : MM. Constantin Dadoumont, Auguste Henin, Joseph Lallemand, Clément Castermans, Mathieu Simon, Jules Trine et Fernand Rouffignon.

Le groupement atteignit le but qu'il s'était assigné, grâce à la collaboration d'un personnel nombreux réparti en équipes  où les tâches étaient nettement définies et établies suivant n roulement.

Il y avait M.F. Lawarrée qui s'occupait journellement de la répartition des marchandises du ravitaillement, lesquelles provenaient presque uniquement des terrains cédés au Raideux par M.F. Grégoire. Il y avait le personnel féminin chargé d'éplucher les légumes et de préparer la soupe. Il y avait les messieurs qui, dès cinq heures du matin, s'occupaient de la cuisson de celle-ci. Il y avait enfin les dames et les demoiselles dont la mission était de servir à table.

A 11h30, nous quittions l'école communale et nous nous rendions en rangs dans la salle de la Maison du Peuple où les bols de soupe fumante étaient préparés. Après quoi, nous recevions à table la "mitche" traditionnelle.

Les enfants des écoles catholiques prenaient le même repas dans leur local où, chaque midi, étaient transportées plusieurs grandes cruches.

Après avoir servi les écoliers, les mêmes personnes distribuaient un demi-litre de soupe, mais pas de miche, aux habitants les plus éprouvés qui attendaient leur tour en longue file, traversaient la salle et sortaient du côté de la scène.

Je me souviens que, bien souvent, une "plokète di same" se mourait lentement en tournoyant au centre du bol et que l'on parvenait parfois aisément à dégoûter un voisin de table en lui affirmant qu'il s'agissait là (excusez le mot) d'un "rontchon". Et ainsi on s'accaparait d'une ration supplémentaire qui gonflait nos petits ventres comme celui d'un "ticket".

Voici les noms de quelques personnes ayant travaillé au Comité de la Soupe Scolaire. Nous nous excusons des lacunes inévitables, imputables à des souvenirs déjà lointains et à nos mémoires défaillantes.

Surveillant des équipes et des répartitions journalières : M. Octave Mauxhin.

Ont épluché les légumes (un nouveau groupe chaque jour) : Bertha Lallemand, Eléonore Pahaut, Clara Pahaut, Jeanne Durieux, Mélanie et Justine Bonmariage, Herminie Grignard, Marie Hausman, Héloïse Clajot, Julia Sluse, Pauline Malmedy, Maria Balthasar, Laure Compère, Herminie Goffart, Bertha Lejeune, Berthe Martin, Maria Martin, Clémence Coulée, Jeanne Libon, Fanny Dalem, Adèle Dalem, Julia Paulus, Ghislaine Delbart, Joséphine Delwaide, etc...

Ont servi la soupe (groupe fonctionnant toute une semaine) : Lucienne Brasseur, Jeanne Dardenne, Germaine Malemprée, Odile Mauxhin, Euphrosine Cheret, Maria Martin, Titi Mouzon, Renée Antoine, Maria Dadoumont, etc...

Ont cuit la soupe (chômeurs appelés à tour de rôle) : Louis Balthasar, Joseph Magnée, François Dupont, Joseph Colson, Emile Simonet, Désiré Magnée, Luc Martin, Julien Malmedy, Adolphe Sluse, Joseph Delbart, Jules Delbart, Joseph Magnée, etc...

Distribuaient les tickets : Emile Poncelet.

Lorsque vint la fin des hostilités, le Comité cessa son activité mais, déjà bien auparavant, noud chantâmes en choeur tout notre remerciement à ceux qui avaient, avec tant de sollicitude, pensé à nous, petits enfants.

Cette chanson, dont beaucoup se souviendront avec émotion et seront heureux de retrouver les paroles qu'écrivit M. René Bodeux, instituteur, fut et est encore appelée : "Li tchant d'al sope"

La voici (air : "Ferme tes jolis yeux")

                        I.

Le coeur plein de reconnaissance

Pour ceux qui, toujours, sans répit,

Veillent au salut de l'enfance,

Tous nous venons dire merci.

Grâce à eux, la chose est certaine,

Chaque jour nous pouvons goûter

Une nourriture très saine,

Présentée avec propreté.

Aussi, c'est remplis de bonheur

Que nous leur disons  de tout coeur :

     Merci Messieurs, merci,

     Pour votre oeuvre maîtresse,

     Vous, Mesdames, aussi

     Pour votre gentillesse.

     Tous les jours à midi,

     Nous vous dirons sans cesse,

     Avec notre tendresse,

     A vous tous, bien merci.

                           II.

Envoyons aussi nos pensées

Et nos meilleurs remerciements,

A ceux qui, depuis trois années,

Font notre ravitaillement.

De nos frères de l'Amérique

Et de l'Espagne réunis,

Nous, petits enfants de Belgique,

Serons toujours les grands amis.

Aussi c'est remplis de bonheur

Que nous leur disons de tout coeur :

 (Refrain)

Nous ne pouvons clôturer cet article sans insister sur les bienfaits immenses que ledit Comité de la Soupe Scolaire a prodigués chez nous à une période bien critique de notre histoire et de nos jeunes années.

Source : Emile Detaille , "Les Echos de Comblain" juillet 1953.

Encore un peu de soupe...

On distribuait également de la soupe et des "miches" au Pont-de-Sçay.

Les bénéficiaires étaient uniquement les enfants débiles et les femmes enceintes de la commune.

Le local des repas était l' "Hôtel des Familles" (actuellement le "Relais des Gourmets") en face de la gare.

Les futures mamans (sept, sur une photographie de l'époque) s'y retrouvaient trois fois par semaine dans la grande cuisine du sous-sol. Les enfants débiles (nous comptons quinze garçons et vingt-cinq petites filles sue un autre document d'alors) s'y rendaient tous les après-midis et prenaient leur repas dans la grande salle à manger du rez-de-chaussée.

Toutefois, les enfants de Fraiture prenaient leur collation dans leur localité où, chaque jour, Célestin Stévart apportait les rations reçues à l'hôtel susdit.

Le personnel comprenait une présidente : Mlle Céline Dalem (secondée par M. Léon Huberty) et les préposées dont les noms suivent : Léonie Pêcheur, Nelly Maon, Léa Jarbinet, Sophie Gilles, Juliette Petithan et Suzanne Leruth, auxquelles se joignaient quelques jeunes filles bénévoles, entre autres Hélène et Renée Crahay.

Ces secours, précieux comme ceux de partout, étaient rendus possibles grâce à la générosité et au dévouement de la population, ainsi qu'à l'aide inappréciable du Comité hispano-américain.

Source : encore un peu de soupe..., Echos de Comblain, n°8, août 1953, p.62;

Géolocalisation
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