Le 9 septembre 1944 - La libération
Pont du vicinal

Le 9 septembre 1944 - La libération

Les Américains arrivent à Mont.

Informations

Ce jour-là, 9 septembre, la journée s'annonçait sinistre : des avions d'apparence allemande portant trois (?) lignes blanches survolaient la région. Vers 8 ou 9 h du matin, une division blindée s'amène et sillonne le village : les casques paraissent allemands; les "ja" résonnent d'un  tank à l'autre.

Cette colonne qui venait d'Anthisnes  traversa tout le village de Mont et descendit vers le lieu-dit "fagnou". C'est seulement alors que l'on vit qu'il s'agissait de la colonne de tanks de la libération : le groupe B-B (Bayard) (B-B étaient des noms de guerre et signifiaient Brise et Botte) était en effet, chargé de faire savoir à Londres que le convoi libérateur était arrivé à Mont-Comblain; L'émission se fit à la fontaine de Mont. L'agent chargé de cette mission avait été parachuté de Londres. Il habitait Mont et s'appelait de son vrai nom Etienne Gailly. Il était en réalité domicilié à Bruxelles.

Il déclara à l'officier américain que les deux ponts de la région : celui du vicinal à Comblain-centre et celui de Chanxhe étaient intacts, ayant été réparés définitivement par des entrepreneurs belges ayant travaillé pour le compte de la Belgique.

Ajoutons ici, sans plus tarder, que des drapeaux apparurent de tous côtés et que le village de Mont fut pavoisé comme jamais il ne le fut : la paix, la libération, bref, le bonheur n'étaient-ils pas retrouvés ?

Ardemment invité avec ses blindés à prendre le chemin de Comblain-centre et de Poulseur pour y empêcher les Allemands de miner et de barricader les ouvrages récemment rétablis, l'officier américain répondit simplement qu'il ne faisait pas la guerre contre des hommes mais qu'il la menait avec du matériel.

Néanmoins, il consentit à aller examiner le pont du vicinal en prenant le chemin au-dessus des Roches-Noires. Caché derrière le rocher le plus haut, il constata que les Allemands étaient justement en train de miner et de barricader le pont du tram. Par radio de campagne, il se mit en rapport avec les pièces d'artillerie camouflées au lieu-dit le "petit bois" à Mont. Il commanda à une pièce de tirer du fagnou. Le premier coup porta vers le tournant en épingle à cheveux au-dessus du cimetière.

Après rectification du tir, le second coup éclata dans la cour de M. Cheron où se trouvaient justement les Allemands; Y eut-il des blessés ? des tués ? Nous l'ignorerons vraisemblablement toujours mais les Allemands se sont sauvés. Ayant vu ou deviné un char en panne au coin de la ferme Motkin, ils donnèrent des précisions à leurs pièces installées du côté d'Awan. Les tirs allemands (schrapnells) n'ont pas duré ni fait de victimes.

Le pont du vicinal (Comblain-centre) a été partiellement détruit, entre autres la première arcade du côté du village.

Les Américains ont passé la nuit à Mont et, le lendemain, sont descendus vers Poulseur par Trou de Mont. De là, ils ont gagné Esneux et la Haie des Chênes (la carte militaire des Américains leur indiquait un itinéraire qu'ils étaient obligés de suivre).

Le 9 septembre 1944, il n'y eut plus aucun Allemand dans la commune de Comblain : notre population était libérée. Et nous ne pouvons clore cet article sans remercier du fond du coeur ces gars d'Outre-Atlantique qui venaient risquer leur vie si loin de chez eux, pour sauver la nôtre.

Source : "Les Echos de Comblain" octobre 1969, d'après les souvenir de M. Adolphe Léonard de Comblain-au-Pont.

Pont du vicinal
Géolocalisation
50.475 ; 5.575