Quelques anecdotes

Quelques anecdotes

A propos de notre vieux tram

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Voici quelques souvenirs entendus ou vécus, rassemblée par Emile Detaille, à propos du tram :

Lorsque le tram cassa ses freins et dévala à une allure folle la descente vers Comblain (sans dérailler ni provoquer d'accident), le fait fut commenté au village pendant plusieurs jours. Nous autres, jeunes écoliers, nous en parlâmes aussi à notre façon et dans notre langage franco-wallon un peu cru. Je demande ici toute excuse au lecteur susceptible, mais je crois bon de rappeler  l'anecdote telle qu'elle est gravée dans mon esprit de 9 ans.

  • Qui f'reûs', twè, si l'tram vinéve co a cassser sès frins ?
  • Mi ? Dji freû mes sogn (mes besoins) so lès ray.
  • Et poqwè çoula ?
  • Pace qui la matière fé cale !
  • Dji freû co l'minme afêre, pace qui la matière fait "tîde". ("Tît" était le son du sifflet qu'émettait notre tram quand il allait passer là où pouvaient se trouver des gens ou même des animaux).

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Le tram ahanait pour atteindre "li plateur" (le plateau) :

Un jeune voyageur dit à l'autre : "Ti n'sés nin poqwè ! E bin dji va t'èl dîre : c'èst pace qui ti lê trinner tès pîds so l'plantchî! Sorlîve lès èt ti veûrès come i va l'lancî ! L'autre leva les pieds et le tram reprit de la vitesse : il venait d'arriver à l'arrêt des écoles (route de Mont) où son trajet devenait plus aisé...

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Le curé d'Anthisnes de cette époque-là (on pourrait aisément retrouver son nom) était petit et pas fort beau. Le prêtre constata que des commentaires se faisaient à son sujet. Et comme il n'avait pas froid aux yeux, il s'écria : "Dji seu p'tit ! Dji seu lêd ! Dji seu come li Bon Diu m'a fêt !"

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Un jour, le même curé d'Anthisnes était assis dans le tram de Comblain. Montèrent quelques ouvriers. L'un d'eux dit aux autres : "Dji n'va nin là, sés', mi, i n'a on cwèrbâ (surnom des prêtres d'après leur soutane noire). Le curé se leva comme mû par un ressort et s'adressant à l'ouvrier lui dit : "Vos povez v'ni ad'lé mi, save ! Dji m'étinds fwèrt bin avou totes les bièsses !"

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A cette époque-là, le tram de Clavier ne venait pas plus loin que l'arrêt dit "Ecoles". Une femme d'Anthisnes, venue à Comblain, était entrée dans une maison située en face des écoles communales en attendant qu'une pluie battante daigne se modérer quelque peu. Tout à coup, la femme d'Anthisnes entendit le "tît" du tram qui partait. Désappointée, notre brave Anthisnoise s'écria : Bin va ! Dji n'âreû mây pinsé qui l'tram ènn ireût al l'plove !".

Nous certifions l'authenticité des récits ci-dessus.

Source : Emile DETAILLE, Quelques anecdotes à propos "di nosse vîhe tram", Echos de Comblain, mai 1983, p. 9.

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