1. L'âge de la pierre
La période la plus ancienne est dite le "Paléolithique".
L'homme fabrique ses premiers outils en débitant, par percussion, des blocs de silex. Peu à peu, il parviendra à rectifier les lamelles obtenues pour les adapter à ses besoins : couteaux, grattoirs, pointes de flèches, etc.
De cette période, on a trouvé de "l'Aurignacien" (35.000 à 22.000 ans avant J.C.) dans la grotte de Martinrive; du "Magdalénien" (paléo. supérieur : 14.000 à 9.500 ans avant J.C.). C'est la fin de la glaciation (dite de Würm) dans les grottes de Juzaine et Verlaine (Tohogne).
Depuis une vingtaine d'années, c'est le gisement paléontologique de "La Belle-Roche" qui retient l'attention. Il se situe dans la carrière de ce nom, à la limite de Sprimont, Fraiture et Comblain, sur la plate-forme supérieure de l'exploitation, à une altitude de 160m.
Il s'agit d'une grotte fossile qui fut complétement remplie de divers sédiments dont des limons éoliens ruisselés à l'intérieur, des dépôts de rivière (à cette époque, l'Amblève coulait 60m plus haut) et d'éboulis.
Le gisement reconnu en 1958 fut mal identifié. En 1980, un tir de mine fit redécouvrir le remplissage fossilifère et cette fois l'Université de Liège, alertée, identifia un gisement paléontologique de première importance (quaternaire moyen ancien) !
En effet, il serait le plus ancien gisement préhistorique d'Europe. Il aurait été habité voici 500.000 ans ! Les nombreuses espèces d'animaux identifiées (40), allant du renne au chien sauvage d'origine asiatique, en passant par les chauves-souris et plusieurs rongeurs attestent de la douceur du climat de cette époque. 300 pierres taillées attestent d'une industrie préhistorique, donc de la présence humaine dans une fourchette comprise entre 690.000 et 350.000 ans.
Au pied des Tartines, une grotte fouillée par MM. E. DETAILLE et A. JADOT (trou Jadot), a livré une série de couches stratigraphiques qui attestent de variations climatiques successives froides et tempérées froides, correspondant à la dernière glaciation de notre contrée.
Dans la couche datant d'environ 10.000 ans avant notre ère, a été découvert un petit atelier de taille de silex, probablement réalisé lors d'une halte par des chasseurs du paléolithique supérieur.
Citons encore la grotte de Stailein, intéressante car se trouvant à un niveau similaire à celui de la Belle-Roche.
Il est probable que les hommes n'occupèrent les cavernes qu'après avoir détruit les animaux féroces qui les occupaient (quaternaire supérieur, début de l'âge du renne).
Que devinrent ces hommes ? Furent-ils massacrés par des envahisseurs ? Se mêlèrent-ils à ces derniers ?
La période intermédiaire est le Mésolithique, de 9.000 ou 8.000 à 5.000 ans avant J.C. Elle suit la fin de la glaciation. Le climat se réchauffant, le pays se reboise. La faune se modifie, et les grands mammifères, tels les fameux ours de Deninger (Belle-Roche) se déplacent vers le Nord. L'homme du Mésolithique a abandonné les grottes et les cavernes pour s'installer en plein air dans des huttes, d'où la difficulté de retrouver leur habitat. Les plateaux d'Oneux et de Hoyemont ainsi que la partie du Chession, près du "Pic Napoléon", furent occupés dès le mésolithique, par une population de "tardenoisienne" (1)(caractérisée par la fabrication de très petits outils en silex).
Le 27 janvier 1900, le Conseil communal prit la décision, à l'unanimité, de faire abattre cette roche dite "Napoléon", attendu qu'elle peut, d'un moment à l'autre, se désagréger et être précipitée sur la voie publique. Nos édiles reviendront, heureusement, sur cette résolution. C'est pourquoi, 100 ans plus tard, notre "Pic Napoléon" domine toujours le quai du Vignoble.
La période la plus récente est le "Néolithique" ou âge de la "nouvelle pierre" (= pierre polie) (+/- 5.000 à 2.500 ans avant J.C.). Les hommes utilisent de plus gros outils dont des haches en silex poli, des pointes de flèches à ailerons, etc. La métallurgie est déjà connue. En fait, l'élément le plus important est la naissance de l'agriculture, qui va les obliger à rester sur les lieux de leur travail.
Ils commencèrent à cultiver la terre, à couper les arbres, à domestiquer les animaux, notamment les boeufs, les moutons et les porcs. Le chien, par contre, était depuis longtemps "l'ami de l'homme".
On rencontre presque partout des "stations néolithiques" sur les plateaux bordant les vallées de l'Ourthe et de l'Amblève : campagnes du Raideux, de Mont, de Hoyemont, d'Oneux, au sommet des Roches-Noires, à St-Martin, à Fraiture, à Géromont (cf. les collections du Musée de Comblain).
Au néolithique, une population "robenhausienne"(2) se signale sur toutes les hauteurs (Oneux, Hoyemont, Géromont, Raideux, Mont, St-Martin, Roches-Noires et Fraiture).
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
(1) Le Tardenoisien doit son nom au pays de Tardenois, entre Aisne et Marne.
(2) Robenhausen est une localité de Wetzikon, une commune suisse du canton de Zurich.
Source : A. Castermans, "Les Echos de Comblain" de 2008 à 2012.
