Abris provisoires et "baraquements"

Pendant et après la première guerre mondiale, différents organismes se chargèrent de reloger les familles dont l'habitat avait été sinistré.

Informations

C'est ainsi que vit le jour le "Comité des abris provisoires" pour la province de Liège. Il tint sa première réunion le 3 mai 1915 (1).

Ce comité estima qu'il fallait tirer le meilleur parti possible des immeubles sinistrés et de les rendre à nouveau habitables. L'érection d'abris neufs ne devait être envisagée qu'en dernier recours, si le nombre des immeubles "retapés" s'avérait insuffisant.

Pendant les mois de mai et juin 1915, l'activité du comité susdit se limita à trois visites de localités sinistrées soit Barchon, Louveigné et Sprimont. Il y avait pourtant cinquante-trois communes de l'arrondissement de Liège qui avaient souffert de la guerre.

Poulseur introduisit six demandes dont cinq furent honorées. Esneux en obtint sept sur onze et Sprimont vingt sur vingt-sept. Dans le texte, il n'est fait aucune allusion à nos Comblain.

Toutefois, après la guerre, la "Fondation Roi Albert" fit face à la crise du logement en faisant ériger dans nos communes quantité de maisons en bois que la population eut tôt fait d'appeler "baraquements". Ces logements avaient été construits en Suisse et payés par la Belgique. Leur destination première était d'héberger en Allemagne, les prisonniers belges malades.

Une fois le conflit terminé, l'Etat fit rentrer ces abris provisoires en Belgique. Le transfert s'opéra évidemment en pièces détachées.

Certains de ces "baraquements" furent remontés à Comblain-au-Pont sous les ordres bienveillants de M. Ernest Lallemand-Colson, menuisier de profession. Sa petite-fille (la coiffeuse Christiane) possède encore une photo de cette époque, prise dans l'atelier. On peut y voir neuf ouvriers et deux gardes champêtres. 

Ces reconstructions s'avérèrent solides puisque l'une d'entre elle est toujours habitée aujourd'hui dans son état primitif.

Dix "baraquements" furent dispersés dans la commune de Comblain-au-Pont soit deux le long de la route montant de Liotte à Rivage, une rue de la Fontaine à Fraiture et sept à Comblain-centre. Situons globalement ces derniers : deux rue du Grand Pré (en face de l'actuel complexe communal), un dans la rue Large (peu avant l'embranchement de cette artère avec la route Liège-Hamoir), un au premier tournant de la route de Géromont (lieu-dit "èl hoûbire" ou "pièrire des Monfrère"), un dans le haut du versant ouest du Mont Saint-Martin (d'ri l'vîle èglise) et un dernier route de Mont sur une hauteur rocheuse (au lieu-dit "Stépé").

Voici la liste des familles qui les ont habités à l'époque : Edouard Humblet, Maria Smolders, Guillaume Leloux, Victorine Ninane, Joseph Dardenne, Juliette Destrée, Victoire Graindorge, Edouard Delvaux, Marie Hanique, Véronique Dubois et Auguste Vincent.

Bon nombre de ces "baraquements" ont été détruits, soit par le fait des V1 lors de l'offensive des Ardennes (1944-45), soit par la main de l'homme afin d'ériger de nouvelles constructions à leur emplacement.

Deux toutefois ont survécu : celui de la rue des Roches occupé par la famille Humblet qui l'a solidifié par des murs de briques et l'autre, appartenant à la Fabrique d'église et actuellement occupé par M. et Mme Collet, rue de Géromont.

Le provisoire serait-il en passe de devenir définitif dans ces deux derniers cas ?

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(1) Page 180 et suivantes de "Comité National de Secours et d'alimentation". Rapport général au 31 décembre 1915.

Source : Ninie DEHOSSAY , Abris provisoires et "baraquements", Echos de Comblain, août 1993, p. 1 et 2.

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