Les ouvrages de fortification belge à Comblain-au-Pont en 1940

Histoire des huit fortins, abris de défense construits par le Génie militaire.

Informations

Les abris dont nous allons parler brièvement sont au nombre de huit.

Trois sont situés à gauche de la route Pont-de-Sçay - Poulseur, un peu en face du pont de Liotte, un à Rivage et trois à Fraiture (Pierreux Champs).

Ils furent construits en 1933.

Ils faisaient partie de la position fortifiée de Liège (PLF I), vaste arc de cercle allant de Visé à Comblain et passant par les forts modernes d'Aubin-Neufchâteau, Battice et Tancrémont.

Ils étaient destinés à l'infanterie devant garnir les intervalles des forts.

Les sites ayant été choisis par les stratèges et les tacticiens de l'Etat-Major Général, c'est au Génie qu'il appartient de faire construire les abris par des adjudicataires civils.

Le contrôle et la construction causèrent bien des soucis aux officiers du Génie responsables.

De nombreux rapports et procès-verbaux signalent les manquements, erreurs et retards dus aux entrepreneurs, sanctionnés par des amendes parfois importantes.

En ce qui concerne le camouflage, les cahiers des charges imposent, de manière très détaillée, des terrassements ainsi que des haies (voir abri de Fraiture) et des plantations diverses à proximité immédiate des constructions.

Il est en outre prévu et réalisé autour de celles-ci, de manière à les englober, des locaux factices à aspect anodin en harmonie avec le paysage (Rivage).

Le but est de rendre les constructions suffisamment invisibles pour que l'ennemi ne puisse les soumettre à un tir observé.

Le choix de l'emplacement et, par conséquent, la nature même de l'abri est essentiellement variable en raison du terrain.

Le camouflage scrupuleusement adapté au site est plus important que l'épaisseur du béton.

Les abris en cause sont de petites constructions en béton armé destinées à recevoir une arme automatique.

Ils sont conçus pour une mitrailleuse avec 4 servants, gradés compris.

Ils sont constitués de façon à donner au maximum la protection contre le coup isolé du canon de 77 mm.

Ne comportant ni système de ventilation, ni cloche d'observation, ni projecteur, ils sont de dimensions réduites, du type le plus petit construit en Belgique (dimensions générales : 3m25 x 3m30, murs de 40 à 60 cm d'épaisseur, une embrasure).

Un dispositif ou affût "Chardome" (du nom d'un général commandant les Chasseurs Ardennais) est destiné à permettre l'emploi dans les abris de la mitrailleuse Maxim lourde au lieu de la mitrailleuse Hotchkiss (ce système est encore visible à Fraiture).

La porte d'entrée est défendue par des gaines lance-grenades. La politique militaire belge ayant évolué depuis 1935, l'infanterie n'occupa que la Position Fortifiée de Liège II (ligne des anciens forts de 1914) et la PLF I resta inoccupée, sauf toutefois de très petits détachements du 1er Lanciers (au sud), chargés de recueillir les Gros de ces régiments, établis initialement sur la "ligne avancée" Beusdael... Stavelot.

Mais toutes ces unités ont reçu, dès le matin du 10 mai 1940, l'ordre de se replier sur Liège, sans attendre l'ennemi.

N.B. Le sautage du Pont-de-Sçay était prévu dès le repli de l'arrière-garde de l'escadron cycliste de la 2e D.I. venant de Stavelot ; il aura lieu le 10 mai 1940 à 20h15, empêchant les unités de la 2e DLM française de pousser vers l'est.

Quelques prix de l'époque 1933-1935

1 abri-frontière (Comblain)                       15.500 F.

1 abri de ligne (mur de 1m30)                 58.000 F.

1 abri avec canon 60 mm                        200.000 F.

Affût pour mitrailleuse sous abri             4.000 F.

Dispositif Chardome pour FM                   500 F. + 100 F.  de placement

Abri devant résister au 520 mm             330.000 F.

1 fusil-mitrailleur                                         6.000 F.

1 mitrailleuse lourde                                15.000 F.

1 auto blindée                                         125.000 F.

1 char de combat                                   300.000 F.

Source : M. Focant, Les ouvrages de fortification belge à Comblain-au-Pont en 1940, Echos de Comblain, n° 1, janvier 1988, p. 1 et 2.

Géolocalisation
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